La Vestale du Calix de Anne Larue

Serafina dans Critiques, Livres le 25 octobre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

La Vestale du Calix est un roman de Anne Larue paru ce mois chez les éditions l’Atalante. Il s’agit d’un roman assez court, de seulement 220 pages, servi par une couverture de Genkis que, hélas, je ne trouve pas engageante du tout. Mais la maison d’édition nantaise nous a appris à ne pas nous fier aux couvertures. Synopsis ?

 La Vestale du Calix de Anne Larue

Anne est une vestale, une caste inférieure. Elle est chargée de l’entretien du Calix Escarmonde, relique sacrée qu’aucun homme ne doit voir. Sauf qu’Anne est amoureuse, très amoureuse, et fini par montrer le Calix à Serguei, le chevalier qu’elle aime. Punie, elle va être décorporée et voyager entre les époques. Et accessoirement rencontrer un cheval freelance.

La dernière ligne du synopsis vous permet de comprendre ce qui m’avait séduit au premier abord. Cela semblait être fun. Du genre bon fun, du non-sens à foison type Terry Pratchett et moi j’aime çà. Cependant pendant toute la première partie du roman, on n’en a pas forcément conscience et on est plutôt dans un récit assez standard de voyage dans le temps.

Anne atterri en 4660, dans une civilisation qui est évidemment une évolution de la notre, mettant en exergue les travers de notre société actuelle. Comme tout bon roman de Science-Fiction, il y un coté très critique de notre société, très dénonciateur. Que cela soit les bobos parisiens en quête de « nature », les hooligans fans de foot, pardon de trimslop, ou les rouages douteux de l’université du Vestaliat, miroir évident de notre université. On retrouve la les ingrédients d’un bon roman du genre : de la critique, de la réflexion et de la mise en garde. Évidemment, l’humour n’est pas absent, notamment via le personnage d’Ankh, médiéviste, qui étudie les années 2000 et interprète les restes de notre société pour ses contemporains, prenant pour des temples nos supermarchés. Toute cette première partie est réellement de très bon niveau, de la très bonne SF comme on aime ici et comme il fait plaisir à lire.

La Vestale du Calix de Anne Larue

Malheureusement pour nous cet aspect bascule fortement lors de la deuxième partie. En effet, cette seconde phase est plus proche d’une quête initiatique, d’une quête de sens. On y parle de destin, de réalisation du destin parce qu’on la réalisé soit même, des signes qui n’en sont pas et de voyages dans le temps. En fait, on est même très proche d’un Philip K. Dick et de ses délires sous LSD, pas toujours bien compréhensibles. Le problème c’est que les délires sous acides, à moins d’être sous triptan, généralement je passe totalement à coté. Non seulement j’ai l’impression de louper le propos du roman, mais en plus, l’humour promis est ici aux abonnés absent. Ce fut le cas, cette partie, beaucoup plus initiatique, beaucoup plus philosophique diraient certains, je suis passée à coté, j’ai l’impression de ne pas avoir saisi ce que voulais dire l’auteur et ca ne m’a pas non plus fait rire.

La Vestale du Calix de Anne LarueDu coup mon impression sur l’ensemble du roman en prend un coup. Comme on est plus proche d’une longue novella que d’un roman, le prix l’attestant, les personnages sont quand même assez sommaires et on n’a pas réellement le temps de s’attacher à eux, ce qui est dommage.  La lecture reste malgré tout sympathique mais on regrette que le coté critique de la société ne soit pas exploité plus en profondeur…

Au final, La Vestale du Calix ne m’a pas convaincue malgré sa très bonne première partie, la seconde est vraiment trop proche des questions existentielles et des délires d’un Philip K. Dick pour me plaire, malheureusement. Mais si vous aimez le genre, je ne peux que vous le conseiller.


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