Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 13 décembre 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Les Joueurs du Ā est le deuxième volume du Cycle du Ā de A.E. Van Vogt. Il est la suite directe du premier tome, Le mondes des Ā, chroniqué précédemment par dabYo. Traduit une première fois en français en 1956 par Boris Vian, il a ensuite été réédité dans les années 70 dans sa version définitive avec complément d’informations de l’auteur. C’est cette réédition que l’on peut retrouver depuis quelque temps dans une intégrale aux éditions J’ai Lu. Ce second tome reste dans la lignée de son prédécesseur, on est donc dans de la Science Fiction pure et dure avec une pointe de Thriller et de Space Opéra. Suite oblige, vous n’avez pas le droit à un sysopsis, sachez juste que Gilbert Gosseyn va vite se retrouver embarqué dans une guerre à l’échelle galactique à son insu, qu’il devra à tout prix arrêter.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

On se retrouve donc à voyager sur plusieurs planètes, chacune d’elles influencées de façon différente par la guerre. On retrouve bien entendu la Terre et Vénus, planète abritant la population Ā, mais aussi de nouveaux mondes, inconnus jusque là. Qui dit voyage à l’échelle galactique dit ennemis à la même échelle, tel le Disciple, personnage énigmatique capable de se déphaser de la réalité, et Enro Le Rouge, leader galactique mégalo-maniaque aperçu brièvement dans le tome précédent. Il est à noter que les méchants ne sont pas là que pour faire joli (au moins un en tout cas) et une fois leur passé révélé, on comprend vraiment comment ils sont arrivés là. Bien que leurs motivations restent basiques si l’on peut dire (fanatisme religieux, conquête du pouvoir), je ne peux m’empêcher de penser que Van Vogt essaie de faire passer un message en nous montrant comment évoluera notre civilisation si nous restons dans un système de pensée limbique ou aristotélicienne.

Le style du livre ne change pas beaucoup par rapport au précédent. Comme je le disais, nous restons dans de la Science Fiction mêlée à un Thriller, bien que le côté Space Opera soit ici plus poussé que dans le premier tome. L’impression de manipulation qui caractérisait Le monde du Ā reste et s’intensifie. Car même si Gosseyn a pris le contrôle de sa vie, ce n’est pas pour autant qu’il a toutes les réponses. Il se retrouve souvent à se demander ce qu’il doit faire.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

L’histoire est extrêmement captivante, il n’y a pas vraiment de temps mort. Cela tient en grande partie au caractère pressant de stopper la guerre. L’auteur nous tient en haleine jusqu’à la fin, et la fin arrive un peu sans prévenir, sans que l’on puisse la prévoir. Les rares phases où il ne se passe rien (souvent des voyages interstellaires) sont soit éclipsées, soit remplacées par une action sur une planète différente. Tout s’enchaine assez vite, sauf peut être le début, et encore. Le côté scientifique et technologique reste très présent dans ce tome. Les termes et les concepts restent cependant assez abordables. On ne se perd pas dans les explications et elles sont compréhensibles et s’intègrent parfaitement à l’histoire.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van VogtCôté écriture, A.E. Van Vogt continue sur la même lancée. Bien que lors de la lecture de ce second tome, je ne me suis pas vraiment senti dépaysé ou perdu par son style. Je l’ai même trouvé très agréable à lire. Peut être est ce parce que je me suis habitué à sa manière d’écrire, car j’ai lu les deux livres l’un après l’autre. L’auteur continue à nous vanter les bienfaits de la sémantique générale et nous met même des extraits de sa thèse sur le sujet. Et il faut avouer que ces petits extraits permettent au lecteur d’avoir une compréhension, bien que limitée, de la sémantique générale. Car il ne faut pas croire qu’en lisant le cycle vous deviendrez un expert en Ā, mais vous aurez une idée générale de ce que ça signifie et de ce que ça implique. De plus, l’auteur nous offre même une postface dans laquelle il revient sur sa vision d’un pays gouverné et habité par des adeptes du Ā, en grande partie pour l’approfondir.

En résumé, j’ai beaucoup aimé lire Les Joueurs du Ā, que j’ai trouvé plus accessible que le premier. La sémantique générale est mieux compréhensible grâce aux différents extraits de la thèse de Van Vogt au début de chaque chapitre. Le scénario n’a rien à envier à celui de l’opus précédent. C’est assurément une série à avoir dans sa bibliothèque, même si les débuts sont durs. En tout cas moi je vais me dépêcher de lire le dernier tome du cycle, La fin du Ā.

Ā

Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
  • No comments yet.
  • Donnez votre avis !

    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?