La Première Mort de Patrick Eris

dabYo dans Critiques, Livres le 22 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

La Première Mort est un Polar de Patrick Eris publié pour la première fois en 2000 et récemment réédité au format poche par les éditions Lokomodo. Il s’agit là d’un des nombreux romans du genre écrit par l’auteur, que je ne connaissais pas. Avec une couverture réalisée par Nemo Sandman et assez jolie, je suis parti sans apriori dans ce roman qui prend place dans la jolie ville d’Amsterdam. Synopsis.

La Première Mort de Patrick Eris aux éditions Lokomodo

Val Kingsley est une jeune anglaise actuellement à l’université d’Asmterdam où elle suit des études de journaliste. Fille de diplomate, elle est passée par de nombreux pays avant d’arriver sur les ponts de la capitale néerlandaise, sans le sous, brouillée avec ses parents. Pour subsister et financer ses études, elle donne des cours de gym dans un petit club près de la gare centrale. Elle y a notamment rencontré Julian, un beau jeune homme avec qui elle a eu quelques affinités. Mais ça, c’est avant qu’on vienne l’informer qu’il venait de se faire sauvagement poignarder.

Notre roman se déroule donc dans la capitale hollandaise, je dois le dire, pour mon plus grand plaisir. Ayant eu l’occasion d’aller y déambuler cette année, il était forcément très facile pour moi d’en imaginer l’ambiance, les quais, le tramway comme l’auteur nous y invitait. La Première Mort est en effet très ancré dans la ville, bien qu’elle n’y joue pas forcément de rôle, elle place fortement l’ambiance, ironiquement plus calme et posée que d’autres capitales européennes, notamment. Alors certes, l’auteur ne manque pas de nous interpeler à travers sa note d’ouverture que la ville a bien changé depuis l’écriture de son roman, mais n’ayant pas connu cet avant, je n’ai pu le comparer.

Patrick Eris

Patrick Eris

A l’image de la ville, ce Polar est relativement calme et posé. Il n’y a pas énormément d’action, et je n’ai pas ressenti beaucoup de suspens quant à la découverte de l’identité du meurtrier. Bien qu’il y ait une sorte de tueur en série dehors, qui rôde, ce dernier semble passer au second plan tant il n’inquiète pas notre héroïne, externe à toute cette histoire, qui ne se sent qu’à peine concernée. Ce qui l’inquiète plutôt, c’est comment vivre le meurtre de Julian, sa disparition, le fait qu’il ait disparu de sa vie et que cette dernière continue comme si de rien n’était, comme s’il n’avait jamais existé. Une sorte d’introspection adolescente face à la mort donc, plutôt réussie par ailleurs.

On suit les réactions de Val suite à ce bouleversement dans sa vie, assez crédible, bien écrit, qui peut laisser parfois perplexe sans que ce soit négatif pour autant. Je dois avouer que cela m’a plutôt plu de lire et suivre l’évolution du personnage à travers le temps. Sa recherche de vérité, plus pour connaître celle qu’elle n’avait su aimer que pour découvrir le tueur, son mobile, sa manière d’opérer. Bref, une sorte d’enquête à l’envers.

La Première Mort de Patrick Eris aux éditions LokomodoL’écriture est assez fluide et simple à lire, le style de Patrick Eris ne m’a pas particulièrement marqué. On peut tout de même souligner qu’il est agréable à lire, que les situations sont bien retranscrites, que ce soit dans les moments d’errements ou dans les moments d’action. Et puis, surtout, cette ambiance si bien retranscrite, ce bar où l’on joue du jazz, ces canaux d’Amsterdam.

Au final, La Première Mort est un Polar à part, qui change de ce que l’on associe habituellement au genre. Le roman de Patrick Eris ne m’a certes pas particulièrement marqué, mais ce fut une lecture agréable, une parenthèse sympathique. J’aurai presque envie de le conseiller aux amateurs de Young Adult, tant il me semble parfaitement convenir à cette tranche d’âge.


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