Le Sang d’Immortalité de Barbara Hambly

Serafina dans Critiques, Livres le 11 avril 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Le Vampire a envahi nos librairies. Et ce n’est pas Mnémos qui va dire le contraire, qui avait déjà sorti plusieurs titres vampiriques en fin d’année dernière, notamment Petits arrangements avec l’éternité et Homo Vampiris. Ils rééditent ce mois-ci deux romans de Barbara Hambly sur les vampires, le Sang d’Immortalité et Voyage avec les morts, tous les deux réunis dans un même pavé de 550 pages et recouvert d’une superbe illustration d’Alain Brion. Ça fait plaisir au porte-monnaie. L’illustration et le résumé nous promettent du vampire, du vrai, du beau gosse digne descendant de Lestat. Le roman qui nous intéresse ici a été publié pour la première fois en 1988. Pas de Bit-Lit je vous rassure, c’est parti !

Le Sang d'Immortalité de Barbara Hambly

James Asher est un professeur de linguistique à Oxford. Mais c’est est aussi et surtout un ancien agent-secret au service de sa Majesté. Ses exploits sont même arrivés à l’oreille d’un certain Ysidro, vampire blond de son état, qui souhaite l’embaucher pour enquêter sur une série de meurtres commis sur des vampires. Pour cela, le vampire se servira de sa femme comme moyen de pression…

Rien que cela. Premier constat, l’histoire se passe en 1906, sous l’époque Edwardienne donc, mais on n’est pas bien loin d’une époque victorienne au niveau visuel et compagnie. Une période que j’apprécie donc, et qui s’accorde forcement bien à ce coté vampirique. Les vampires décrits ici sont assez classiques, ils ne sortent pas la journée, ils dorment dans un cercueil. Ils sont somme toutes traité de manière assez proche de celle de Anne Rice : certains ont bien du mal à s’accommoder de leur nature vampirique, et le suicide ou la folie n’est pas bien loin de ces êtres immortels. Ce qui, somme toute, se tient. Ça fait plutôt plaisir à lire en soit. Une approche médicale est aussi proposée, par la femme de Asher qui est de formation médicale.

Barbara Hambly semble être calée dans de nombreux domaines, et cela se voit. James Asher est spécialisé dans la linguistique, et l’évolution de la langue. Il fait donc de nombreuses références aux accents, aux évolutions de la langue anglaise. J’ai apprécié, c’est original comme métier pour un héros. Par contre, malheureusement, je l’ai trouvé un peu fade. Il n’a pas réellement de trait de caractère fort, il est plutôt baladé d’un bout à l’autre du roman, sous la pression, sous les ordres, bref, difficile de s’y accrocher. De plus son passé d’espion au final, ne sert vraiment pas à grand chose.

Le Sang d'Immortalité de Barbara Hambly

De l’autre côté, Ysidro est le stéréotype Lestatien de vampire darkinou, blond, avec un sens moral arrêté. Sympa à lire, mais ça ne révolutionne pas grand chose. La femme de James Asher est tout ce qu’on peut attendre d’un stéréotype : une femme indépendante, bien entendu très intelligente, qui n’aime pas rester à l’écart . Bref, elle est rousse, elle enquête de manière médicale, manquerait plus qu’elle s’appelle Dana (bon, non, elle s’appelle Lydia).

Le roman se veut comme une enquête policière, mais j’avoue avoir été un peu déçue par le dénouement qui m’apparaît un peu tiré par les cheveux et un peu trop gros. Le tout m’apparaît plus comme un prétexte pour entrer dans le monde des vampires et découvrir la vision de l’auteur à ce propos. En soit, cette plongée dans le monde de la bête à croc version Hambly est agréable. Les personnages rencontrés sont tous assez différents, et les vampires sont comme on les aime, on en voit de toutes sortes, de la tête de linotte, au vieux paranoïaque. J’en dirais même que les personnages secondaires ont plus de relief que les héros, c’est un peu dommage. Mais cela permet de renouer avec le monde vampirique et c’est toujours ça.

Le Sang d'Immortalité de Barbara HamblyLe seul vrai point noir de cette partie du bouquin, c’est qu’il arrive que la lecture soit carrément gâchée par la traduction et/ou la forme originale du texte. Les phrases sont alambiquées, souvent tournées de manière tellement étrange qu’il est nécessaire de lire trois paragraphes plus loin pour comprendre qu’en fait, bah non, on avait rien compris. Et ce n’est pas que moi. J’ai fait lire plusieurs passages concernés à dabYo qui est abouti à la même conclusion. Certaines phrases sont tellement construites de manière douteuse qu’elles entravent la lectures et la rendent assez douloureuses par moment. En soit, les structures complexes ne me gênent pas, mais il faut qu’elles soient maîtrisées. On notera aussi sur la fin plusieurs coquilles assez importantes.

Au final, un roman qui me laisse mitigée à cause de ce dernier point. L’histoire et le monde sont sympathiques, mais le style est assez gênant et les personnages m’apparaissent un peu creux. A voir avec le deuxième tome, qui est je le rappelle, intégré au même livre, et qui me fait tout de même envie. Ce n’est pas désagréable, ça se lit et je le recommande si vous êtes en quête de livres de vampires qui ne soit pas de la Bit Lit, mais ça n’est pour le moment pas mon roman vampirique préféré.


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  • Ambre a écrit le 11 avril 2010 à 17 h 18 min:

    POur moi ce roman reste un de mes favoris! Toujours présent sur ma table de chevet tant je trouve qu’il est une réussite. Le point fort: la relation amoureuse platonique si victorienne entre le beau Ysidro et Lydia, chaque souffle entre les personnages se savourent je trouve!
    Félicitations à Mnémos de l’avoir réédité, il en faut la peine!

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