Nous vous avons déjà parlé de Stéphane Soutoul a plusieurs reprises. En effet, j’ai particulièrement aimé les nouvelles que j’ai pu lire dans les recueils Or et Sang puis Sorcières et Sortilèges. La sortie de son premier roman, une novella aux éditions du Petit Caveau était donc attendue avec impatience. Ce premier roman marque aussi le début d’un cycle qui va suivre la famille de Lacarme, Le cycle des âmes déchues. Synopsis ?

Le Mal en la Demeure, Le cycle des âmes déchues Tome 1, de Stéphane Soutoul

Gerard de Lancarme, niçois de son état, se rend en Allemagne sur demande de son père. Un ancien ami de la famille a fait appel à leurs services. En effet, les de Lancarmes sont des experts en occultisme, et plus précisément en nosferatus. Et le manoir Kraemer est touché par des évènements bien étranges. Gerard qui pourtant préfère rester dans ses livres, va devoir régler ce problème en évitant de se perdre dans les beaux yeux de Marion Kraemer.

Tout d’abord, un petit mot sur la couverture réalisée par Cécile Guillot. Bien que très jolie, elle n’est absolument pas représentative du livre. Sans lire le résumé, je m’attendais plutôt à des vampires modernes, notamment à cause du costume très contemporain du personnage. En tout cas, absolument pas à de l’Allemagne de la fin XIXème siècle ! Un point sur lequel il faudra faire plus attention pour le second tome du cycle d’après moi.

Bon, j’avoue je commence par la couverture, car il faut toujours commencer par les points négatifs, et que je dois vous avouer que je n’en ai pas des masses à reprocher à ce roman. Bon, roman, c’est beaucoup dire. C’est une novella comme je l’ai dit plus tôt, car il n’y a que 135 pages et que l’intrigue principale s’arrête à la page 100. On pourrait croire que cela se lit vite, mais pas tant que ça.

Stéphane Soutoul

Stéphane Soutoul

Le style de Soutoul est précieux, très descriptif, et somme toute très romantique. Alors on prend son temps et on se laisse porter par le rythme relativement lent de l’ouvrage. Attention, lent n’est pas péjoratif. C’est un rythme contemplatif, qui est d’ailleurs commun dans le courant romantique ou gothique. Car Romantique et Gothique, le livre l’est. Le mal en la demeure ne dépareille pas à coté d’un Carmilla ou d’un Dracula. On retrouve le même genre d’ambiance de la fin du XIXème, la beauté des toilettes, la précision des décors.

Alors certes, certains verront là des personnages stéréotypés et des situations trop clichées aux sentiments exacerbés. Pour moi c’est directement un hommage à la littérature de cette époque, mais si vous n’aimez pas le genre, n’allez pas plus loin. Je me suis pour ma part attachée aux personnages, surtout à Marion, à la fois belle et tragique. Son personnage est d’ailleurs très intéressant car tellement double, on ne sait pas trop sur quel pied danser avec elle.

Le principe de la série est intéressant. On va suivre divers membres de la famille, à priori de manière étendue dans le temps. Ici l’intrigue est menée avec délicatesse, les éléments s’emboitent, et bien qu’on devine rapidement qui est le vampire, ça ne dérange pas du tout. On suit avec intérêt, l’histoire est très fluide.  Le récit est tout en contraste, faisant naitre de nombreux sentiments, jouant sur les nuances et sur un vampirisme très classique alliant élégance et horreur.

La nouvelle ne révolutionne certes pas le genre, mais c’est un hommage vibrant à la littérature du XIXème siècle, des vampires très classiques qui ne manqueront pas de séduire les fans. On devine plusieurs évènements à l’avance si tant est qu’on ait l’habitude des livres du genre. Du fait que le roman soit écrit à notre époque, c’est finalement bien moins sulfureux qu’une Carmilla. Cependant, j’ai été charmée.

Le Mal en la Demeure, Le cycle des âmes déchues Tome 1, de Stéphane SoutoulContrairement aux autres avis que j’ai lus, j’ai trouvé la deuxième partie qui occupe les trente dernières pages moins intéressante, peut être moins cliché bien sur, mais l’ambiance était moins sombre, moins prenante.

En tout cas si vous aimez la littérature vampirique, cette novella écrite par Stéphane Soutoul ne vous décevra pas. Et si vous êtes fans de Twilight, c’est là l’occasion idéale de découvrir autre chose (et ce que sont les vampire). Bref, indéniablement, un cycle à suivre et que je vous recommande chaudement. Et pour ceux que ça intéresse, un interview sur Vampirisme.com est disponible.


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4 commentaires, donnez votre avis !
  • MilieWB a écrit le 10 juillet 2010 à 15 h 42 min:

    Bonjour!!
    J’avoue partager votre avis sur le style aérien de Stéphane, mais pas sur la couverture. Le personnage de la couverture ne me semble pas moderne mais plutôt intemporel.
    Comme un message au lecteur qui dirait: l’histoire se passe à cette époque, mais ne sera pas engonsée dans le corset parfois oppressant du XIXème.
    Moi je la trouve très pertinente au contraire.
    Ce n’est que l’avis subjectif d’une lectrice intéressée!
    Tous les goûts sont dans la nature!
    Bonne continuation!

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  • Seraf' a écrit le 10 juillet 2010 à 17 h 22 min:

    Le personnage de la couverture a clairement des bretelles de soutien gorge apparentes. Ce qui, si ma mémoire est exacte, sont des vetements très modernes. Alors oui, je suis un peu une intégriste du costume, je ne le nie pas.
    Sans forcement aller jusqu’au corset, je pense qu’un personnage en habit d’époque aurait été plus judicieux.

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  • MilieWB a écrit le 10 juillet 2010 à 18 h 32 min:

    Qu’avez-vous pensé des costumes du film Dracula de Coppola?
    Parce que je ne les trouve pas d’époque, et pourtant, ils ont permis de remettre au goût du jour une histoire qui était devenue désuette, sans toutefois la transposer dans l’époque moderne!
    Quant à la couverture, je trouve que c’est un bon compromis entre hier ( les perles, la fleur dans les cheveux…) et aujourd’hui ( le traitement effet photo). Il est vrai que les vampires sont sensés traverser les époques.
    Et finalement, après un tour sur WIKIPEDIA, les fines bretelles style soutien-gorge apparaissent dès 1790 sur les corsets, elles ont d’ailleurs fait la part belle aux fantasmes masculin à la belle époque.
    Vous et moi sommes la preuve que toute oeuvre aura toujours ses détracteurs mais aussi ses admirateurs!
    A bientôt!

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  • Seraf' a écrit le 10 juillet 2010 à 19 h 03 min:

    Haha, aborder Dracula de Coppola m’est difficile, j’ai proprement detesté le film et je ne garde qu’un vague souvenir de la garde robe qui ne m’a pas marquée plus que ca.
    Après tout est question de gout, mais je mainiens que les bretelles de soutif (avec le rond pour regler etc.) n’existaient pas. Apres, oui, je suis pointilleuse sur les costumes a la base, mais la surtout ca m’a induit en erreur quant au contenu de l’ouvrage, ce qui est quand meme dommage (et apparement, je ne suis pas la seule :/)

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