Le Ballet des Âmes de Céline Guillaume

Serafina dans Critiques, Livres le 28 avril 2010, avec 11 commentaires
Critiques

Il y a des critiques qui sont difficiles à écrire, celle-ci en fait partie. Le Ballet des Âmes est un roman de Céline Guillaume sorti en mars 2010 aux éditions du Riez. Servi par une très belle illustration de Mathieu Coudray, le roman se compose d’environ 200 pages. Il se présente comme une incursion dans la Bretagne des légendes. Outre l’histoire, on peut en lire des commentaires élogieux de Mireille Calmel, Amélie Nothomb et Edouard Brasey. Ces auteurs n’étant pas mes préférés, j’avoue que j’étais assez perplexe. Synopsis.

Le Ballet des Ames de Céline Guillaume

Enora est une pauvre orpheline qui a été recueillie par une vieille dame qui lui fait bien du mal et la punit souvent. Un jour dans les bois, la petite a des visions de dryades, pendant que son village se fait massacrer. Sauvée in-extremis par des guérisseuses, ces dernières la font entrer au service du seigneur de cette terre, le tout en lui racontant une histoire sur les jumeaux du seigneur qui ont été cachés à la naissance et qui ont une marque dans le dos. Car ces enfants sont ceux d’une prophétie, prophétie qui remonte aux origines de l’humanité.

Voilà donc pour les 20 premières pages. Évidemment, nous n’avons pas du tout compris ce que l’héroïne a à voir avec cette histoire. Pas du tout. Ça ne gênerait pas en soit, s’il ne fallait pas 150 pages à celle-ci pour finir par s’en rappeler et faire tilt. Bon déjà un bouquin où on pressent une révélation si tôt, c’est pas bon. Tout du moins, on ne pourra pas compter sur le suspens et le mystère parmi les bons côtés. Mais si ce n’était que ça…

Céline Guillaume

Céline Guillaume (salon Trolls et Légendes)

Enfin, ne soyons pas mauvaise langue. C’est bien écrit. Céline Guillaume maîtrise plutôt très bien sa plume, ses tournures sont belles et agréables et elle n’a pas de mal à nous emmener dans l’ambiance mystérieuse de la Bretagne du XIIIème siècle. Les figures de style et le lyrisme onirique omniprésent marquent fortement ce roman. C’est poétique, on se laisse porter.

Le problème, c’est que le style, ça ne fait pas tout. Et qu’ici, le style est bien le seul point positif que j’ai pu trouver. Niveau histoire il ne se passe quasiment rien, 120 pages d’errances de l’héroïne, qui grimpe dans la hiérarchie, se fait évidemment violer par son seigneur (… oui c’est toujours comme ça dans ce genre de romans, c’était certes une pratique courante à l’époque mais bon, on ne peut pas dire que les œuvres du genre soient très réalistes, donc pourquoi ?), et qu’elle finit par aimer ça. Elle disait non, mais elle voulait dire oui. Bref, elle fait la cuisine, elle apprend à soigner par les plantes. Ça tire en longueur, mais ça reste bien écrit. Le problème c’est que tirer en longueur sur un bouquin de 200 pages, ce n’est idéal.

Il n’y a donc pas grand chose de palpitant, et ce n’est pas malheureusement pas sauvé par des fils scénaristiques très convenus. Les « Luke, Je suis ton père » passent difficilement lorsqu’il n’y a pas grand chose d’autre, et que les trois seuls personnages que nous suivons, par pur hasard, sont tous liés. La prophétie évoquée au début du roman ne l’est plus pendant toute la suite… On se demande ce qu’elle faisait là, et l’intérêt de la faire remonter aux origines de l’humanité si l’on ne s’en sert pas. C’est aussi malheureusement le cas pour la Bretagne. Les dryades sont certes très bretonnes et le seigneur s’appelle Jocellin. Mais à part ça, ça aurait aussi bien pu se passer à Romorantin.

Le Ballet des Ames de Céline GuillaumeL’héroïne passant son temps à se morfondre, il est difficile de lui trouver un quelconque relief ou même de s’y attacher. On a bien envie de lui foutre des claques pour qu’elle s’active, mais c’est tout. Comme quasiment aucun autre personnage n’est développé à côté, elle n’a pas vraiment les épaules pour soutenir le roman, et donne l’impression d’être baladée. Ce qui s’ajoute à l’errance citée plus haut. Du coup bon nombre de ses réactions sont totalement incompréhensibles.

Et si il n’y avait que ses réactions d’incompréhensibles. J’avoue avoir eu l’impression à plusieurs reprises que certaines situations étaient simplement illogiques, mais que je ne peux pas vous évoquer pour ne pas vous révéler l’intrigue.

Bref, je ne suis pas du tout rentrée dans ce livre, malgré le niveau d’écriture, qui est lui très bon. Le scénario m’est apparu bancal, les révélations convenues, les personnages insipides. Les beaux mots ne font pas tout, et malheureusement, je n’ai pas du tout été convaincue par ce roman de Céline Guillaume. L’auteur ne m’ayant pas non plus convaincu lors de sa nouvelle pour les Sombres Romantiques, j’en déduis que je dois être hermétique à sa façon d’écrire.


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11 Comments, donnez votre avis !
  • constance93 a écrit le 28 avril 2010 à 21 h 38 min:

    sûrement ton dernier livre d’elle du coup ;)
    moi, ça sera aucun : merci d’avoir prévenu :D

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  • Fauve a écrit le 30 avril 2010 à 14 h 23 min:

    Cela me fait pensait à la conversation qu’on a eu hier tiens en lisant un passage dans ta critique ^^
    Sinon, je sais pas trop pour le moment je vais voir d’autre retour ^^

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  • lunastella a écrit le 1 mai 2010 à 17 h 49 min:

    Le niveau de langage de cette critique est à revoir… Peut-être simplement que vous n’avez rien compris aux messages délivré dans ce merveilleux livre que nous a offert Céline. Personnellement, je l’encourage à écrire encore et encore. Merci Céline de nous faire rêver!

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  • Jacques de Molay a écrit le 1 mai 2010 à 18 h 18 min:

    Bof, cela n’est pas bien grave, moi j’ai adoré et j’ai pris pour habitude que quand un auteur ne me plait pas, je n’ouvre même pas son livre et je conseille à la personne qui a publié ce torchon de faire de même. Il y a une citation qui dit à peu près ceci: la critique et facile, mais l’art et diffile.Aux pseudo critique du web: crachez votre venin à visage découvert, mais aussi d’apprenez le Français. Pour reprendre votre insipide commentaire, je ne sais pas qui doit recevoir des claques? AU PLAISIR DE NE PAS VOUS CONNAITRE ET DE NE PLUS VOUS LIRE.

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  • Jacques de Molay a écrit le 1 mai 2010 à 18 h 24 min:

    D’ailleurs, inutile de me répondre je suis déjà mort?

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  • Serafina a écrit le 1 mai 2010 à 20 h 04 min:

    @Jacques de Molay: Je n’ai jamais prétendu être quoique ce soit, et j’accepte tout à fait les critiques de mes critiques.
    Je ne vois pas en quoi le fait que je n’écrive pas aussi bien que Celine Guillaume m’empêcherait d’avoir un avis sur ses romans. Il n’est pas universel, et bien évidemment, d’autres aimeront, il me semble même l’avoir précisé.

    Cependant, je pense que nos divergences de gouts ne méritent pas une telle agressivité.

    @lunastella: C’est tout a fait possible, vu que je n’y ai pas vu de messages. Question de sensibilité je suppose.

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  • Amaltheren a écrit le 1 mai 2010 à 21 h 24 min:

    Je suis attérée de lire tant de fiel dans les commentaires. Des mauvais critiques qui descendent des bouquins gratuitement, j’en ai vue, et pour suivre les critiques de Seraf et DabYo depuis l’ouverture de If is dead, je peux en tout cas dire que ça n’a jamais été mon impression.

    Ne pas avoir aimer un livre et le dire, tout en ajoutant que l’on reconnait la qualité d’écriture, c’est être une connasse qui n’a pas de goût ? On ne peut pas tout aimer. Seraf précise en sus que ELLE, elle n’a pas aimé. Elle n’en fait pas une généralité.

    Ce qui m’assomme ce sont les critiques dithyrambiques ou dégoulinante de méchanceté essayant de tout bousiller. Dans mon ressentis, Seraf a été claire sur les points qu’elle n’a pas aimé et pourquoi, en mettant en avant le fait que c’était son ressentis personnel et qu’elle se basait sur ses impressions propres. C’est respectueux à la fois pour l’auteur et pour le lecteur qui peut se dire « ah, elle n’a pas aimé ça, mais moi ça me parle, je vais essayer quand même pour me faire ma propre idée. »

    Et puis Lunastella, je le dis en tout gentillesse, mais personnellement, je suis d’avantage portée à croire quelqu’un qui contre-argumente en utilisant le registre pour convaincre et pas pour persuader. La différence ? Convaincre se fait avec des arguments portant sur des éléments tangibles, comme « vous n’avez pas aimé cela, mais il y a aussi ça et ça qui appuis cet élément, il s’emboîte dans autre chose », bref, du concret, de l’utile. Persuader fait appel aux émotions et ça a plutôt tendance à me faire trouver l’auteur ridicule : arguer que Seraf n’a rien compris aux « messages du livre » et que Céline offre un « superbe livre », ça ne me convainc pas, et j’ai plutôt l’impression de lire quelqu’un qui a du mal à avoir du recul sur son appréciation personnelle et ne peux pas accepter que l’on aime pas le livre que l’on a apprécié. Si quelqu’un de ma connaissance n’aimant pas, disons, le Trône de Fer, que j’adule, je m’appliquerai à lui trouver des arguments qu’il peut constater par lui même, comme l’exceptionnelle richesse scénaristique de l’oeuvre, qui parvient à entrecroiser quatre intrigues dans un chassé croisé incessant qui s’entremêle, laisse entrevoir des choses liées, et qui au final se confondent dans une seule intrigue principale énorme.

    Bref, pour ma part j’apprécie l’honnêteté et la sincérité de Seraf : If is dead me donne l’impression de fournir des critiques sur des livres lus au gré des envies, qu’on a aimé ou pas, et pas de suivre la logique du « je ne chronique que pour dire que c’est trop bien et que j’aime pour qu’on m’adore et qu’on me dise que j’ai absolument raison » ou du « ah, c’est de l’auteur amateur, je vais le bouffer, c’est de la merde ! »

    Alors, où commence le fiel gratuit et où s’arrête la franchise… chacun voit midi à sa porte ;=)

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  • constance93 a écrit le 1 mai 2010 à 22 h 33 min:

    à Jacques de Molay :

    Je me permets de répondre à titre personnel à votre hargneux commentaire étant donné qu’une grande partie du message m’est destiné, ainsi qu’aux autres blogo-lecteurs.

    Vous demandez aux blogueurs d’apprendre le français mais vous même faites des grosses fautes d’expression ou d’orthographe dans votre reproche (« diffile » est un mot qui existe ? prenez au moins le temps de vous relire si vous avez tendance à oublier des syllabes entières dans vos phrases. « d’apprenez le français », vous inventez des tournures , monsieur).

    Autre chose : vous pensez donc que parce que nous ne révélons pas notre vrai nom nos billets manquent de noblesse ? Je pense que vous avez tort et il suffit pour le démontrer de prendre le billet ci-dessus. Le livre est-il descendu en bloc ? L’attaque est-elle pleine de hargne ? Non, ce billet, même pas totalement négatif, dit juste que l’histoire racontée n’a pas plus à Seraf et qu’elle doit du coup être hermétique à la façon d’écrire de l’auteur. Alors, elle cracherait du venin en disant cela ? Je n’avais pas remarqué.

    Par contre, votre commentaire, s’il est donné à visage découvert, ressemble à celui d’un serpent. Il est plein de haine et se rapproche de ce que l’on peut appeler le fiel gratuit.

    Un dernier point tout de même : personnellement, il m’arrive de relire un auteur qui m’a un peu déçu parce que je pense qu’il est prometteur et que, peut-être, dans un autre ouvrage, sa plume est plus aboutie. Cela consiste à donner une seconde chance finalement. C’est peut-être ce que Serafina a fait avec cet auteur. Vous voyez, chacun son mode de lecture mais je ne condamne pas la votre pour autant. Nous sommes libres de lire ce que nous voulons, et de faire un trait sur un auteur après n’avoir pas aimé un de ses ouvrages comme de lui donner une seconde chance, et également de penser ce que nous voulons d’un livre. Une lecture est personnelle et afficher notre avis n’est pas un tort, loin de là. Pour celui qui a lu le même livre, c’est un autre regard, une autre approche, un enrichissement. Enfin, pour les personnes qui sont capables de s’enrichir auprès de l’avis des autres, ce qui ne semble pas être votre cas.

    Et pour terminer, je reprends votre hargneux commentaire et vous demande cordialement d’aller cracher votre venin ailleurs. Merci d’avance.

    Constance (sérieusement, à quoi cela vous servirait-il de connaître mon nom de famille ???)

    PS : Seraf, je suis désolé de pourrir ton billet avec ce commentaire, mais répondre à une attaque gratuite m’a semblé important.

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  • Vladkergan a écrit le 1 mai 2010 à 23 h 26 min:

    @Jacques de Molay : avant de critiquer les autres et leur dire de critiquer à visage découvert, essayez donc un peu de faire de même.

    Ifisdead est un des blog les plus intègre que je connaisse en terme de critique. Ici, il n’est jamais dit de mal gratuitement des auteurs, les rédacteurs argumentent et insistent bien sur le fait qu’ils donnent leurs sentiments A EUX sur le livre, et que d’autres peuvent aimer.

    Votre commentaire n’a donc strictement aucun intérêt, d’autant plus qu’il est fait avec une agressivité qui vous ôte toute crédibilité.

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  • Aya a écrit le 2 mai 2010 à 10 h 09 min:

    je soupçonne un troll là dessous mais ne perdons pas un temps précieux car nous savons ici qui agit de droit.

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  • Elaria a écrit le 26 mai 2010 à 22 h 00 min:

    Ce roman de Céline Guillaume est l’un de ses plus abouti. Elle a en effet passé un stade dans son écriture, et à mon avis nous réserve bien des surprises dans ses prochains romans, que je découvrirais avec plaisir dans le futur. Céline est une auteure qui ne s’endort pas sur son art, mais cherche à aller plus loin et à donner le meilleur d’elle même, plus le temps passe, plus elle s’améliore… Alors vivement les prochains!
    En attendant, j’invite tous ceux qui aime le Moyen-Âge, la Bretagne et ses mystère à ce plonger dedans et découvrir les messages cachés adressés à nous, lecteur…

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