Le Huit de Katherine Neville

illman dans Critiques, Livres le 14 août 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Le Huit de Katherine Neville est un roman publié en 1988. C’est le premier de cet auteur et on se retrouve ici face à un Thriller post-moderne à tendance historico-mystico-rocambolesque contenu dans un pavé de pas loin de 1000 pages. On est jamais à l’abri de bouquin qui ne nous plaisent lorsqu’on fait un random pour sa liste de challenge ABC. Un petit synopsis pour comprendre ma douleur…

Le Huit de Katherine Neville

Un jeu d’échecs aux origines étranges avait été donné à Charlemagne par des Maures pendant son règne. Mais ce jeu semble recéler un lourd et terrible secret. Son nom, le jeu Montglane. Nous suivrons le destin de deux femmes séparés de 200 ans. Mireille, une jeune religieuse française du couvent de Montglane au moment de la révolution française, et Catherine Velis une Mary-Sue ?!? ou un manque d’inspiration, informaticienne américaine dans les années 70. Elles vont se retrouver impliquées contre leur gré dans une partie d’échecs mortel, une partie qui va les mener jusqu’à une contrée mystique, l’Algérie.

Pour la suite, on va dire que c’est « Bienvenue au pays des coïncidences coïncidence« . J’ai rarement vu ça, j’ai eu l’impression dans certains passage de lire deux fois la même chose, à une différence près, cela se passait à 200 ans d’intervalle. Et ça, sur un bouquin aussi long, c’est frustrant. Cela nous amène à un autre problème, le manque quasi total de suspense. Je ne me suis jamais senti surpris par la tournure des évènements. Seules 2 ou 3 petites révélations sont venus ponctuées pour moi la fin de ce roman.

Katherine Neville

Katherine Neville

Venons en au rythme du roman, c’est lent. La première partie des tribulations de Catherine à New York  sont d’une telle lenteur qu’inconsciemment je crois bien que j’en ai lu des pages en diagonale. Certains me rétorqueront qu’il y a de la fusillade, de la course poursuite (à pied), et je répondrais que ça ne m’a pas empêché de caler. Heureusement, une fois débarqué en Algérie, on passe de la trottinette à la décapotable et c’est tout de suite plus agréable à lire. Cela représente un bon tiers du livre, yeah de l’action, enfin. Cette partie est franchement un cran au dessus du reste du roman et est dépaysante. On  découvre une Algérie pleine de mystères et fascinante au travers des différentes ethnies qui la peuplent. A mon humble avis, c’est le meilleur passage du bouquin même s’il ne suffit pas pour rattraper le reste.

Un petit truc que je n’ai pas trop aimé au niveau des personnages, c’est qu’ils sont plutôt stéréotypés, entre par exemple, le génie de l’informatique qui ne laisse pas de trace de lui, et le russe balaise qui bosse avec  le KGB. Sans compter notre héroïne, une femme forte qui s’assume mais dont on a l’impression qu’elle est plutôt lente à la détente.

Concernant les passages pendant la révolution françaises, l’auteur se sert d’évènements réels pour introduire les éléments de son histoire qui sont  plutôt bien intégrés. Malheureusement, ces passages m’ont laissé une impression étrange, comme si ils avaient été écrits à des périodes différentes. Cela nuit à la fluidité du récit vu qu’ils sont intercalés entre chaque phase se déroulant dans les années 70.

Le Huit de Katherine NevilleMention spéciale à la partie d’échecs du russe Solarin où l’auteur a su rendre ce sport cérébral dynamique. D’ailleurs, en parlant d’échecs, qui est le thème centrale du livre quand même, on sent une très forte recherche documentaire à ce sujet avec notamment des citations de personnages célèbres et de grands maîtres à leur propos entre les chapitres. Un plus indéniable pour se plonger dans le livre, et aussi très intéressant quand on est à la recherche de phrases toutes faites pour paraître intelligent en société.

Je peux difficilement conseiller ce livre, il faut plutôt en vouloir pour le finir et à posteriori, je me serais bien passé de sa lecture. A la limite, si vous cherchez une autre vision de l’Algérie, magique et envoutante, et que vous ne vous endormez pas sur la partie se déroulant à New York, pourquoi pas. Les bons passages ne contrebalancent pas suffisamment les mous du genou pour moi. Un comble pour un Thriller en fait. M’enfin bon, c’est peut être que je suis trop habitué à lire des romans sous stéroïdes. A savoir aussi, apparemment une suite est sortie, The Fire, mais franchement vu comment celui-ci finit je ne vois pas trop de quoi elle pourrait parler, et je me vois surtout mal la lire.


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