Les Chaînes du Dragon de Patricia Briggs

dabYo dans Critiques, Livres le 4 août 2009, avec 3 commentaires
Critiques

Patricia Briggs est un auteur qu’on aime bien ici, notamment pour sa série Mercy Thompson. Mais que ce soit en France ou dans son pays natal, l’écrivaine ne s’est pas faite connaître à travers la Bit-Lit, mais avec la Fantasy et l’un de ses premiers romans, les Chaînes du Dragon. C’est donc avec un certain plaisir et un entrain non dissimulé que j’ai commencé ce roman, tout en me rappelant bien entendu que l’auteur a sans aucun doute dû faire quelques progrès entre temps, le titre ayant été écrit 4 ans plus tôt. A noter que la version originale est intitulée Dragon Bones, soit os de dragon, et que c’est une série en deux tomes, Hurog. Synopsis.

Les Chaînes du Dragon de Patricia Briggs

Stolon est un jeune homme proche de la majorité (21 ans) dont l’une des particularités, si ce n’est la bêtise et sa grande taille, est d’être l’héritier de l’un des cinq royaumes de Jakoven : Hurog. C’est donc naturel que lorsque son père meurt d’une chute de cheval, sa vie en soit quelque peu modifiée et que le traintrain habituel des choses soit totalement chamboulé. D’abord parce que Stolon ne faisait que semblant d’être idiot, ce qui lui permettait d’éviter le courroux d’un père qui pourrait pensé qu’un fils trop intelligent lui ravira le trône, mais aussi parce que son subterfuge a si bien marché que Jakoven a décidé d’une toute autre destinée pour lui : je ne vous la dirai pas car ce fut une surprise pour moi. C’est donc cette révélation qui sert comme souvent en Fantasy d’évènement déclencheur pour une longue quête dont le but est de récupérer terres et dignité.

Honnêtement, dit comme ça, j’avoue que ça ne fait pas très envie. Et quand j’ai découvert les raisons qui mènent Stolon à partir de chez lui, je suis resté perplexe. Mais bon, le principe a le mérite d’être original et on est tout de même loin de la grossièreté de l’élément déclencheur de l’Epée de Vérité par exemple. On fait impasse là-dessus, et mine de rien, le côté héros qui joue au bête m’a séduit. D’abord parce que c’est la première fois que je vois ça, et ensuite parce que cela permet à l’auteur d’avoir un héros intelligent qui ne porte pas sur les nerfs comme peuvent le faire d’autres, comme Harry dans Harry Potter ou Fitz dans l’Assassin Royal. Sans pour autant retrouver un personnage insipide à qui tout réussit, etc. Bref, notre héros part dans sa quête, qui n’est pas réellement initiatique, avec des buts plus ou moins clairs, mais un peu gros tout de même. Là-dessus c’est dommage, mais c’est le cas de la plupart des romans de Fantasy que j’ai lus.

Les Chaînes du Dragon de Patricia Briggs

Heureusement pour nous, la plume de Patricia Briggs rattrape le tout, je l’ai presque trouvée plus agréable à lire qu’avec Mercy Thompson. Comme d’habitude, c’est un récit à la première personne, bien qu’on ait droit, de temps à autre, à des passages concernant d’autres personnages. Première personne, mais aussi présent, ce qui est assez inhabituel en Fantasy. Exit donc les récits à l’imparfait et au passé simple, place à des phrases au présent qui de part leur simplicité permettent à tout un chacun de lire le livre, du plus jeune au plus expérimenté. C’est agréable, et j’avoue avoir pris un certain plaisir à lire les lignes de Briggs.

Il faut tout de même préciser que les passages à la troisième personne sont beaucoup mois réussis. Ils sont bien écrits, agréables à lire, au passé, mais trop confus. On passe en effet d’un personnage à l’autre en un saut de ligne, et ces changements de personnage sont trop opaques pour être compris au début. D’autant qu’avec tous les noms de personnages, on a du mal à savoir qui est qui. Je n’ai par exemple compris qu’à la fin qu’un des personnages était présent au tout, tout début du livre.

L’auteur nous dévoile un monde intéressant, et nous le décrit assez bien malgré le nombre relativement restreint des pages. Magie, dragons, tout ce qu’il faut pour séduire un public en quête de Fantasy. Le titre est simple à comprendre mais ne conviendra pas forcement à tous les publics, car certains personnages sont montrés comme très cruels, et on devra faire avec certains personnages aux appétits sexuels… douteux. Rien de méchant, ni de très explicite cela dit. De simple fait, qui en sont que racontés vaguement. Le côté magique du livre est assez bien retranscrit, bien qu’il fasse un peu élément rajouté. Le titre y fait souvent référence, mais sans pour autant que cela semble aussi naturel que dans la Couronne des Sept Royaumes par exemple. Les mages m’ont moins séduit, bien que très présents.

Les Chaînes du Dragon de Patricia Briggs

Patricia Briggs avait donc déjà des habitudes narratives très fortes, et assez originales. L’une des autres habitudes qu’elle a gardé pour plus tard, c’est de faire des tomes en standalone. Bien que je vous l’ai présenté comme le premier tome d’une série, Hurog, Les Chaînes du Dragon est un titre qui se suffit à lui-même. Le héros part certes, mais termine finalement sa quête en trois cents pages. Il s’agit donc d’un cycle qui se suit mais dont les tomes sont indépendants. Ca fait du bien de lire des titres de Fantasy qui se suffisent à eux même. Cependant, ça rend cette quête un poil légère et rapide, il faudra l’accepter car la fin arrive vraiment rapidement. Alors que j’étais dedans et que j’avais hâte de la connaître, que je me disais que j’allais regretter l’attente pour la publication de la suite, le Sang du Dragon, le 21 août prochain, j’ai été dérouté par un dénouement des affaires rapide, et un épilogue inattendu.

Est-ce un défaut ? Je ne sais pas, c’est vrai que la fin est rapide et pourrait laisser penser à un travail bâclé. D’un autre côté, les longs cycles sont tellement communs en Fantasy qu’on n’imaginerait quasiment jamais qu’un titre puisse se suffire à lui-même, tout en ayant une suite. Idée préconçue et formaté, ou une fin trop abrupte, je ne saurai dire. En tout cas, pour une fois je n’ai pas vu venir les trahisons ou les changements d’orientation, ce qui est un bon signe. Un livre agréable à lire, qui vous fera passer un bon moment, mais qui ne rentre pas dans le cercle fermé des titres inoubliables. Je me demande quand même ce que recélera la suite, dommage que le suspens soit retombé avec l’épilogue.


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3 commentaires, donnez votre avis !
  • Thalia a écrit le 4 août 2009 à 15 h 28 min:

    Tu m’as donné envie de connaître cet autre univers de Briggs (mais peut-être que c’était pas aussi difficile que ça de me convaincre XD).

    Pour ce qui est des tomes indépendants les uns des autres on est un peu habitué à cela avec elle donc ça ne devrait pas me perturber :p

    C’est en format poche? Je connais pas cette maison d’édition.

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  • Bartimeus a écrit le 4 août 2009 à 15 h 46 min:

    Et bien on dirait que j’ai quand même moins apprécié que toi ^^
    Mais c’est vrai que c’est un bon livre, même si ce n’est exceptionnel (mais je pense ca peut-être parce que je l’ai lu au milieu de deux tomes exceptionnels ^^)

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  • Seraf' a écrit le 4 août 2009 à 18 h 19 min:

    @Thalia, non ce n’est pas une edition poche. Les atalantes c’est des « grands petits » formats (tordu hein XD). Ils editent notamment le Disque monde (si tu n’en a pas déja lu, je te le conseille très fort) ou la compagnie noire.

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