Leçons du monde fluctuant de Jérôme Noirez

Roadtrip à l'heure du thé

dabYo dans Critiques, Livres le 13 novembre 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Jérôme Noirez est un auteur français dont j’aime beaucoup la plume, et ce depuis que j’ai pu le découvrir avec son roman Le Chemin des Ombres. Très influencé par la culture asiatique, c’est principalement sur des romans destiné aux adolescents que je l’avais découvert. Aussi, Leçons du monde fluctuant était plus qu’intriguant, puisque destiné aux adultes et se déroulant dans le monde occidental d’un certain amateur de photos… Synopsis.

Leçons du monde fluctuant de Jérôme Noirez

Professeur de mathématiques à Londres, Charles Lutwidge Dodgson fait partie de l’Educaume de la reine Victoria et est auteur de nombreux livres sur son domaine. Mais c’est la photographie, nouvelle invention de l’époque qui a sa préférence et à laquelle il se passionne en dehors des chiffres. Prendre des photos, mais surtout des clichés de petite fille, de leur innocence, d’Alice. Malheureusement, à force de prendre en photo les petites filles de monsieur Lindle, c’est l’opprobre qui s’est abattu sur lui. Le voilà en partance pour Novascholastica, une lointaine colonie de l’empire…

Vous l’aurez compris, Charles n’est autre qu’un certain Lewis Carroll, et cette histoire fictive se déroule dans une Angleterre plus ou moins proche de celle qu’a connu l’auteur d’Alice au Pays des Merveilles. On est face à une sorte de mélange entre Uchronie et monde Fantastique. Nous allons suivre d’un côté Charles, et un autre point de vue, celui d’une petite fille habitant l’une des nombreuses colonies de l’Angleterre : Novascholastica. Enfin, une petite fille qui est malheureusement morte et qui aimerait bien découvrir pourquoi.

Les deux points de vue ont, il faut le dire, strictement rien à voir. D’un côté, Charles est un homme de logique et il offre un point de vue d’un monde qui a tout de rationnel, adulte et enfantin à la fois. De l’autre côté, la petite Kematia évolue dans un monde des morts et ses chapitres ont tout du trip sous champignons que l’on pourrait tout à fait retrouver dans Alice au Pays des Merveilles, un côté glauque en plus. C’est très loufoque, très sans queue ni tête, bref, complètement absurde. Les deux sont bien évidemment liés, et il faut dire que la ressemblance entre ce que vit Kematia et les aventures d’Alice est quand même plus que frappante.

Leçons du monde fluctuant de Jérôme Noirez

Le style de l’auteur est très descriptif, mais l’impact des descriptions est différent et je dois avouer que j’ai trouvé les deux points de vue assez inégaux. D’un côté, le point de vue de Charlesm’a complètement subjugué. Les descriptions dépendent de son point de vue, de cet homme timide et pas sûr de lui pour un sous, avec ses petites habitudes d’anglais bien éduqué et ses manières, qui m’a complètement conquis. Il a ce quelque chose de personnage qui en devient complètement attachant et charismatique, qu’on aime à suivre. Un point de vue de vieil enfant dans un monde d’adultes et de vices.

ELeçons du monde fluctuant de Jérôme Noirezt de l’autre, la petite Kematia ne m’a pas du tout touché. Son histoire est triste certes, mais est narrée avec trop de détachement pour en devenir touchante. Les trips sous acide et les scènes complètement absurdes sont drôles, pertinentes, tristes de vérités mais la narration y est affaibli par de trop longues descriptions qui cassent le rythme. Du coup, je dois avouer que je n’avais qu’une hâte : retrouver mon cher Dodgson et arrêter de lire Kematia. Son histoire à lui est tout simplement sublime et vaut à elle seule la lecture des Leçons du monde fluctuant. Le personnage est vraiment bien approfondi, loin des stéréotypes habituels, les descriptions sont bien dosées, les dialogues sont souvent très drôles et les situations cocasse.s A ce niveau, c’est vraiment du tout gagnant.

Au final, c’est donc un bilan positif malgré un roman en demi-teinte. Leçons du monde fluctuant nous propose deux histoires qui sont certes liées, mais dont la qualité est loin d’être égale. Cependant sa lecture en est plus que conseillé, au moins pour découvrir cette Angleterre de l’ère Victorien, pour découvrir la vision de Jérôme Noirez de Charles Lutwidge Dodgson et pour vivre son aventure passionnante. Malgré les quelques mauvais points, c’est quand même encore un bon titre pour Jérôme Noirez.


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