La Route de Cormac McCarthy (second avis)

Serafina dans Critiques, Livres le 11 octobre 2013, avec 6 commentaires
Critiques

J’aime bien les déplacements professionnels, car je prends le train. Et qui dit train, dit lecture. C’est l’occasion souvent de lire en one-shot des bouquins restés dans ma PAL bien trop longtemps. Et c’est le cas de La Route de Cormac McCarthy que je souhaitais lire avant même que illman ne le chronique l’année dernière, depuis que j’ai vu que Viggo Mortensen jouait dans l’adaptation cinématographique pour être précise. J’ai donc embarqué la jolie édition Points à l’image du film. Synopsis ?

La Route de Cormac McCarthy

Le monde est gris, plein de cendres, on dirait l’hiver nucléaire. Parmi cela, un homme et son fils essaient tant bien que mal de survivre, jour après jour. Ils font route sans but apparent, survivant avec ce qu’ils trouvent sur le chemin.

Désolée pour ce synopsis d’une ligne à tout péter. Mais malheureusement je n’ai pas grand chose de dire de plus, tellement le livre ne se résume qu’au voyage de ce père et de son fils. On les suit au jour le jour ou presque, dans ce voyage sans fin, sans but non plus, autre que mettre encore une fois un pied devant l’autre. Les rebondissements, il n’y en a pas tant, et le livre est du coup assez paisible, bien que parfois angoissant.

Je ne m’attendais pas à grand chose et surtout pas à quelque chose d’aussi noir. Il n’y a aucun espoir, nul part, on va de scènes lourdes en scènes lourdes. Pas lourdes au sens « relou » mais lourdes au sens émotionnellement chargées. La mort est au bout du chemin, plus ou moins vite, et les personnages l’ont clairement à l’esprit. Les rares flashback sont encore plus tragiques que le présent de l’histoire. C’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais, mais c’était plutôt une bonne surprise du coup.

La Route

L’autre surprise, c’est le style de McCarthy, qui est réellement particulier. Il n’y a pas de chapitre, pas de dialogues marqués, ces derniers sont intégrés dans le corps du texte, sans prévenir, sans tiret, sans guillemets. C’est un peu dérangeant au départ, mais après on comprend que ce style dépouillé sert l’histoire. L’écriture y est volontairement monotone, avec des phrases simples, souvent beaucoup de répétitions du sujet. Ça se lit comme on enfilerait une route droite et grise. Sans heurts, sans point d’intérêt, sans rien au final qui nous permette de souffler.

La Route de Cormac McCarthyAprès les premières pages d’adaptations, on est immédiatement happé dans l’histoire, et qu’importe si au final on ne comprend pas toujours ce qui se passe dehors, nos personnages non plus. On ne sait absolument pas pourquoi on en est arrivé là, ni comment. Tout ce qu’on a c’est le présent et c’est tout. Le livre aurait pu être un livre initiatique un peu dans le genre Le Monde de Sophie, le père profitant de cette situation pour éduquer philosophiquement son fils, mais il n’en est rien et les réflexions ne dépasseront pas le seuil des réflexions prosaïques. Pas de morale assenée, pas de réflexion sur l’humanité, en tout cas pas dans le livre. A nous d’en faire ce que nous voulons.

Au final, La Route de Cormac McCarthy est un livre que je recommande sans la moindre hésitation, surtout pour son atmosphère qui vaut réellement le coup. Son histoire est au final bien plus secondaire. C’est un livre à vivre et voilà tout. Sur ce, je vais m’acheter d’autres bouquins de l’auteur.


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6 Comments, donnez votre avis !
  • marion a écrit le 11 octobre 2013 à 17 h 00 min:

    J’ai le dvd qui attend que je le regarde depuis un bout de temps… Visiblement, il faut que je me precipite dessus vu ton article :)

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  • dabYo a écrit le 13 octobre 2013 à 13 h 13 min:

    @marion: le film est vraiment génial, on en a fait un article il y a pas longtemps ;)

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  • Senhal a écrit le 14 octobre 2013 à 17 h 45 min:

    (SPOILER du livre et du film !)

    J’en profite puisque tu as vu récemment le film et que tu as lu le livre, pour te poser une question. Il y a un détail que j’essayais de me remémorer il y a quelques temps : dans le film, à la fin, il y a des oiseaux. Y’en avait-il aussi dans le livre ? C’est un détail qui peut donner une teinte très différente au dénouement…

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  • Francoise Mercier a écrit le 14 octobre 2013 à 20 h 19 min:

    J’avais vu le film d’abord, que j’avais beaucoup aimé et le livre lu ensuite m’a également beaucoup plu. Je trouve que le style assez particulier s’accorde bien avec cette histoire âpre et sans fioritures.

    Frankie

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  • Serafina a écrit le 15 octobre 2013 à 9 h 21 min:

    (SPOILER ALERT)

    Je suis a peu près sure qu’il n’y avait pas d’oiseaux ou en tout cas ca ne m’a pas marquée. De même, si ma mémoire est bonne, on ne voit pas vraiment les enfants. La fin du film m’a semblée positive, alors que la fin du livre est neutre voire inquiétante…

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  • yao a écrit le 10 décembre 2013 à 11 h 34 min:

    J’ai vu le film il y a quelques années, il m’avait beaucoup touché et j’ai adoré !
    Il est unique en son genre.

    J’ai peur de tenter le livre, il m’a l’air bien trop noir. Mon ancien prof de Français nous en avait parlé et il a dit qu’il l’avait abandonné xD

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