Le Sang du Dragon de Patricia Briggs

dabYo dans Critiques, Livres le 8 septembre 2009, avec aucun commentaire
Critiques

Le Sang du Dragon est le deuxième volume de la série Hurog de Patricia Briggs, j’avais lu le premier, Les Chaînes du Dragon, au cours de l’été, et c’est donc avec un certain entrain que j’ai retrouvé Stolon et ses amis. Stolon, c’était le héros dont je vous y avais parlé, qui était pour une fois assez original pour de la Fantasy dite classique. C’est donc pour une nouvelle aventure que nous le retrouvons, puisque je vous le rappelle, dans la plus pure de ses traditions, Patricia Briggs nous a offert une série où chaque tome est indépendant. Synopsis ?

Le Sang du Dragon de Patricia Briggs

Stolon est donc parvenu à naviguer au milieu des eaux agitées de notre premier tome, et c’est en jeune Hurogmestre que nous le retrouvons. Du moins, le titre est seulement officieux puisqu’en vrai, il devrait toujours se retrouver dans l’asile royal, mais il semblerait que le roi l’ait plus ou moins oublié. Car le roi est actuellement déjà assez occupé avec une rébellion qui grondait déjà dans le premier volume. Vous vous en doutez bien, Stolon va finir, tôt ou tard, par y être mêlé et par y jouer un rôle plus ou moins important. D’autant qu’il est désormais surnommer le Géant de Shavig.

J’avoue que ce second tome m’a beaucoup moins plu que le premier. Il est toujours difficile de relancer une intrigue après en avoir clôturé une première, tout en gardant les mêmes personnages. Bien entendu, il y a eu un long saut dans le temps, mais pas tout à fait assez pour ne pas être totalement gênant. En soit, les éléments étaient déjà amenés dans le premier volume, on pouvait notamment y voir le mécontentement des sujets du roi, et tous les personnages de ce deuxième tome y étaient présents. Mais tout d’abord, il est dommage que Patricia Briggs ait voulu rendre son méchant si… méchant. Presque trop, à la limite de l’ultra caricatural, le personnage ne gagne pas vraiment de profondeur et c’est dommage : il massacre les peuples, les torture en secret, se soumet aux pires vices, etc. Bref, il n’y a rien de méchant qu’il n’a pas fait, un peu comme le méchant du Passage du Vent. Alors certes, cela justifie la rébellion, mais du coup le méchant a le charisme d’un bâton de surimi. A ce niveau là, le premier tome était beaucoup, beaucoup mieux.

Patricia Briggs tente avec plus ou moins de succès de développer un background au niveau des territoires du royaume, notamment avec les distensions internes, en nous montrant les différentes relations qu’ont chacun des peuples entre eux. Quand certains pensent que les autres sont trop barbares, pour ces dernières, ils ne sont que des nains, etc. De quoi satisfaire donc la nécessité de tout roman de présenter un univers folklorique. En soit, on fini par entrer dans la politique et comprendre pourquoi la rébellion n’est vraiment pas gagnée, à telle point qu’on se demande si la fin du livre présentera réellement un soulèvement. Le problème, c’est qu’à chaque fois que ce problème est levé, il est aussitôt réglé par un élément assez peu probable. Un héros derrière lequel tout le monde s’alignerait, ou bien une apparition magique. J’avoue trouver la chose trop peu crédible face à des concessions ou des manigances plus Trône de Fer. C’est assez dommage car du coup, ces problèmes semblent vraiment être traités légèrement, alors qu’ils occupent une grande partie du récit et qu’ils bénéficient de longues descriptions. Mais qu’à cela ne tienne, pour moi ce n’est pas là le principal problème.

Le Sang du Dragon de Patricia Briggs

Non, le principal, c’est une fin encore plus rapide que dans les Chaînes du Dragon. Je l’avais dit lors de sa critique, j’avais été assez surpris de voir que l’intrigue du premier tome était éludée en une centaine de pages. C’est encore pire ici, puisque jusqu’aux dernières pages on ne voit pas comment l’intrigue pourrait se résoudre avant la fin du tome. Et c’est normal, puisque toute la préparation politique qu’avait fait Briggs et dont je vous parlais n’est pas du tout utilisée. Pire, la rébellion ne sert finalement à rien et n’intervient pas le moins du monde. A se demander finalement ce qu’a voulu faire l’auteur pendant ces si longues pages. Donner vie à son univers ? Peut être, en tout cas, sûrement pas à nous préparer à une fin qui ressemble plus à un bâclage qu’autre chose. Bien sûr, elle se tient plus ou moins. Les éléments utilisés ne sont pas inventés en claquant des doigts, mais elle reste décevante.

Il y a ensuite quelques détails qui ne m’ont pas plu mais qui sont plus soumis aux goûts et aux couleurs. Les tentatives de romance m’ont paru trop grossières pour être plaisantes à lire, et même si elles ne m’ont pas réellement agacé, j’ai trouvé ça de trop. Tout comme certains dialogues bien trop stéréotypés, et des réactions de personnages pas vraiment crédibles. Des problèmes donc qui n’étaient pas réellement présents dans le premier tome. C’est vraiment dommage à ce niveau, car les Chaînes du Dragon nous préparaient à quelque chose de mieux.

D’autant plus que le style et l’écriture de Patricia Briggs reste très agréable à lire, et l’emploi de la première personne, parsemé de récits à la troisième, original dans ce genre de Fantasy. Mais voilà, le style ne suffit pas et là où elle réussissait à nous présenter un ouvrage classique mais pas désagréable à lire avec son premier tome, Le Sang du Dragon présente de trop gros défauts et de stéréotypes pour être lu alors que l’on a déjà une grande culture Fantasy. Le fait de passer directement après l’excellent Alexandre le Grand et les Aigles de Rome de Javier Negrete n’aidant pas.

A réserver à un public novice donc, qui lui y trouvera un livre pour passer un bon moment, sous peine d’être agacé par les différents stéréotypes.


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