Les Évangiles Écarlates de Clive Barker

dabYo dans Critiques, Livres le 21 mars 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Après plusieurs années d’absence sur les rayons des nouveautés Horreur, l’auteur anglais Clive Barker est enfin de retour avec du vilain, Les Évangiles Écarlates. Je n’avais jusqu’alors jamais rien lu de cette pointure du Splatterpunk bien dégueu à qui l’on doit notamment les films Hellraiser sortis tout au long de ses dix dernières années, bien qu’il n’y participe plus depuis un petit moment maintenant. C’était donc l’occasion de s’y mettre, d’autant que ce nouvel opus vient ressortir de ses tiroirs deux figures de proue, Pinhead et Harry d’Amour. C’est sorti dans une très belle édition chez Bragelonne en ce début d’année. Synopsis.

Les Evangiles Ecarlates de Clive Barker

Harry d’Amour a un sixième sens lorsqu’il s’agit de détecter le danger aux alentours, enfin, pour être exact il a toute une série de tatouages qui le piquent suivant ce qui pourrait bien lui arriver. Petit esprit malveillant trainant par là ou bien danger de mort, les sensations sont différentes et ne se ressemblent pas. Mais il semblerait bien que cette mission qu’un fantôme lui a demandé d’accomplir est sans risque: maintenant qu’il est mort, ce modèle de la famille américaine souhaite qu’on supprime toutes les traces de sa seconde maison pour que sa femme ne découvre jamais ses penchants peu avouables. Mais bon, que serait une enquête du bon vieux Harry si tout allait d’après le plan ?

De Clive Barker je ne connaissais pas grand chose si ce n’est quelques nouvelles lues ça ou là, et des aperçus des Hellraiser, bref pas grand chose qui puisse donc me faire passer pour un connaisseur. C’est donc après ma lecture que j’ai découvert que les personnages Pinhead et Harry sont en fait des grandes figures de son monde dans lequel se déroulent de nombreuses de ses histoires. Le bon côté c’est que malgré ce retour aux sources de Clive Barker et le fait qu’il soit venu ici sortir de son tiroir deux personnages qu’il a façonné il y a plus de vingt ans, à aucun moment je ne me suis senti perdu ou laissé sur le quai d’un train partant sans moi.

Evangiles Ecarlates Bragelonne edition specialePour ne pas perdre ses primos lecteurs l’auteur nous livre d’abord des chapitres d’introduction qui n’en ont pas vraiment l’air sur le moment et qui sont vraiment passionnants. On y découvre d’abord Pinhead le cénobite donc, un être venu des enfers à la peau complètement écorchée, au corps clouté de long en large et qui est vraiment très dérangeant. Ces êtres sont des adorateurs du gore et on peut dire qu’ils sont bien là pour nous mettre mal à l’aise. Ça commence dès le premier chapitre avec quelques passages à pentester vos tripes, histoire de voir si vous avez ce qu’il faut pour continuer la lecture. Chacune de ses interventions vous faisant craindre de lire la prochaine ligne, tant cet être est révulsant et imprévisible.

A côté de ça, on retrouve donc Harry d’Amour qui est théoriquement le héros de notre roman. Avec un passé décousu et fait de drames, il mène une lutte contre les créatures des enfers et s’est donc fait une petite réputation chez eux. Armé de beaucoup de bon sens et de ses tatouages qui l’avertissent de ce qui l’entoure, on peut dire qu’il compte beaucoup sur sa bonne étoile. Sans vraiment entrer dans ses traits de personnalité, on s’attache assez vite à lui bien que je ne l’imaginais pas du tout de la même manière que son apparence officielle. Qu’à cela ne tienne, il est là pour donner la réplique au cénobite et il le fait plutôt avec brio.

En fait Les Évangiles Écarlates se transforme au fil des pages en roadtrip en enfer avec toutes les horreurs que cela peut évoquer. Harry et Pinhead se suivent l’un l’autre et s’attaquent aux profondeurs et aux sources de ce qui défini l’enfer, dans le but ultime d’aller chercher Lucifer lui même. C’est donc une sortie de surenchère et course poursuite franchement bien réussie et on se sent vraiment transporté dans l’ambiance. Maintenant finalement l’aspect horrifique est là plus comme une sorte de couche à la Disney et je suis perplexe sur cet aspect là, trouvant parfois cela too much sans vraiment de raison.

Les Evangiles Ecarlates de Clive BarkerA côté de ces deux personnages on retrouve quelques acolytes, que ce soit des relations plus ou moins fréquentables pour Harry ou les créatures souvent très sordides que le cénobite décide d’épargner. Mais on ne s’y attache pas vraiment, ceux ci sont plutôt là pour faire avancer le roman. Côté narration d’ailleurs, c’est plutôt bien écrit mais il y a tout de même un petit passage à vide en milieu de roman où le rythme effréné des débuts fait place à un lent démarrage de moteur diésel. Heureusement, on le moteur fini bien par s’y mettre et l’on part à la découverte des enfers.

Je ne pourrais pas me prononcer pour les amateurs de l’auteur, mais Les Évangiles Écarlates de Clive Barker me semble en tout cas être une très bonne occasion de découvrir ses écrits et son univers bien particulier. Avec deux personnages qui se donnent très bien la réplique, c’est une virée macabre prenante qui nous emmènent dans les profondeurs des enfers. Et puis il y a cette belle édition brochée de Bragelonne.


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