Le Fléau des Morts de Z.A. Recht est un roman typé Horreur, paru en 2010 aux éditions Eclipse et traduit par Fabrice Joly. La version originale date de 2006, c’est le premier tome de la série Le Virus Morningstar, titré Plague of the dead en version originale. Cette série compte deux volumes, et il n’y en aura pas plus l’auteur étant malheureusement décédé en 2009. Quid de ce roman donc ? Synopsis.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. Recht

Un virus apparait en Afrique, il passe au début pour une percée du cannibalisme vers les zones urbaines avant de se répandre comme une sorte de rage qui a la particularité de ramener les infectés à la vie si on les dézingue. La menace, pourtant connue des services secrets américains, a été une fois de plus sous-estimée et c’est au monde entier que l’infection va se propager.

Durant le roman on va suivre deux groupes de protagonistes. L’un a pour tête de file une scientifique qui a identifié la maladie avant tout le monde. Dans ces parties, c’est au gouvernement américain que la critique s’attache: jusqu’où peut on cacher des informations au public ? Le gouvernement peut il avoir recours aux pires bassesses si c’est dans l’intérêt de la nation ? On retrouve dans cette partie des séances en cellule avec torture à la clé, ça reste soft, mais quand même. Alors même que le monde s’écroule sur ses fondations, il y a bien un truc qui ne bouge pas de ses racines, inébranlables, les institutions gouvernementales. A vrai dire, cela ne me surprendrait pas si cela se passait ainsi alors qu’une catastrophe du genre arrivait. L’autre groupe est résolument plus tourné vers l’action. C’est un groupe de soldats que l’on va suivre de la bataille de Suez jusqu’à leur retraite sur les côtes américaines.

Durant ces passages là, ça défouraille du zombie en masse et Z.A. Recht se débrouille plutôt bien pour décrire les séquences de combats. C’est fluide, compréhensible malgré un grand nombre de « figurants », et surtout haletant. Une vrai fuite en avant où la logistique, surtout son absence, est une menace à part entière. Munitions, nourritures, transports, tout devient problématique et les difficultés sont gérées efficacement par la narration de l’auteur. A tel point que l’on a peur que nos personnages vident leurres dernières cartouches au beau milieu d’une fusillade, haletant comme je l’ai dit.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. Recht

Parmi les nombreux personnages, un m’a vraiment marqué. C’est l’un des soldats, qui pour les connaisseurs, a des allures de Caporal Blutch des tuniques bleues. C’est sans doute celui qui a le comportement le plus humain de la bande, pas spécialement courageux mais un peu inconscient et totalement dépassé par les évènements, c’est celui auquel on peut le plus facilement s’identifier. Les protagonistes stéréotypés sont bien sûr présents, le général paternaliste, la journaliste fouineuse, et j’en passe. Au rang des personnages atypiques, on retrouve un garde de sécurité d’un aéroport d’Afrique qui va rejoindre le contingent de soldats et qui fait un peu renfort et mascotte. Il n’était jamais sorti d’Afrique avant et c’est un œil nouveau qui découvre le vaste monde, bien sympathique donc.  Une galerie de personnages qu’on prend plaisir à suivre dans leurs tribulations.

L’ambiance fin du monde n’est pas spécialement mise en avant, les protagonistes passant par des zones plutôt désertiques, on n’a pas le droit aux habituelles scènes de destruction urbaines à grande échelle. Ça a au moins le mérite de nous changer. Le passage sur le porte-avion s’en sort plutôt bien niveau claustrophobie, avec un huis clos assez stressant pour les participants. Les « zombies » sont aussi différents des habituels. Au lieu d’un virus qui tue et ranime ses victimes avec des pulsions cannibales, la maladie s’attaque aux vivants en une sorte de rage que la mort n’arrête pas. Ça donne des séquences plus action qu’avec des zombies classiques vu que les vivants peuvent courir.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. RechtComme je l’ai dit en introduction, Le Virus Morningstar est une série qui compte deux volumes. Les perspectives d’évolution de l’histoire laissent à penser que le prochain tome sera un road-movie à base de survie en territoire infecté. Ce qui n’est pas franchement une perspective réjouissante, je trouve, niveau histoire, mais attendons de voir ce que Z.A.Recht nous a préparé.

Bien que ce ne soit pas le meilleur roman de zombies que j’ai pu lire, Le Fléau des Morts est tout de même un bon roman, que j’ai apprécié et que je conseille. Si comme moi vous êtes dans une période ultra-Zombies, c’est idéal pour compléter votre collection. Pour ceux à qui les débordements d’héroïsme, poussant parfois au sacrifice, donne des renvois, je vous conseillerai d’éviter ce roman. De même si vous ne supportait pas l’américanisme de base.


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2 Comments, donnez votre avis !
  • mallou a écrit le 11 février 2011 à 18 h 52 min:

    J’ai beaucoup apprécié l’atmosphère du livre, et les scènes de combat humain/zombie. Pas trop gore mais très prenantes :)

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  • Alek a écrit le 21 mars 2012 à 6 h 44 min:

    bon livre néanmoins pas mal de choses m’ont interpellé. Sans irrespect on sent bien que c’était son premier roman.

    Pour les moins:
    – les personnages manquent cruellement d’impact sur la situation, on sent qu’ils renferment des personnalités distinctes mais trop peu de moment leur donnent l’occaz de le montrer. Tout le monde rentre dans le rang finalement. Ce n’est pas une histoire qui met les persos en valeurs. Le seul perso qui m’a vraiment intéressé est Brewster.
    – On ne sent pas suffisamment l’ampleur de la situation durant une bonne moitié de roman.
    – pour les frissons il faudra repasser, à part 2 ou 3 scènes.
    – Des coquilles (mais bon ça c’est la trad) mais aussi de petites incohérences dans la narration et le dialogue ( ce compte sur les doigts d’une main mais interpelle si on les remarque bien sure, sans gravité dans l’histoire néanmoins)

    Pour les plus:
    – le déroulement de l’histoire est très bien ficelé
    – une narration simple qui ne s’encombre pas de détail décoratif (un peu trop d’ailleurs justement)
    – un finish vivant

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