La Servante écarlate de Margaret Atwood

Serafina dans Critiques, Livres le 9 juin 2019, avec aucun commentaire
Critiques

La Servante écarlate est une dystopie écrite dans les années 80 par Margaret Atwood. Auréolé de prix à l’époque, notamment le prestigieux prix Arthur C. Clarke, et une place en finale du prix Nebula. Ce roman est revenu sur le devant de la scène récemment avec l’adaptation par Amazon en série télévisée. Je n’ai pas vu la-dite série, mais les bons échos m’ont donnés envie de tester. Synopsis ?

 

Nous suivons une Servante, nommée Defred le temps du roman, qui entre au service du-dit Fred. Dans cet univers, les Servantes ont la lourde charge de la reproduction. Au service d’une famille, elles font office de mères porteuses au service des Epouses légitimes. Leur seul but est de procréer, et gare à celles qui ne seraient pas à la hauteur, elles risqueraient de devenir des Non-Femmes, envoyées dans les colonies.

Nous sommes donc dans une dystopie, où la religion (ici chrétienne) à pris le dessus. Les femmes sont évidemment les premières victimes et se retrouvent dans des rôles très ritualisés, selon qu’elles soient Epouses, Servante ou encore Econofemmes (femmes du peuple, devant gérer la maison ainsi que la reproduction). Notre héroïne est donc une des Servantes écarlates, assignées à une famille de pouvoir, devant porter l’enfant du maître de maison. Evidemment, dès le premier abord, on comprend que le roman s’intéresse à la condition de la femme, surtout au regard de la religion.

Cependant, taxer le roman de féministe est pour moi complètement erroné. D’ailleurs l’auteure s’en défend. En effet, nous découvrons rapidement que la situation qui règne dans le pays du roman (Giléad) est, entre autre, perpétuée par des femmes, qui ne sont en aucun cas décrites comme victimes du patriarcat. En réalité, à mon sens, la Servante écarlate est plus un roman qui parle de la lutte des classes que du féminisme (même si évidemment, les deux sujets sont liés : c’est l’intersectionnalité). Defred est une femme, blanche, hétéro, fertile, donc malgré tout d’une classe dominante, qui devient privée de ses privilèges, et donc exploitée comme si elle rétrogradait de classe. Bien évidemment, cela s’inscrit dans une dégradation de la qualité de vie liée à la religion, donc la femme est au centre des questions, mais pour autant réduire La Servante écarlate à un ouvrage sur le féminisme, c’est pour moi oublier complètement une partie encore plus importante du roman : la notion de classe et les extrêmes où peuvent aller les classes dominantes pour conserver le pouvoir.

Au niveau du roman en lui-même, je l’ai lu en VO, j’ai trouvé le rythme plutôt bien mené. En effet, les chapitres alternent entre des scènes de jour, où Defred interagit avec le reste du monde et notamment les autres femmes, et les scènes de nuit où elle est seule et nous dévoile notamment son passé. Cette alternance donne un bon rythme au récit. Les scènes de jour sont souvent isolées les unes des autres et sont plus des petites scènettes les unes après les autres, permettant d’avoir une vue sur le monde Gilead. Certaines scènes sont assez difficiles, et le roman m’a plusieurs fois mise mal à l’aise car certains passages sont d’une rare violence (et celle-ci a été à priori encore accentuée dans l’application télévisée).

Sur plusieurs points, ce roman m’a fait penser à d’autres dystopies écrites à la même époque. Ce qui m’a encore choquée est à quel point certains propos peuvent être encore extrêmement d’actualités, alors que cela a plus de 30 ans. Le roman n’a jamais pris une ride et on ne ressent pas du tout l’âge de celui-ci. C’est une lecture que je recommande, pour toutes celles et ceux qui seraient intéressés par la condition des femmes, mais aussi par un regard assez froid sur notre société et les dérives qui pourraient arriver.

La servante écarlate

La servante écarlate
7.4

Personnages

7/10

    Style

    7/10

      Rythme

      7/10

        Intrigue

        7/10

          Ambiance

          9/10

            Points positifs

            • - Une dystopie toujours d'actualité
            • - Un bon rythme
            • - Une critique de la société très juste

            Points négatifs

            • - Les personnages restent peu attachants
            • - Une écriture assez froide
            • - Certaines scènes plutôt violentes

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