Le Coup du Cavalier de Walter Jon Williams

illman dans Critiques, Livres le 19 novembre 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Le Coup du Cavalier est un roman de Science Fiction de Walter Jon Williams paru en langue originale en 1985. C’est en 2010 que le roman atteint nos contrées sous l’égide des éditions l’Atalante. On apprécie que l’auteur n’ait pas succombé aux sirènes des séries et qu’il nous gratifie ici d’un ouvrage du genre ma foi fort intéressant. Avant de commencer ma lecture, je flippais un peu après avoir lu la critique de Ceci n’est pas un jeu de Seraf’, roman du même auteur. Partons sur de bonnes bases et venons en à l’histoire de ce morceau de futur. Synopsis.

Le coup du cavalier de Walter Jon Williams

L’humanité a réalisé deux de ses rêves, l’énergie illimitée par le biais de réacteurs spéciaux, les Falkners, du nom de leur inventeur et l’immortalité.  Le nouvel objectif à atteindre maintenant que les étoiles sont peuplées, c’est de les rendre accessibles rapidement pour le commerce, les déplacements, etc… Et quoi de mieux pour y parvenir que la téléportation. Alors lorsque des bestioles sur une planète lointaine font mine de pouvoir se mouvoir de manière instantanée entre des points éloignés, une expédition scientifique, nommée le coup du cavalier, est montée. Elle regroupe les plus grands scientifiques de ce temps.

Vous vous en doutez, ce sont ces scientifiques que l’on va suivre et plus particulièrement, les physiciens. Mais le moteur du roman, ce n’est pas cette épopée de chercheurs, c’est la romance qui existe entre deux de ses protagonistes. Je sais qu’au travers de mes précédentes chroniques j’ai donné l’impression d’exécrer ce genre de relation entre les personnages, mais c’est surtout la mièvrerie et le neuneu-isme que je ne supporte pas. Ici, ce n’est pas niais, la question qui anime cette relation repose sur la notion d’immortalité. L’un a subi le traitement pour vivre éternellement et l’autre est une Irréductible qui l’a refusé. Dans ce cas là, refuser le traitement est il un suicide ? Peut on regarder l’autre mourir alors qu’une solution existe ?

Frank Kafka écrivait « L’éternité, c’est long… Surtout sur la fin« , car oui, l’éternité c’est long, les deux camps ont leurs points de vue et les personnes traitées doivent commencer à être un peu maboul de tout ce temps d’ennui qu’ils ont à occuper. Parce l’ennui est bien présent, le héros, Doran, trompe son ennui dès le début du roman en surveillant une expérience qui court depuis un paquet de temps.

Knight Mooves of Walter Jon Williams

La couverture originale

Rayon personnage, Doran Falkner est un scientifique misanthrope, qui a déclenché les révolutions scientifiques dont l’humanité a bénéficié. L’ennui est palpable chez lui et du haut de ses quelques 800 ans, il me fait penser au Francis Sandow de Roger Zelazny dans L’île des morts. Ses découvertes lui ont été soufflées à l’oreille par un extra terrestre qui a l’obsession des fouilles archéologiques, il est très vieux et on sent comme une tentative d’illustration de ce que pourrait devenir les humains avec l’immortalité. Mary est une Irréductible, personnellement je trouve que c’est une cheateuse, puisqu’elle a passé un sacré bout de temps en hibernation. Doran et elle étaient amants dans le passé, c’est la réunion de ce couple qui va faire avancer l’histoire. Autour d’eux graviteront des protagonistes qui ont plutôt tendance à courir après Mary, le panel allant du scientifique fou en passant par l’administrateur froid. Je ne pouvais pas passer à coté des Lugs, ces fameuses bêtes herbivores qui se téléportent, ça donne un peu dans le documentaire animalier à un moment, ça apporte un petit coté frais.

Le style de l’auteur est assez fluide, il nous épargne les explications scientifiques compliquées et ne part jamais dans des phrases alambiquées. Par contre, ça sent le vieux, je ne veux pas dire que ça accuse son âge mais même sans connaitre la date de parution du roman, je me doutais qu’il datait quand même de quelques années déjà. C’est peut être mon imagination ou le fait que le thème semble passé de mode aujourd’hui. D’un autre coté, c’est une remarque, pas une critique, il demeure bien écrit et agréable à la lecture dans la traduction de Patrick Dusoulier.

Le coup du cavalier de Walter Jon WilliamsChez les éditions l’Atalante, on fait parfois dans le binaire. Soit les couvertures sont superbes soit elles sont bizarres. Celle de Genkis pour ce roman tombe malheureusement dans la seconde catégorie. Ça rebutera les personnes qui jugeront bêtement les romans à leur couverture, dommage.

Avec Le Coup du Cavalier, on s’engage sur de la bonne Science Fiction, pas de doute là-dessus. A lire pour les fans du genre, lorsque ce dernier sent bon l’inconnu et la réflexion sur l’immortalité. Dans la même veine, je vous conseille L’îles des morts de Roger Zelazny.


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  • Larouette a écrit le 25 janvier 2011 à 17 h 52 min:

    J’ai beaucoup aimé ce livre, son côté « démodé » ne m’a pas gêné.
    Et si je n’avais pas eu des raisons autres de le lire, j’avoue que je l’aurais lu seulement pour la couverture !
    Bon, la jolie petite bête ne correspond à rien dans le livre (les pseudo-kangourous auto-transportables sont plutôt moches, non ? ), mais l’illustration me plait beaucoup. Je la trouve belle et attrayante.
    Bien sûr, il est fort possible que je ne sois pas, justement, dans le lectorat cible !

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