Le Sang du Christ de Frédéric Mars

dabYo dans Critiques, Livres le 26 mai 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Depuis que le Da Vinci Code est sorti, les Thrillers saupoudré d’éléments religieux sont légions. Et ce n’est pas étonnant, puisqu’en dépit d’une qualité somme toute très moyenne, les titres de Dan Brown se vendent chaque années par camion. Vous l’aurez donc compris, Le Sang du Christ écrit par Frédéric Mars est donc un roman qui s’inscrit dans la même ligne, où se mêlent joyeusement énigmes, jolis petits schéma, machination et cliffhangers en veux tu en voilà. Sauf que cette fois, notre histoire se passe il y a bien longtemps, 6 jours avant la célèbre Pâque de Jérusalem qui verra un certain Jésus être crucifié par les romains… Synopsis.

Le Sang du Christ de Frédéric Mars

Jacques était un scribe à la vie paisible habitant proche de Jérusalem, jusqu’au jour où son frère jusqu’alors disparu est retrouvé mort, dans une grange en feu. Sur son front, marqué au fer, se trouve un triangle. Cela faisait vingt ans qu’il ne l’avait pas vu, et son statut d’héritier légitime du trône de David de doit pas être étranger à ce meurtre qui ressemble beaucoup à un rituel… Bien entendu, c’est le moment que choisissent les romains pour débarquer, et voilà notre scribe Jacques, pas sportif pour un sou, embarqué dans une course poursuite car l’autorité de la région le tient pour responsable du cadavre.

Vous vous en doutez déjà, Jacques va donc enquêter sur ce meurtre somme toute très particulier, afin tout d’abord de s’innocenter, mais aussi de découvrir ce qui se trame derrière. Cela va bien entendu amener notre héros de piste en piste, où il sera tantôt mené en bateau, tantôt attaqué, et tantôt laissé pour mort. Bref tout ce qu’il faut en somme pour faire un Thriller.

Le style de Frédéric Mars est plutôt facile et agréable à lire, on n’est rarement perdu et bien qu’il aime insérer des descriptions, que ce soit de l’architecture ou bien des différentes senteurs qui nous accompagnent, cela ne devient jamais lourd. Si l’on omet le premier chapitre qui m’avait plutôt choqué quand à sa brutalité, littérairement parlant je veux dire, avec des phrases très courtes et totalement décousues. Qu’à cela ne tienne, cette première impression était fausse et on avance assez rapidement dans la lecture des cinq cents pages que constitue ce très beau livre. Il faut une fois de plus saluer le travail des éditions Michel Lafon vis à vis de l’édition, que ce soit pour la très belle couverture de David Barkmann, la finition du bouquin ou l’impression des différents schémas et dessins présents dans le livre.

Frédéric Mars

Frédéric Mars

Car comme je l’ai dit en introduction, notre enquête va être parsemée de petites illustrations, que ce soit des triangles, des messages codés ou des hiéroglyphes. Ces illustrations sont celles que notre héros va utiliser pour essayer de résoudre l’énigme de façon savante, car c’est un homme de connaissance qui a appris auprès des plus grands, auprès de Pythagore notamment. Ce point est important puisque l’auteur ne cesse de le répéter, et que le héros nous rappelle toujours qu’il devrait trouver la solution car il en a les connaissances nécessaires. Je vous avoues que j’aimais bien le principe au début, mais que le tout a fini par me lasser. Le Tétraktys de Pythagore est cité à de -très- nombreux moments, et bien que notre héros résolve toutes ses interrogations grâce au postulat Tout est nombre de Pythagore, j’avoue avoir trouvé quelques conclusions tirées par les cheveux dirons nous.

A côté de cela, le héros et les personnages secondaires restent somme toute assez superficiels. Il n’est bien entendu pas seul, mais accompagné de sa nièce, ainsi que de diverses personnalités qui vont l’aider (ou pas) dans son enquête. Chacun a son petit rôle, mais aucun ne sort vraiment du lot. L’adolescente qui l’accompagne, bien que présente dans le tout le roman, ne se révèle pas être d’un grand intérêt et c’est bien dommage. Je ne parlerai pas des ennemis, mais ces derniers restent aussi assez cliché, avec bien entendu le lot de cérémonies macabres qui va bien. Petit clin d’oeil à Pilate que j’ai bien aimé cela dit, et à Claudia sa femme, dont le rôle m’a fait rire. Stéréotypé à l’extrême, bien entendu.

Je parle, mais je n’ai toujours pas évoqué la religion, puisque c’est bien là le cœur du roman. Frédéric Mars nous fournit ici une explication de la vie de Jésus. Car la vie du prophète qui est à l’origine d’une des plus grandes religions de notre ère est semée de trous noirs où nous ne savons pas bien ce qu’il a fait. L’auteur ici, sous forme de Thriller, essaye de nous fournir quelques indices, et nous donne une version très romanesque de la fondation de l’église chrétienne. Il faut bien entendu y voir là une pure création, et donc le lire avec du recul lorsqu’on est chrétien, puisque comme le dit la quatrième de couverture, Frédéric Mars a mis son talent romanesque au service d’une version iconoclaste des origines du christianisme. Vous êtes prévenus, et vous n’allez pas être déçu. J’avoue avoir été étonné du dénouement de l’histoire, lorsque toutes les pièces du puzzle ont été découvertes.

Le Sang du Christ de Frédéric MarsA ce niveau là, le suspens est assez bien géré. On établit bien entendu ses théories, mais le tout tient relativement bien la route pendant un long moment. Bon après, il faut quand même dire que la trame du livre est quelque part frustrante, car si on pourrait penser au début que le héros va agir, on constate rapidement que le but n’est pas de modifier le courant de l’histoire, mais seulement d’y assister. Ce que je veux dire par là, c’est que Frédéric Mars ne place pas son héros comme acteur, mais comme simple spectateur. Ce n’est pas à cause de lui que Jésus est mort le jour de Pâques.

Enfin, il faut quand même ajouté que l’auteur a réussi à caser quasiment toutes les références historiques que nous connaissons aujourd’hui sur la vie de Jésus. Cela passe par les raisons de son baptème, par ses discours à la plèbe, mais aussi tout simplement par la réinterprétation de La Cène, plutôt bien réussite.

Au final, Le Sang du Christ n’est pas un roman exceptionnel. S’il ne sort pas réellement du commun, il est très loin d’être un mauvais livre. C’est un bon moyen de découvrir un peu l’époque, grâce aux descriptions des coutumes juives de l’époque, de la region ou simplement de l’impérialisme romain. A cela il faut rajouter des annexes contenant plans et cartes de la région, ainsi qu’un glossaire. Vraiment intéressant et prenant pour le coup. Un roman qui se laisse agréablement lire, si on n’est pas un habitué du genre.

Pour entendre Frédéric Mars parler de son livre, vous pouvez regarder un interview en vidéo ici et ici.


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3 Comments, donnez votre avis !
  • Fauve a écrit le 27 mai 2010 à 17 h 30 min:

    Tu m’as conquise ! Merci de cette avis et de cette découverte qui me plait bigrement bien !

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  • yvonne a écrit le 6 mai 2011 à 13 h 31 min:

    Bonjour ,je viens de terminer le livre .Je l’ai dévoré au départ et plus j’avançais et plus j’étais déçue surtout par la fin où il n’est pas fait allusion du tout à la résurrection de jésus .et la scène ne m’a pas convaincu .On s’attend à chaque page à ce que jacques intervienne mais rien !!! on dirait que l’auteur ne savait pas comment terminer son livre .enfin c’est mon impression .

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  • Daniel a écrit le 14 mai 2011 à 20 h 21 min:

    Bonjours ,contrairement à Yvonne le début du livre m’a ennuyé,mais aprés les cents premières pages l’histoire m’a captivée,à lire absolument pour les amateurs du genre et à consommer avec précaution (attention c’est un Roman)
    A lire aussi « Moi,Jésus » de Gilbert Sinoue

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