Les Chants de la Walkyrie d’Edouard Brasey

dabYo dans Critiques, Livres le 20 janvier 2009, avec 10 commentaires
Critiques

Grâce à Céline j’ai pu profiter de l’opération Masse Critique organisée par Babelio. Le principe était simple, l’organisme envoie un livre à un bloggeur et ce dernier se doit d’en pondre la critique dans le mois qui suit sa réception. J’ai donc découvert dans ma boite aux lettres le 4 janvier dernier un exemple des Chants de la Walkyrie écrit par Edouard Brasey, un auteur français spécialisé dans les mythologies et créatures célèstes, nordiques le plus souvent. Il faut déjà que je vous confie une chose. Je crois que depuis que je ne suis plus obligé de lire des livres pour le lycée, je n’en ai pas lu un seul qui était écrit par un français.Les épaules et la plume d’Edouard Brasey seront elles assez forte pour supporter la lourde tâche de me réconcillier avec la littérature française ?

Brunehilde la Walkyrie

Les Chants de la Walkyrie commence très mal, très très mal. Un avant propos où la plupart des phrases s’étendent sur cinq à six lignes, avec des propositions ampoulées les unes après les autres à en perdre n’importe qui. Bien que j’ai tendance à le faire, j’execre souvent cette façon d’écrire. Dieu merci, le reste du récit est écrit d’une façon bien plus légère et il serait injuste de ma part de considérer le style de Brasey comme lourd. Enfin, syntaxiquement parlant.

Nous suivons le récit de Brunehilde, Walkyrie à plein temps et fille préférée d’Odin à ses heures perdes. Quedonc ? Complètement inculte en ce qui concerne la mythologie Nordique, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’aproprier la généalogie divine de cette religion païenne, fondée sur différents pilliers qui me dépassent encore. Les dieux, et même le dieu le plus puissant, ne sont en fait que des êtres qui eux aussi sont voués à mourrir tôt ou tard. Les hommes, créatures d’Odin le dieu tout puissant, peuplent la Terre du Milieu. C’est chez eux que va se passer la grande partie de notre récit, aux côtés de Brunehilde.

Voilà pour le décor, je ne saurai réellement expliqué les fondements de l’intrigue, puisqu’il faudrait pour cela expliquer pourquoi les dieux sont voués à mourrir et pourquoi Odin cherche à tout prix à survivre à travers ses créatures. Nous avons donc droit aux différents stratagèmes qu’il va mettre en place pour faire perdurer une lignée d’homme dont il est le père, du moins plus que les autres. Malheureusement pour lui, il est maudit. Nan je ne vous dirai pas pourquoi, je ne vais quand même pas raconter le livre !

Carte du monde Mythologique Nordique

J’avoue avoir eu beaucoup de mal à entrer dans le livre, et mon avis final est assez mitigé. La lecture n’était pas mauvaise, loin de là, mais de nombreux points noirs viennent entâcher un titre qui pourrait s’avérer très agréable à lire. Tout d’abord, divinités obligent, tous les personnes sont archi-stéréotypés. De même, tout est immuable et nous aurons perpetuellement droit aux mêmes scènes: Odin se fait réprimander par son épouse, Frigg, pour l’avoir trompée avec une humaine et maudit sa descendence, Loki sussure de viles paroles à Odin et lui fait croire que ce sont là ses propres pensées. Paroles qui bien entendue vourront toutes tentatives à l’échec…

Bref, on fini par se retrouver avec une sorte de cycle qui dure une centaine de pages à chaque fois. Nous avons un problème pour que l’héritier humain du dieu puisse avoir une descendance car Frigg l’a maudit. Odin cherche une solution, Loki lui sussure quelques mots à l’oreille, le dieu trouve cette idée géniale, la fait sans réfléchir. Le plan marche plus ou moins, il y a un nouvel héritier… Et le problème se pose à nouveau. A chaque fois bien sûr, Odin tombe de plus en plus bas. Bref, c’est dommage et c’est aussi ce que veut la nature divine du livre, puisque celles ci ne semblent pas pouvoir tirer profit de leur expérience ni changer le moins du monde.

Mais soit, pourquoi pas. Sauf que cela amène tout de même un problème assez majeur. Il est très difficile de s’attacher à des divinités aussi stéréotypés, et les humains, dont la durée de vie se compte en trentaines de pages, défilent trop vite les uns après les autres. On se retrouve donc au final à se cramponner au seul réel personnage que nous découvre le livre, Brunehilde. Bien que son histoire soit triste et puisse émouvoir, autant dire tout de suite que la Walkyrie n’a pas les épaules assez larges pour supporter à elle seule le livre. Et c’est bien dommage.

Les filles du Rhin et d'Odin

L’autre problème majeur, et c’est là où je voulais en venir avec la lourdeur d’Edouard Brasey, c’est vraiment la répétition. A force de trop user des synonymes, certaines pages sont totalement asphyxiantes. Je sais qu’il est important de décrire, je sais que cela est nécessaire à l’immersion. Mais tout de même, faire des descriptions aussi longues que celles de Tolkien concernant l’herbe à pipe, et ce sur les trois cents pages que compte le livre, c’est trop ! Pire, on se retrouve parfois avec des longues descriptions que l’on a déjà lues quasiment à l’identique ! Oui, après l’avoir lu trois fois vous saurez que les Walkyries sont nées de l’accouplement d’Erda et d’Odin, qu’elles sont superbes, vierges, blablablablabla. Puis qu’Odin est un dieu créateur bla bla bla bla. J’avoue, je confesse, j’ai parfois sauté des decriptions !

Puisque je parle de Tolkien, j’avoue que la ressemblance des deux récits m’a au début bloqué. Forcémment, Tolkien s’est énormément inspiré des mythologies nordiques tandis que Brasey se les approprie complètement. Mais passé les cinquantes premières pages, on fini par oublier ce sentiment. Mieux, je remercie l’auteur de m’avoir grandement éclairé sur les tenants et les aboutissants de toute la culture nordique. J’avoue avec un peu de honte ne pas avoir fait le rapprochement entre le Rhin du livre et le Rhin du continent Européen, rapprochement que j’ai par la suite fait lorsque l’auteur parle du Danube. Bref, là dessus, je ne peux qu’admirer le travail de l’auteur.

Il y a quelque chose que je ne peux oublier d’éboquer: le suspens qui fini par prendre place. On sait que tout va mal se passer, que Loki va forcemment corrompre chacune des actions d’Odin, mais on se demande comment. C’est d’autant plus frustrant que le livre ne me passionnait pas vraiment. Un peu comme si vous vouliez absolument voir la suite d’un film que vous n’appréciez pas. Bizarre non ? Est ce que cela veut dire que j’ai bien apprécié les Chants de la Walkyrie ? Je ne sais. En tout cas si j’ai bien compris, c’est ici le premier tome d’une tétralogie: La Malédiction de l’Anneau. Peut être lirais-je la suite…


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10 commentaires, donnez votre avis !
  • Ramya a écrit le 21 janvier 2009 à 19 h 02 min:

    Ce livre me dit quelque chose, j’ai sûrement dû le feuilleter quand j’étais plus jeune. Mais bon, au vu de la quantité de bouquins que j’ai au compteur hein.

    Enfin bref, on est pas là pour parler de ma vie de lecteur.
    Le problème de ce genre de livre qui s’attache à reprendre au rebondissement près la mythologie nordique (ou des mythologies tout court), c’est justement le choix de la forme du roman. Parce que les personnages sont forcément stéréotypés pour coller aux valeurs qu’ils représentent (comme Freyja, la déesse de l’amour qui est très belle, aguicheuse tout ça), parce que on sait forcément un peu comment ça va se finir (bah oui les bons dieux sont sensés faire triompher le bien). Sous forme de nouvelles ou de livres spécialisés ça passe tout seul mais bon la mythologie en générale relatée sous forme d’un roman, je sais pas mais ça passe pas.

    Enfin, bref j’ai un peu de mal à m’exprimer. Le bouquin a l’air pas mal mais je ne pense pas que je le lirai un jour, sûrement pour les raisons que tu viens d’évoquer.

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  • Seraf" a écrit le 21 janvier 2009 à 19 h 06 min:

    Ramya il est sorti y’a a peine un mois XD. Alors je pense que tu confonds ^^ ».

    Pour la mythologie relatée, Si tu ne connais pas la mythologie en question généralement ca passe assez bien .. Pour ca que j’hesite a lire le bouquin, vu que perso je connais un mininmum(surtout que ici justement Odin ne fera pas forcement triompher le bien, la mythologie nordique est bien moins manichééene que d’autres)

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  • Ramya a écrit le 21 janvier 2009 à 22 h 08 min:

    Au temps pour moi alors XD Juste que j’avais vu (ou lu) un bouquin dans le même genre.
    La mythologie nordique, je connais juste les bases, les dieux principaux tout ça, en partie grâce à Therion avec leur « Secret of the Runes » qui m’aura donné envie d’en savoir plus. Toutefois comme tu le dis, si tu connais un minimum la mythologie en question, la forme du roman peut moins bien passé mais tout dépend de l’auteur.
    Je me souviens d’un mec qui avait repris la légende du Graal (ou en tout cas des chevaliers de la Table ronde) et en avait fait une trilogie. Hé bien, même en connaissant assez bien cette légende, les livres étaient géniaux, dommage j’ai oublié le nom de l’auteur.

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  • dabYo a écrit le 22 janvier 2009 à 13 h 58 min:

    Ramya > tu parlerai pas de la trilogie de De Montela nommée « Graal » et écrite pour les enfants ?

    Si c’est le cas je ne sais pas comment tu as pu aimer !

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  • Serafina a écrit le 22 janvier 2009 à 14 h 13 min:

    @Ramaya, ahhh je ne peux que t’approuver. J’adore cette trilogie sur Graal et je cherche vainement a y convertir dabYo >3<

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  • Ramya a écrit le 22 janvier 2009 à 17 h 26 min:

    dabYo @ XD oui j’ai cherché un peu sur le net et c’est cette trilogie. Il n’est jamais trop tard pour s’y (re)mettre XD

    Serafina @ Je me souviens avoir emprunté ces livres à la bibliothèque totalement par hasard pensant que ça allait être casse-bonbon (oui je suis un peu maso aussi) et pourtant… J’ai lu les 3 en une semaine.
    J’ai adoré le style d’écriture simple et direct mais sans versé dans le simpliste (comme semble le penser dabYo).
    Non, vraiment c’est une des séries que je préfère.

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  • dabYo a écrit le 22 janvier 2009 à 17 h 32 min:

    Ramya > j’ai lu le premier tome. Personnages stéréotypés et narration simple(iste) m’en ont détourné :P

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  • Laetitia la liseuse a écrit le 4 février 2009 à 15 h 35 min:

    c’est mon premier coup de coeur de l’année. Etrangement, je n’ai pas trouvé les descriptions trop rebutantes. En ce qui concerne le seigneur des anneaux de Tolkien, je n’ai pas pu dépasser la centaine de pages à cause de ces lourdeurs justement. Mais j’y reviendrai un jour.

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  • dabYo a écrit le 4 février 2009 à 19 h 26 min:

    Laetitia la liseuse > Ah ah ah j’ai arrêté Le Seigneur des Anneaux aux 100 premières pages… Et j’ai repris aux 200 pages ! je crois que je n’ai jamais lu ce qu’il ya entre les deux ah ah !

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  • marvin a écrit le 1 août 2009 à 21 h 09 min:

    au passage, allez faire un tour sur la Tetralogie de Wagner… Je n’ai pas lu Brasey, mais le lien avec les opéras m’a l’air évident!!

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