Le Mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft

aka oni dans Critiques, Livres le 15 décembre 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Il fallait bien qu’à un moment ou à un autre, je finisse par suivre les conseils de lecture d’if is Dead. Ça fait maintenant environ un an et demi que les propriétaires des lieux me laissent poster mes articles et ça commençait à faire peu sérieux de ne pas suivre leurs conseils de lecture. Aussi ai-je cédé et décidé de lire du Lovecraft, éminent auteur de Fantastique que je ne perdrai pas de temps à présenter.

Le Mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft

C’est L’affaire Charles Dexter Ward qui a été chroniquée dans ces colonnes par dabYo, il y a de cela un bout de temps. Mais le livre sur lequel j’ai mis la main est un petit recueil de nouvelles, Le Mythe de Cthulhu, qui regroupe quelques-unes des plus célèbres nouvelles de l’auteur américain : L’appel de Cthulu, La tourbière hantée, Par-delà le mur du sommeil, La peur qui rôde, La couleur tombée du ciel, et enfin Celui qui chuchotait dans les ténèbres. Un joli panel et une très bonne introduction à l’univers torturé de cet auteur, surtout célèbre pour être le père de Cthulu.

Le synopsis de chacune des nouvelles serait sans doute inutile. Le thème principal est cependant à chaque fois le même, de même que la trame du récit ; un homme, cultivé et très cartésien, se retrouve, par un concours de circonstances quelconque (le narrateur tombe sur des documents laissés en testament dans Le Mythe de Cthulu, soignant au chevet d’un malade dans Par-delà le mur du sommeil, etc.) confronté à des évènements étranges, effrayants et surnaturels. Au premier abord suspicieux, il va découvrir l’ampleur du phénomène et comprend que l’humanité est entourée de forces bien plus phénoménales que ce que le commun des mortels connaît. Cette idée d’une humanité ignorante et dépassée par des forces bien plus puissantes et cachées est fortement présente dans toutes les nouvelles du recueil.

Le Mythe de Cthulhu de H.P. LovecraftLe style lui-même est assez particulier ; les phrases sont lourdes, empesées, un peu ronflantes et il faut avouer que les premières pages ne se laissent pas lire facilement. Lovecraft semble mettre un point d’honneur à rajouter le plus d’adjectifs possible et la lecture n’en est pas facilitée – l’inverse exact d’un Hemingway. Pourtant, l’auteur avait indéniablement un talent certain pour créer des atmosphères particulières. La barrière du style est la plupart du temps vite brisée tant on veut connaître la fin. Si certaines des nouvelles m’ont quelque peu déçu (je pense à La Tourbière Hantée, Par-delà le mur du sommeil et à La peur qui rôde, dont les fins ne m’ont pas vraiment plu), les autres, en revanche, sont magistrales – en particulier la dernière, Celui qui chuchotait dans les ténèbres, dont l’intrigue est amenée, développée et achevée avec brio. La fin est magistrale.

Lovecraft semblait influencé par Edgar Allan Poe, autre auteur de romans sombres (qui vécut quelques décennies avant lui), d’après ce que j’en ai lu, et effectivement, cela se ressent, non pas au niveau du style – celui de Poe était mieux maîtrisé, et de toute façon assez différent –, mais au niveau de l’atmosphère générale. Il y a indéniablement des ressemblances indéfinissables entre les ambiances développées par les deux auteurs.

Pour conclure, même si certaines des nouvelles ne sont pas fantastiques, elles restent de bonne facture et lire Lovecraft est de toute façon un bon moment. L’histoire accroche le lecteur et le pousse à continuer pour connaître le dénouement. Un auteur « classique » qui a de bonnes raisons pour l’être !


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3 commentaires, donnez votre avis !
  • Guillome a écrit le 18 décembre 2010 à 10 h 49 min:

    je viens aussi de découvrir (enfin) Lovecraft avec les nouvelles du mythe de Cthulu ! impressionné !

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  • Vladkergan a écrit le 19 décembre 2010 à 11 h 24 min:

    Un auteur intemporel, dont la production reste encore aujourd’hui incontournable pour tous les amateurs de fantastique. Rares sont en effet les auteurs à avoir suscité autant de vocations et de suites, comme le prouve la place prise par les papiers du Lovecraft club dans mythe étendu.

    Rares sont les auteurs a avoir posé les bases d’un univers étendu aussi riche, aux confins de la SF, du fantastique et de l’auteur, riche en lieux, personnages et créatures emblématiques.

    Je ne saurai que trop conseiller l’achat des 3 intégrales de chez Laffont (Collection Bouquins) aux amateurs.

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  • Aya a écrit le 21 décembre 2010 à 20 h 45 min:

    Effectivement tu ne peux pas dire que tu as lu de la SF si jamais tu n’as lu du Lovecraft. Il a laissé son empreinte sur la plupart des univers actuellement développé que ce soit en jeux vidéos, plateaux, cartes etc etc.
    Cependant je trouve bien que tu mettes en avant le fait que lire du Lovecraft bah c’est quand même pas aisé au début. Il a un style très pompeux et surbourré de qualificatifs rendant n’importe quelle description à la limite du nauséeux. Attention j’adore Lovecraft, mais je le compare un peu à Tolkien dans le sens où il faut les connaître, il faut avoir lu leurs oeuvres mais il faut aussi reconnaitre que nom d’un chien c’est parfois un calvaire à lire et on se demande ce qu’il y avait à comprendre dans cette longue phrase de trois lignes XD

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