David Gemmell a fait parti des auteurs fer de lance des éditions Bragelonne, et c’est son premier livre, Légende, qui a permis à la maison d’édition de percer dans le monde de la Fantasy. C’est ce même titre qui est réutilisé, huit ans plus tard, pour lancer Milady, leur nouveau label, en édition de poche cette fois. C’est comme cela qu’il est arrivé entre mes mains, plein de promesses. Synosis de ce premier volume de la saga Drenaï.
Les peuples Nadir et Drenaï vivaient jusqu’à lors en paix. Celle ci était en fait plus que virtuelle, les Nadirs n’étaient que des tributs en perpétuelle guerre civile. Malheureusement, un grand chef, Ulric, a réussi l’impossible: rassembler tous les hommes de ce peuple guerrier sous une même bannière, et après avoir conquérit la plupart de ses voisins limitrophes, il ne reste plus que les terres Drenaï à envahir. Seulement pour cela, il doit passer par Dros Delnoch, une forteresse imprenable protégée par plus de six remparts. S’annonce alors une bataille désespérée pour les Drenaïs, opposant moins de dix milles de leurs hommes aux cinq cents milles que compte l’armée d’Ulric.
Véritable remake de Fort Alamo, Légende est donc avant tout une aventure humaine, avec des messages forts, de l’héroïsme, du courage et des moments prenant en haleine, ne vous laissant à aucun moment décroché de l’histoire. Pour couronner le tout, nous avons droit à un héros au charisme invraisemblable, Druss, dont la Hache n’a jamais fait défaut au pays et dont les aventures sont palpitantes.
Non, en fait, ça c’est ce que vous pouvez lire sur la majorité des critiques que j’ai pu voir sur Internet. Car oui, j’ai trouvé ce livre ennuyeux, plat, et nul. Mais nul, je vous dis pas comment ! Alors je me suis demandé si j’étais le seul, et je me demande toujours comment un tel titre a pu lancé une collection si populaire aujourd’hui.
Je le reconnais volontiers, Gemmell a un style d’écriture très plaisant à lire. Les phrases sont bien faites, malgré les répétitions du nom des héros, et elles ne sont pas pompeuses. Bref, le tout se lit donc agréablement et facilement, l’idéal pour un bon livre. Sauf que cela ne suffit pas. En choisissant une trame qui ne laisse que peu de rebondissement, puisqu’on sait dès les premières pages que le Fort tiendra, Gemmell se doit de rendre ses personnages attachants, et les événements prenants. Malheureusement, il échoue à ces deux défis. Nous avons droit à une plétore d’individu, qui seront tour à tour le centre de la narration.

Cependant, de toute ma lecture, je ne me suis attaché à aucun d’entre eux, même pas à Druss, qui est sans doute le personnage le plus mis en avant. Et qui est surtout le personnage le plus bateau et le moins intéressant. Tout lui réussi, et bien qu’il ait dépassé la soixantaine, et qu’il ne peut supposément se battre que deux jours sur trois, il tiendra six semaines de combat sur les murs. Réaliste isn’t it ? Bref, nos héros ne font que traverser des passages supposément périlleux, des dilemmes impossibles, mais vu qu’ils s’en sortent toujours de la même manière, et toujours d’une façon plus tirée par les cheveux que la précédente, on ne craint jamais pour eux. C’est la même chose pour tous les pseudos événements du livre. Le puit est empoisonné ? Pas d’inquiétude, à la dernière minute l’un de nos héros à mille kilomètres de la scène pensera à avertir Druss qu’il ne faut pas y boire. Par la pensée bien sûr hein.
Et c’est d’ailleurs bien dommage, puisqu’il y a quand même ici les bases d’une bonne histoire. L’auteur ne cassera pas son habitude jusqu’à la fin, où la bataille finale se fini sur une sorte de coup débile, et prévisible au plus haut point. Alors quand on lit cinq cents pages avec pour grande énigme « mais comment vont ils s’en sortir ? », cela en est d’autant plus déprimant. Surtout lorsqu’on se répète inlassablement pendant tout le livre que non, la fin ne pourra pas être aussi grosse.
L’autre très mauvais point, pire encore je dirai, sont les deux cents dernières pages: un redit interminable d’événements qui se sont déjà passés il y a moins de cinq pages. On va lire une bonne centaine de fois comment le héros H est trop fort à l’épée, comment il tue avec dextérité tous ses ennemis, sauf si il n’a pas de chance et qu’il meurt en une demi phrase. Chaque fois, la journée était trop horrible et affreuse, et à chaque fois on recommence le lendemain sans aucun événement intéressant. Et ce pendant grosso modo deux mois de temps réel dans le livre. Bien entendu, les héros, au rythme d’une lance prise dans le flan par jour, n’ont aucun problème à se relever chaque matin pour aller se battre. Vous avez parlé de réalisme ? Mais non, voyons, ils sont justes héroïques !

Les rares fois où l’on n’a pas droit à cette redite, c’est pour en faire une autre, sur le passé darkinou de nos héros, où sur combien ils ont compris le sens de la vie en se battant. Les héros de Légende, c’est un peu le club des passés difficiles à oublier. Entre Brad qui a tué son père et son frère par accident mais qui s’en veut trop et qui a abandonné sa place de prince, Pit qui a failli mourir des mains de son propre père, Roi d’une contrée lointaine, et Jules qui a tué son canard dans son bain par accident, les passés sombres ne manquent pas. Mention spéciale à une femme dont la mère s’est faite tuée par des brigands et qui a pour habitude de coucher avec des hommes pour les tuer pendant la nuit. C’est super triste, surtout quand on l’apprend une page avant qu’elle meurt. Bref, après qu’on ait appris ce passé douloureux, généralement alors qu’ils regardent au loin sur les remparts et qu’ils ne veulent surtout parler à personne, mais qu’ils vont quand même le faire, s’ils ne meurent pas le lendemain, ils constatent combien la vie est trop bien et qu’il aimerait être tout sauf sur ce rempart. Ils pourraient partir, puisque la désertion n’y est pas réprimandée, mais bien entendu, ils ne partent pas par honneur ou un truc du genre. Car oui tout homme a des principes qu’il outre passe qu’en de rares occasions blablabla. C’est la morale de la fin je crois ça.
Le deuxième type de pause est lorsque l’auteur décide d’introduire un nouveau personnage. En général, il meurt là aussi dans le prochain chapitre d’une façon totalement anonyme. Cela marche de la même façon pour les traîtres, dont les manigances sont généralement déjouées juste après avoir été commencées. Et par l’esprit s’il vous plait. Un exemple ? Bob le boulanger qui refuse de partir avec sa femme et son enfant, et on le revoit deux pages plus tard pour dire qu’il est mort.
Bref, je n’ai pas du tout aimé ce livre, et j’ai beau chercher, hormis le début, aucun moment ne restera dans ma mémoire. Je le déconseille donc forcement, même si on vous l’offre. C’est marrant parce que Tribulations d’un Mage en Aurient m’a beaucoup fait penser à ce titre, sachant que Pratchett fait souvent la parodie d’une œuvre déjà existante… Et bizarrement, ce Disque Monde est mon préféré.








Céline C. a écrit le 18 octobre 2008 à 21 h 47 min:
Bon, j’avoue je me suis faite avoir par le début. Je pensais que c’était génial tout ça. Bien joué ! XD
Très chouette chronique en tout cas, c’est rare de voir un avis (en l’occurence négatif) aussi bien documenté…
Je connais cet auteur uniquement de nom, et la j’avoue que ça donne pas spécialement envie.. Y’en a quand même qui sont bien au moins?
J’vais aller parcourir le reste du blog maintenant !
dabYo a écrit le 19 octobre 2008 à 10 h 47 min:
Céline > je n’en ai pas la moindre idée. J’ai pu parler à un camarade de classe et lui a apparement adoré ce livre… Alors je comprends, je suis peut être trop critique.
Sinon, on a Waylander de lui aussi, qui fait parti des gros titres donc ça sera sans doute ma prochaine lecture ^^
kakasha a écrit le 24 octobre 2008 à 10 h 24 min:
AhAhAh tu as lu son pire livre là XD
J’ai tout lu de Gemmell [mon auteur préféré] et franchement c’est l’un des pire que j’ai lu =x
Le problème de Gemmell, tu l’as bien défini, tout est clair comme de l’eau de roche avec lui, aucune originalité mais bon si tu devais en relire un je te dirigerai plutôt vers les « one shot » du type Renégats ou Dark Moon =x
dabYo a écrit le 28 octobre 2008 à 11 h 40 min:
kakasha > c’est noté, je vais lire Waylander alors ;)
Céline C. a écrit le 1 novembre 2008 à 14 h 47 min:
Ah ben je note aussi alors !!
tigerkent a écrit le 17 novembre 2009 à 23 h 27 min:
Je trouve ta chronique intéressante :
Il y a en effet beaucoup d’imperfections que tu décris très bien, ça oui !
Malgré cela,moi je au trouvé « Légende » génial, autant au niveau des dialogues que de la narration, que de l’histoire tout court.
Je ne comprend pas ta critiques des personnages, a part pour tout leur passé un peu similaire comme tu le dis, ils ont des caractéristiques évidentes de « personnages types »(que l’on retrouvent dans presque tout les livres de SF) mais que Gemmel a bien adapté.
Et je me demande aussi comment tu peut aimer l’héroic fantasy en général car tout ce que tu critique fait partie des fondements de ce genre.
Seraf' a écrit le 18 novembre 2009 à 11 h 50 min:
Tout d’abord, Legende n’est pas un livre de SF et heureusement.
Si aimer l’héroic fantasy c’est aimer des histoires toutes construites sur le meme modele, sans aucune originalité.. Oui il y a des fondements, mais il faut aussi savoir ce les approprier et aller au dela. L’homme Rune par exemple reussit tres bien, avec des personnages fouillés et une bonne exploitation des bases.
tigerkent a écrit le 18 novembre 2009 à 23 h 33 min:
Au tant pour moi pour le premier point. (mon erreur vient du fait qu’il a reçu le prix tour Eiffel qui est un prix de littérature de SF)
Mais il faut savoir que Légende est le premier livre de david Gemmel datant de 1984, il est alors évident qu’il n’est pas parfait, et pourtant il a recu le prix tour Eiffel 2002..
Mais comparer l’homme rune, qui est très récent, à un livre de 1984, sa me parait un peu facile..
Sinon: « Oui il y a des fondements, mais il faut aussi savoir ce les approprier et aller au delà » je ne pourrais être plus d’accord !
Schrou a écrit le 7 décembre 2009 à 5 h 45 min:
Il y a des écrivains géniaux qui font un super bouquin du premier coup… et d’autres qui doivent se faire la main! Je crois que sur ce coup là, on ne peut pas en vouloir à David Gemmel d’avoir écrit un livre moyen. Comme Kakasha, il fait partit de mes auteurs préférés, car son style se bonifie avec l’âge! Perso je te conseille Waylander(que tu dois avoir lu mnt) et La Quête des héros perdus. Pour finir, je dirais que D. Gemmel est le seul auteur pour qui j’ai eu un pincement au coeur en apprennant sa mort… (été 2006)
Suc ce, bonne lecture a tous
Schrou a écrit le 7 décembre 2009 à 5 h 48 min:
oh j’ai oublié « L’étoile du matin » dans mes recommandations!
Nateag a écrit le 14 janvier 2010 à 22 h 23 min:
Personnelement, j’ai adoré Légende, c’est simple et clair, faut pas chercher midi à 14h avec ce livre mais je pense que tu dois pas trop aimer le fantasy, si tu as déjà du mal à accepter la séparation corps-âme ou le côté « magie » du livre!
Et avant de critiquer ce livre comme tu le fais je pense que tu devrais p-t lire les livres que Gemmel a écrit après mais qui arrivent avant cette histoire comme « Marche Mort »,… qui développe l’histoire des héros!
Et ceci dit en passant, quand on connait Gemmel un petit peu, on peut pas être sur que le fort tiendra, vu qu’il est pas vraiment adepte des fin où ils vécurent heureux et eurent plein d’enfants car si on regarde sur Légende les seuls a s’en tirer plutot bien a la fin sont Rek, Virae et Orrin les autres se font soit charcuter ou se ferront charcuter!^^
drattoc a écrit le 15 janvier 2010 à 2 h 21 min:
C’est un tres bon livre. Je l’ai lu d’une traite en commencant a 22h et en finissant 4h plus tard….
Ce n’est pas un classique mais cela se devore. J’appelle cela du roman de gare et il est plutot excellent dans son genre. C’est un de ceux que je conseille car il est facile et prenant.
Sinon lancez vous dans la lecture des trois tomes de Pullman les royaumes du nord, le mirroir d’ambre, … là c’est un chef d’oeuvre. L’adaptation cinématographique est bonne mais ne rend pas hommage aux livres.
drattoc a écrit le 15 janvier 2010 à 2 h 22 min:
DE Gemmell il faut lire le cycle sur la grece (cf le lion de macedoine)
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