Le Chevalier Errant de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 3 avril 2009, avec 4 commentaires
Critiques

Il y a quelques semaines déjà je finissais le tome 12 du Trône de Fer, dernier tome français sorti, mais surtout dernier tome à être écrit. Il n’était pas franchement excellent pour un Trône de Fer, il fallait donc absolument que ma flamme pour cette série se ravive avant l’arrivée du Tome 13, qui n’est pas prévue avant longtemps. Sans quoi je risquais fort d’en garder un mauvais souvenir, l’attente ne faisant que l’empirer. Pour cela, J’ai Lu a eu la bonne idée de publier deux nouvelles qui sont des Préludes au Trône de Fer. Enfin, la bonne idée… Le tome est sorti il y a bien un an chez Pygmalion, et vu l’envie qu’il me donnait, il était évident que j’allais craquer dès sa sortie poche.

Le Chevalier Errant de George R.R. Martin

Les Préludes au Trône de Fer est donc un recueil de deux nouvelles qui se passent, grosso modo, une bonne quatre-vingt-aine d’années avant les évènements qui nous sont relatés dans la série. Je ne sais pas si il y en aura d’autres, je pense que si, je considérerai donc qu’il s’agit là d’une série en parallèle et non d’un livre unique. Aussi, comme je souhaite faire durer un maximum le plaisir d’ici octobre prochain, date à laquelle est supposé sortir outre Atlantique le tome 13 du Trône de Fer, j’ai décidé de ne lire que la première nouvelle, d’une centaine de pages tout de même, Le Chevalier Errant.

Vu la taille, je ne vous ferai pas de synopsis, de plus, le quatrième de couverture en dit bien trop, limite de quoi gâcher complètement cette première nouvelle. Enfin, c’est pas comme si on était pas habitué. Nous sommes donc des années avant le Trône de Fer, et c’est sous l’égide de la maison Targaryen que nous rencontrons notre héros, tout juste promu d’écuyer à chevalier. Sauf que son maître n’était rien d’autre qu’un Chevalier Errant, et qu’il n’est pas facile de se faire une place dans le haut monde, lorsqu’on n’a aucune naissance et que personne ne vous connaît.

A dire vraie, cette nouvelle tranche beaucoup avec ce dont on a l’habitude de lire chez George R.R. Martin. Non pas que le style soit différent, non pas que l’histoire soit inintéressante, mais parce que l’on se retrouve un peu de l’autre côté. On prend tellement l’habitude des grandes guerres entre les maisons, des luttes de pouvoirs et coups bas entre les différents personnages, que l’on en oublie vite que chaque homme n’est pas qu’un simple pion, mais bien une personne à part entière. Avec le Chevalier Errant, Martin tente de se rattraper et de nous rappeler quelques unes des valeurs que l’on oublie bien trop vite…

Et que l’on n’est pas les seuls à oublier, visiblement, puisque l’auteur tente de montrer à quel point certains Chevaliers oublient bien vite les vœux qu’ils avaient formulés, et que seul leurs propres avantages ne les intéresse. Est ce là une tentative de critique des chevaliers du Moyen Age qui oubliaient bien souvent la défense de la veuve et de l’orphelin ? Ma foi, peut être. Ceci dit, sa vision n’est pas toute noire, mais grise, et certains personnages finiront par montrer qu’il n’y a pas que des pourris partout.

Le Chevalier Errant de George R.R. Martin

C’est aussi l’occasion pour nous de revoir peut être certains des préjugés que l’on avait sur la maison Targaryen, bien souvent stigmatisée comme un fléau dans le Trône de Fer, à cause notamment d’Aerys II, dit le Fol. Ce revirement n’est pas sans rappeler les évènements présentés dans les Tomes 10 à 12 du Trône où l’on commence enfin à s’intéresser à la partie des vaincus de la rebellion menée par Robert Barathéon. On est donc bien loin de l’opposition Gentils (Ned et Robert) contre Méchants (les Targaryen), et il n’y a pas à dire, ça fait du bien.

Et sinon, la nouvelle, elle est bonne ? Et bien, j’ai envie de dire oui. Même si je suis bon public, et que le côté Fanboy de l’univers a sans doute joué, car on apprécie forcemment de découvrir les terres des années plus tôt et de comprendre des petites choses, vaguement relaté dans la série principale. Sauf que ça ne s’arrête pas là, les deux protagonistes principaux sont tout de même attachants, et bien que le scénario ne casse même pas une patte à un canard, il reste agréable à lire et à suivre. Le dénouement étant, comme à l’accoutumée, cruel.

Bref, Le Chevalier Errant m’a beaucoup plus, et c’est une introduction parfaite au style de l’hauteur. On est loin du niveau du premier tome de la série, mais ce dernier vous permettra de vous familiariser avec Martin, sans pour autant être perdu par une multitude de lieux, héros et opinions différents. Maintenant, j’ai plus qu’une envie: lire l’Epée Lige, la deuxième nouvelle du recueil. Mais je me suis promis de ne pas le faire avant Juin !


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4 commentaires, donnez votre avis !
  • Kameyoko a écrit le 3 avril 2009 à 8 h 41 min:

    Comment peux-tu penser rester sur une mauvaise opinion du « Trône de Fer »?. Ok il me semble que le 12 n’était pas le meilleur tome, mais le reste c’est génial. J’attends la suite avec impatience. Ce qui m’ennuie c’est de devoir reprendre quelques tomes avant d’attaquer le 13 (quand il sortira).

    Pour en revenir à ces deux histoires, je ne sais pas pourquoi mais je suis moyennement motivé à les lire. J’ai peur que ça casse le mythe de Martin.

    J’ai souvent un apriori négatif sur les préquelles de grandes sagas. Par exemple je n’ai pas lu les Polgara et Belgarath, préquelles de la Belgariade d’Eddings. Je n’ai même pas commencé les Aventuriers de la Mer de Hobb (pas eu le temps et puis le coté marin me fait un peu peur).

    Quand j’aurais fini mes lectures prévues, je me laisserai peut être tenter en attendant le volume 13

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  • dabYo a écrit le 3 avril 2009 à 8 h 54 min:

    Kameyoko > J’ai trouvé une réelle baisse de qualité dans les 10-11-12. Ca reste excellent, mais pas au même niveau que le 8-9 par exemple, ou que l’envolée du 1-2-3.

    Si je m’étais arrêté au 4-5-6-7 par exemple, pendant un ou deux ans je pense que j’aurai vraiment eu moins envie de lire la suite… Comme c’est le cas pour le 10-11-12. Je sais pas, il a manqué quelque chose qui fait que j’ai l’impression que ça traine en longueur…

    Je sais que Martin a besoin de temps pour placer ses pions, etc, je suis sûr que je ne serai pas déçu, mais voilà, ça me laisse un petit goût amer.

    T’as peur de quoi avec les préquelles ? Je peux toujours te dire si oui ou non tu devrais les lire ;)

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  • Thalia a écrit le 13 avril 2009 à 20 h 53 min:

    Je ne sais pas si ça vous intéresse mais il existe le jeu en plateau de Trône de Fer. ;)

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  • Kazu a écrit le 15 avril 2009 à 9 h 16 min:

    Ça devient flippant… Ca fait trois ou quatre bouquins que j’achète dont après coup je découvre la critique sur iiD. o_o
    Sans avoir vu la critique avant de l’acheter je veux dire. Bref je vais le lire, merci à Got de m’avoir fait remarquer le présentoir. :p

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