Kaori Yuki est une dessinatrice de manga que j’apprecie tout particulièrement. La dame a un style graphique absolument icomparable, qui baigne régulièrement dans une ambiance très gothique. Ces derniers temps, Tonkam a décidé de sortir l’intégrale des oeuvres de Yuki. On a donc eu droit au très beau Ludwyg Revolution (mais très creux), à BloodHound ou encore Boy’s next door. Des histoires courtes mais jolies et généralement agréables.
- Tome:1
- Total Tomes:1
- Dessinateur:Kaori Yuki
- Editeur:Tonkam
- Titre:Les contes cruels
C’est donc avec tout plein de bonne intentions qu’une personne anonYme qui ne souhaite pas être citée vu la critique qui suit, m’a offert le dernier paru : Les contes cruels.

La couverture laisse présager de très beaux dessins...
Avec un titre pareil, et connaissant l’auteur, on peut s’attendre au meilleur. En effet, les reprises de contes enfantins en version gore, c’est son trip. Eh bien oui, mais non. Tonkam semblant être à cours d’histoires à publier nous sort un receuil datant de 1992. Soit avant même le tout premier Comte Cain (la première réelle série de Kaori Yuki, qui marque le vrai début de sa carrière). Il comporte quatre petites histoires réalisées au début des années 90.
Alors là du coup, l’une de mes principales raisons pour apprécier Kaori Yuki (à savoir son style graphique) en prend un sacré coup. Parce que c’est rudement moche. Ce n’est pas réellement qu’elle ne savait pas dessiner à l’époque au contraire. On voit à ses mains, ses poses qu’elle a du niveau déja. Mais voila, le manga fait son temps. Les grands yeux, les habits moches, le style en lui même est typiquement celui du début des années 90 dans le shojo, et là j’ai réellement du mal à apprecier. On a l’impression de lire un Ranma 1/2, l’histoire en moins.

Voici plus ou moins le niveau de dessin de Contes Cruels, du Ranma 1/2 en puissance, en gros
De plus on ne retrouve pas réellement le style Kaori Yuki dans le scénario. On est loin des ambiances gothiques d’un God Child. Seul la première histoire ressemble à un conte cruel et augure un peu de ce que deviendra Comte Cain. Les autres histoires sont des histoires bien plus modernes : une jeune fille qui aide la police à trouver un serial killer, la fille d’un maire devenue garçon manqué et voleuse à la tire qui veut piquer un collier, etc. On se croirait presque dans du Nicky Larson !
Au final, ce n’est pas réellement mauvais, non, parce que pour une fois on n’a pas droit aux trips alambiqués sur les relations incestueuses. Les histoires (sauf Blanche) sont linéaires, claires et compréhensibles. Mais voilà…

Et ici le niveau de dessin auquel l'auteur nous a habitué désormais.
D’une part on se sent un peu arnaqué par Tonkam qui semble surfer sur la popularité de Kaori Yuki pour nous refourguer d’obscurs receuils publiés il y a 20 ans et se faire plein de tunes dessus. On se sent un peu déçu, car si le manga prédit un peu ce que deviendra le style de la mangaka, on n’y retrouve pas ce pourquoi on l’aime.
Et puis aussi : le style, et les histoires ont vraiment mal veillis. Cela porte trop les stigmates de l’époque où cela a été déssiné et c’est assez dérangeant. Je ne vous le conseillerais pas en tout cas, à moins que vous ne soyez un fan absolu de Yuki (et encore…). Au contraire, si vous ne connaissez que peu, cela aurait même le risque de vous dégouter défintivement de l’auteur. Tournez vous plutôt vers Vampire Host, ou meme Boys Next Door si vous recherchez des histoires courtes.




