Le livre des choses perdues de John Connolly

Aya dans Critiques, Livres le 23 février 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Le livre des choses perdues est un roman de l’irlandais John Connoly que je connaissais de nom pour ses romans Thriller. Cette version éditée par J’ai Lu est illustrée par Perdita Corleone, choix que je trouve regrettable au vu du résultat. Par ailleurs le bas de la couverture est orné d’un gros bandeau rouge indiquant fièrement  « Grand prix de l’imaginaire 2010 » et « Prix imaginales 2010 », ce qui a tendance à vraiment me rebuter. Alors, à tort ou à raison ? Synopsis.

Le livre des choses perdues de John Connolly

En Angleterre, alors que débute la seconde guerre mondiale et les bombardements, la mère du jeune David tombe malade. Pour lui changer les idées, le garçon lui lit des contes. A sa mort, n’acceptant pas Rose,  la nouvelle amie de son père, le garçon semble perdre pied et se réfugie dans les livres qu’il finit par entendre parler. Alors qu’il a du emménager dans la maison de campagne de Rose et qu’un demi frère naît, les troubles de David augmentent et il aperçoit même quelqu’un d’inquiétant dans sa chambre. Une nuit, entendant la voix de sa mère défunte et cherchant à la rejoindre, il entre dans un monde onirique où les contes ne sont pas ce que l’on croit.

Je veux bien croire que mon synopsis ne rend en rien honneur au contenu de ce roman. Car si le début et la mise en place de l’aventure de David peuvent sembler longs, il est presque impossible de ne pas se sentir littéralement happé par cette histoire. Difficile aussi de ne pas s’attacher à cet enfant qui; ne réussissant pas à surmonter la mort de sa mère et se sentant exclu de la nouvelle cellule familiale, s’échappe à travers les histoires qu’il lit. Alors qu’il semble au début souffrir de troubles mentaux, on finit par le suivre de manière totale dans son univers onirique. J’avais commencé le roman sans conviction, et je l’ai au final littéralement dévoré, me sentant même frustrée lorsque je devais faire des pauses dans ma lecture.

Le livre des choses perdues de John Connolly

L’univers onirique est brillamment décris au travers d’une série de tableaux à l’esthétique qui rappelle forcément Lewis Caroll par son côté sombre et torturé. Les contes de notre enfance sont repris et revisités avec un cynisme particulièrement drôle. Une mention tout à fait spéciale à la version de Blanche-Neige et les sept nains qui à elle seule vaut le détour ! Cependant le point fort de ce roman qui se présente comme un conte et débute avec un brin de moquerie par « il était une fois » est qu’il arrive à nous faire passer sans fausse note du fou rire au frisson total, en l’espace de quelques pages. Les personnages décrits sont tous fouillés et représentent les thèses et antithèses de ce que l’on trouve habituellement dans les contes. Certes le chevalier est grand, beau et fort mais il n’est pas parfait et certainement pas infaillible. John Connoly a su créer des personnages oniriques dans un univers surréaliste qui se révèlent profondément humains dans leurs défauts et leurs faiblesses.

Le livre des choses perdues de John ConnollyOn suit donc le jeune David au travers de sa quête initiatique pour retrouver sa mère et on se heurte comme lui aux faux semblants et à l’incarnation de nos terreurs primaires. Du grand méchant loup à la mort brutale et violente , tout y passe.  Alors que ce livre commence comme un conte, il en désacralise tous les principes et renverse toutes les règles. Pas de happy end, pas de princesse sauvée, aucune règle morale et aucune façon d’échapper à sa peur si ce n’est en la combattant.

Le livre des choses perdues a été une véritable plongée en apnée, et en ressortir à été très difficile. Sans aucun doute ma meilleure lecture depuis quelques années et à coups sûrs un de mes livres désormais cultes. Je ne peux que conseiller à chacun de le lire et être déçue qu’il ne soit pas beaucoup plus long. Encore.


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4 Comments, donnez votre avis !
  • Plume a écrit le 23 février 2011 à 20 h 44 min:

    Je l’avais lu aussi (un livre voyageur que j’ai eu bien du mal à remettre à la poste !!) et j’avais adoré !

    Il existe une version adulte et une jeunesse un peu moins sombre, je ne sais pas laquelle des deux a été éditée en poche et donc celle que tu as lu (mais je suis d’accord la couverture n’est pas engageante pour la version poche)

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  • Lou a écrit le 25 février 2011 à 11 h 07 min:

    Personnellement j’adore la couverture *__*
    Et j’adore ton ressenti face à ce bouquin, dont je connaissais l’auteur mais que de nom.
    Il n’ets donc pas impossible que ce livre rejoigne ma PAL d’ici peu =D

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  • BlackWolf a écrit le 27 février 2011 à 23 h 58 min:

    J’ai lu ce livre il y a pas longtemps et moi aussi j’ai adoré ma lecture. Un excellent roman mélange de magie et de frissons.

    Content qu’il t’ai plu aussi.

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  • Aya a écrit le 3 mars 2011 à 10 h 24 min:

    @ Plume je ne savais pas qu’il y avait une autre version mais je suis certaine d’avoir lu celle pour adultes XD (sinon c’est que vraiment la section jeunesse n’est plus ce qu’elle était)

    @ Lou bah je t’avoue que déjà la grosse bande rouge en bas me gâche tout l’effet un peu « dark » de l’illustration (qui elle seule vue sur le site de l’illustrateur rend bien mieux). Mais je réitère qu’il faut lire ce bouquin absolument génialissime

    @ Blackwolf j’avoue que je n’avais pas ressenti ça avec un livre depuis longtemps, c’est officiellement devenu un de mes livres de chevet :)

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