Les Chroniques d’Oakwood est la nouvelle parution des éditions du Chat Noir. Avec une très belle couverture très Frances-like réalisée par Janna Prosvirina, je ne pouvais que succomber. Surtout que j’avais apprécié les écrits de Marianne Stern dans les anthologies où je l’avais croisée, notamment dans les différents recueils des Enfants de Walpurgis. Je l’ai donc emmené avec moi en vacances et je n’ai pas mis très longtemps terminer ce recueil Fantastique.

Les chroniques d’Oakwood, dans l’ombre de la demoiselle de Marianne Stern

Je ne vous ferais pas de synopsis, pour la bonne et unique raison qu’il s’agit d’un recueil de 9 nouvelles. Ces nouvelles ont pour particularité de se dérouler à Oakwood, bourgade du Nouveau Monde au début du 17ème siècle. Sans forcément se suivre, les nouvelles sont liées entre elles, et on retrouve certains personnages de nouvelles en nouvelles. On appelle cela apparemment un Roman à Sketch ou un Fix-up, et il me semble que c’est la première fois que je lis ce genre de livre.

Bien que formant un tout et ayant un début et une fin, les nouvelles ne sont pas placées dans l’ordre chronologique et j’ai énormément apprécié cette manière de faire, même si cela demande une certaine gymnastique mentale. J’étais souvent là à retourner à la nouvelle précédente pour voir si la nouvelle histoire se déroulait avant ou après celle que je venais de lire. Heureusement, chaque nouvelle commence par le lieu et la date !

C’est un peu comme si on découvrait peu à peu l’univers. Alors certes, certains thèmes sont prévisibles, par exemple on parle d’une sorcière brulée en deux lignes dans une nouvelle, il y a fort à parier qu’elle sera l’héroïne d’une prochaine. Personnellement, ça me donnait encore plus envie de tourner les pages. Bien que le roman soit relativement court (200 pages), j’ai eu le temps de m’attacher énormément à certains personnages, notamment le personnage absolument génial de John le Sanglant.

Marianne Stern

Marianne Stern

Dans l’ensemble Marianne Stern sait rapidement donner corps à ses personnages et on rentre très vite dans l’histoire. L’ambiance d’Oakwood, son prêtre un peu trop obnubilé par les sorcières, son cimetière et ses jeunes gens trop prisonniers des carcans de la bonne morale, tout cela est très bien rendu, et sonne plutôt vrai. Le style est agréable, parfois un peu vieillot, ce qui sert bien l’ensemble. On n’échappe pas à quelques répétitions mais je me demande si elles ne sont pas voulues afin de renforcer le sentiment de cohérence entre les nouvelles, du coup, ça ne me gène pas.

Bon nombre des histoires sont très romantiques, mais sans être quiches. Ce sont de belles histoires parlant d’amour jusqu’à la mort, de mariages arrangés, bref, tout pour satisfaire la darkinette que je suis. Je dois avouer piteusement avoir pleuré sur La Demoiselle d’Oakwood dont je connaissais pourtant déjà l’histoire. En effet, cette nouvelle là avait déjà été publiée dans le Sorcières et Sortilèges, premier opus des Enfants de Walpurgis, alors que l’auteur s’appelait Marianne Gellon. Et j’avais écrit que « la fin ouverte me laissait rêver d’une suite ». Autant dire que je me rappelais très bien de la nouvelle et que je suis contente de voir l’univers plus développé.

J’ai aussi apprécié le fait qu’il n’y ai pas de « bonne morale », certains des personnages que j’ai pourtant adoré ne sont pas du tout des enfants de chœur, et les promesses d’amour éternelles peuvent s’avérer loin d’être roses. On est face à un recueil à la fois romantique et désenchanté, je dois dire que le mélange m’a énormément plu, et au final l’ambiance est assez sombre, sans que cela soit imputable aux fantômes et autres revenants.

Les Chroniques d'Oakwood de Marianne SternLes Chroniques d’Oakwood comporte un certain nombre de zones d’ombres, notamment entre la première et la deuxième nouvelle et tout autour du Cercle, ce n’est pas dérangeant à la lecture, mais il y a de la marge pour d’autres histoires dans cet univers.

Pour un premier roman, il n’y a pas à dire, Marianne Stern est clairement une auteur à suivre. Qu’elle revienne dans l’univers d’Oakwood ou qu’elle aille ailleurs, nul doute, je lirais ses prochaines sorties (et le tome 2 des Enfants de Walpurgis nous a montré qu’elle était aussi douée en SF post-apo, alors …). Si vous aimez les histoires sombres et romantiques, la chasse aux sorcières et les personnages charismatiques, n’hésitez pas, ce recueil est fait pour vous.


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