Le Roi d’Ebène de Christine Cardot

dabYo dans Critiques, Livres le 19 octobre 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Le Roi d’Ebène est un roman de Fantasy de Christine Cardot récemment sorti aux éditions Mnémos. Avec sa superbe couverture signée Vincent Dutrait, plutôt originale, difficile de ne pas cerner dès le début l’univers dans lequel on risque bien de plonger : Afrique, savane et grandes plaines quasi désertiques. Des contrées qu’il est plutôt rare de rencontrer dans ce genre littéraire, nous sommes en effet plutôt habitués aux forêts nordiques qu’à la chaleur, et quand bien même le Trône de Fer nous amène dans le désert, c’est toujours loin du folklore africain. C’est donc avec une certaine curiosité que j’ai entamé ce livre, tout en espérant bien y trouver de l’originalité. Synopsis ?

Le Roi d’Ebène de Christine Cardot

Kaïrale est au service de son roi, El Phâ, depuis son plus jeune âge, depuis qu’elle est devenue une sentinelle. Sa mission est de se servir de ses pouvoirs, la plupart du temps des prémonitions, pour aider les autorités à maintenir l’ordre au sein du pays, que ce soit dans des petits villages isolés, ou en plein milieu de la capitale. Elle pourrait être qualifiée de guerrier, mais sa vocation n’est pas de nuire aux autres, seulement de protéger. Cela, jusqu’au jour où son souverain décide de la nommer au rang de Regard Clair.

Notre livre commence avec un prologue somme toute difficile à appréhender en début de lecture, qui va bien entendu prendre tout son sens à la relecture de l’œuvre. Et commence ensuite l’histoire de cette Kaïrale que vous ne connaissez pas encore, et qui sera l’héroïne du roman. Comme d’habitude lorsqu’il s’agit d’un personnage féminin en tant que personnage principale, son caractère est bien trempé, indépendant, bref, somme toute habituelle. Mais ici, cela n’en devient pas pour autant désagréable, et on s’attache plus ou moins à la sentinelle. Le point de vue du roman est généralement centré sur Kaïrale, mais il arrive que l’on en change pour suivre l’un des autres personnages principaux, Gel Ram.

A côté de l’héroïne, nous retrouvons quelques autres personnages, Gel Ram, premier Regard Clair du roi, second des personnages principaux et peut être le plus intéressant. Puis vient d’autres, bien moins originaux, soldat, cuisinier, fille de cours, et enfin, peut être le plus énigmatique, un sourd-muet. Mais qu’à cela ne tienne, le roman ne tient que sur les épaules de Kaîrale, et elle est assez agréable pour réussir la tâche.

Le Roi d’Ebène de Christine Cardot

Si le genre principal est la Fantasy, c’est aussi un roman assez proche de l’enquête policière, voir du Thriller. Une intrigue, qui arrive au fur et à mesure à coup de prémonitions, apparaît en sorte de fil rouge tout au long de notre bouquin, et les éléments au début assez flous sont découverts au fur et à mesure. Notre héroïne est en effet au centre d’une machination aux causes et aboutissants inconnues. A côté de la mission que nous suivrons, elle va aussi enquêter sur cette énigme. Et c’est à ce propos que l’auteur arrive le mieux à nous mener en bateau, et à de nombreuses reprises, notamment grâce au second point de vue que j’évoquais précédemment. Ce dernier nous laisse constamment en doute, notamment grâce à plusieurs interprétations des sens des dialogues échangés.

Cependant, et là où le bât blesse, c’est que la lecture est parfois assez confuse, et m’a laissé un fort sentiment d’incompréhension après avoir lu l’épilogue. Bien que j’ai suivi l’intrigue avec attention, et les différentes remise en question des opinions de chacun, je n’ai pas réussi à comprendre le retournement final, comme s’il manquait un ou deux paragraphes explicatifs, ou mieux, un second roman. Le tout me semblait confus, voir en contradiction avec ce que j’avais cru deviner au début. Et surtout, je n’ai pas eu l’impression que l’épilogue réponde vraiment à la problématique de la machination, bref, c’est un point assez dommage.

Ce défaut étant cité, Le Roi d’Ebène est tout de même une petite bouffée d’originalité en Fantasy. C’est de loin son plus gros atout, et ce qui doit être la principale raison de sa lecture. Les titres avec un héros féminin sont déjà rares, mais ceux où les dragons sont remplacés par des lions et où le magicien de base est un sorcier vaudou encore plus. L’ambiance que créée Christine Cardot grâce à ces éléments est vraiment originale, et bien que le roman soit assez court, c’est suffisamment long pour nous donner un aperçu qui donne envie.Que ce soit les Mains Rouges, ou simplement le système politique du pays, il y a beaucoup de choses qui seraient intéressantes de creuser.

Le Roi d’Ebène de Christine CardotOn en serait presque frustré de ne pas en avoir découvert plus, et j’espère qu’une suite est prévue. Non seulement pour tirer au clair cette incompréhension, mais aussi pour découvrir un peu plus l’univers évoqué. Que ce soit la magie, ou simplement les pouvoirs inhabituels de Kaïrale, le tout est abordé, parfois en détails, mais trop peu souvent assez exploité à mon goût. D’autant que le sentiment de pion sur un échiquier prêt à être sacrifié par les hautes autorités environnantes est vraiment bien retranscrite.

Bref, le Roi d’Ebène est plaisant à lire, mais quelque peu frustrant. Pour un premier roman, c’est tout de même plutôt réussi et la plume de Christine Cardot fait pour moi parti de celles à suivre dans les années à venir. D’autant plus si une suite, qui viendrait corriger le tir, était prévue. A noter que vous pouvez en lire les premières pages sur le site des éditions Mnémos.


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  • Hélie a écrit le 19 octobre 2010 à 11 h 01 min:

    Salut,

    J’ai eu la chance de discuter avec l’auteur lors d’une dédicace à la FNAC de Mulhouse. Il y a bien une suite de prévue :D
    Et c’est tant mieux. Ce bouquin est vraiment génial. (et c’est vrai que la fin est frustrante X/ )

    Hélie

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