Le Chemin des Ombres de Jérôme Noirez

dabYo dans Critiques, Livres le 11 août 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Il est rare que nous parlions d’auteurs français, surtout lorsqu’il s’agit de livres de poches, les œuvres anglophones étant plus souvent plébiscitées en Fantasy et Science Fiction. Mais il s’agit pourtant bien d’un français ce coup ci, avec Jérôme Noirez, dont le roman Le Chemin des Ombres vient tout juste d’être édité en poche par J’ai Lu. Initialement, c’était un livre au rayon jeunesse, chez les éditions Mango. La jolie couverture de Miguel Coimbra, très japonaise, ne nous trompe pas sur la marchandise et c’est au Pays du Soleil Levant que l’auteur français va nous faire rêver. Synopsis.

Le Chemin des Ombres de Jérôme Noirez

Amaterasu est la Uji-no-kami du clan Isanami. Elle ne sait pas bien pourquoi, si ce n’est que son père l’était de son vivant et que c’est naturellement que les villageois l’ont considérée comme telle. C’est pour elle des responsabilités qu’elle ne souhaiterai pas avoir, mais cela lui permet aussi de vivre paisiblement dans son village bien aimé sans avoir à travailler. Malheureusement, le havre de paix qu’était le village va vite se transformer en cauchemars après que la reine Himiko y ait posé son regard conquérant…

Cette chronique est sans doute l’une des plus difficile à écrire, car Le Chemin des Ombres est un roman très difficile à décrire. Je dois vous le dire tout de suite, j’ai eu un vrai coup de cœur à sa lecture. Un coup de cœur qui ne s’explique pas, un coup de cœur qui ressemblerait presque comme deux gouttes d’eau à celui que j’ai eu lors de ma lecture d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll. Rien que ce titre devrait vous donner une idée de l’univers que l’on peut, plus ou moins, retrouver dans Le Chemin des Ombres. A ceci près que ce n’est pas de l’absurde joyeux et amusant que l’on retrouve, mais de l’absurde dramatique.

Et pourtant, les deux œuvres se ressemblent beaucoup. On retrouve des tortues qui parlent, des sauts dans le temps et l’espace souvent inexplicables, des chutes vers des lieux inconnus, etc. Mais Amaterasu ne va pas tomber en direction du pays des merveilles, mais plutôt vers le monde des horreurs, plus connu sous le nom de Yômi au Japon. Cependant, ce n’est pas là la conséquence d’une fuite de la réalité, mais plutôt de l’enchaînement d’évènements plus malheureux les uns que les autres ainsi que d’une recherche d’éléments appartenant au passé de la demoiselle. Je n’entrerai pas plus dans les détails pour ne pas vous spoiler plus que je ne l’ai déjà fait.

Le Chemin des Ombres de Jérôme Noirez

Nous avons donc un monde assez loufoque, dans lequel la magie, et notamment la magie noire, ainsi que les dieux, appelés Tengus, ont une grande importance. Car il faut quand même préciser que c’est là l’adaptation de Jérôme Noirez d’un mythe japonais très connu. En effet, si vous avez quelques connaissances dans les légendes asiatiques, vous avez pu reconnaître les noms de divinités de la religion shinto. L’auteur français réécrit à sa manière une partie du mythe de la création du monde. Afin d’aider le lecteur à comprendre les relations entre le récit et le mythe, on retrouve à la fin de l’ouvrage des détails ainsi qu’un lexique. Ce dernier nous révèle le pourquoi des choix des noms, et cela va des noms de Tengu (génie) à celui des divinités.

Le Chemin des Ombres de Jérôme NoirezCe scénario loufoque et cette ambiance ne sont pas uniquement dues à la réutilisation d’un mythe. Honnêtement, l’histoire que nous sert Jérome Noirez est très loin de ce que nous raconte le mythe, et c’est plutôt son imaginaire et sa plume qui l’ont créé. Car le roman est vraiment très bien écrit.

Il se lit facilement, il est souvent très poétique, et c’est un vrai plaisir pour les yeux ! Il n’y a pas de lenteur, tout est savamment bien dosé, afin que l’on puisse bien se reproduire la forêt dans laquelle vit Amaterasu, sans pour autant se perdre dans de longues descriptions. Et je ne parle même pas des passages horrifiques, qui sont très bien rendus. On en tremblerait presque.

Il est difficile de trouver des défauts au Chemin des Ombres car le titre est maîtrisé du début jusqu’à la fin. L’ambiance est vraiment prenante, pesante, et j’ai beaucoup apprécié cette lecture. Pour une première lecture des oeuvres de Jérôme Noirez, c’est une très bonne surprise. De nombreux romans de sa plume viennent d’ailleurs d’être réédité par J’ai Lu. A chaque ouverture du bouquin, quelques phrases suffisait pour me renvoyer sur le chemin qui mène au Yomi. Et je vous conseille vivement d’aller le rejoindre !


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3 commentaires, donnez votre avis !
  • Meor a écrit le 11 août 2010 à 11 h 40 min:

    Du coup, je te conseille de filer lire les autres bouquins de Jerôme Noirez en général et plus particulièrement les enquêtes de Ryôsaku, qui se passent elles-aussi dans le japon médiéval et fantastique… (Fleurs de Dragon et Le shogun de l’ombre)
    Je dis ça parce que j’ai, moi aussi, plus qu’aimé ces bouquins !
    Heu c’est tout!

    :)

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  • dabYo a écrit le 11 août 2010 à 11 h 46 min:

    @Meor: Je note ceux la aussi du coup ! Je les lirai quand je serai un peu plus libre niveau lectures… Sinon j’ai déjà un autre Noirez sur la liste, Leçons d’un monde fluctuant, de la SF. J’ai l’impression qu’il est très touche à tout (y’a aussi l’Empire Invisible, Fantastique il me semble) et si c’est du même niveau, c’est assurément un auteur à suivre…

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  • Meor a écrit le 12 août 2010 à 12 h 46 min:

    Ben c’est un auteur à suivre depuis…longtemps déjà ! ;)
    Mais oui, tout ce qu’il écrit est, en tous cas à mon goût, d’une qualité particulière. Je ne puis également que te conseiller son recueil chez Griffe d’Encre. Et puis si tu arrives à mettre la main sur Féeries pour les Ténèbres, n’hésite pas !

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