Là où s’élèvent les sorcières de Cécile Guillot et Anna Marine

Illustré par Anna Marine, Zindy S.D. Nielsen, Georgia Caldera et Michele Ann

Serafina dans Critiques, Livres le 9 juin 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Là ou s’élèvent les sorcières de Cécile Guillot et Anna Marine est à la fois un artbook et un recueil de nouvelles. En effet, on est un peu dans l’idée d’un Favole de Victoria Francés, à la différence ici que les textes sont de Cécile Guillot, et les illustrations de plusieurs artistes, principalement Anna Marine, mais aussi Zindy S.D. Nielsen, Georgia Caldera et Michele Ann suivant les nouvelles. Chaque texte propose de rencontrer une sorcière, via une petite nouvelle écrite à la première personne.

Là où s’élèvent les sorcières de Cecile Guillot et Anna Marine

Ce court livre de 40 pages, intégralement en couleurs, se concentre sur les sorcières avec huit nouvelles dans des univers bien différents. Chacune des nouvelles est accompagnée de deux ou trois illustration représentant la sorcière que l’on y retrouve et son histoire, le nom de l’illustrateur étant indiqués en fin de livre. Ils ont presque tous travaillé de manière « traditionnelle », crayons de couleurs, aquarelles, etc, le tout dans un style qui pour la plupart d’entre eux fait beaucoup penser à du Victoria Francès. Je sais, Francès n’a rien inventé, mais quand même, on sent l’influence, mais elle est bien maniée, bien gérée, l’artbook est un réel plaisir pour les yeux et n’a rien à envier aux Favoles, œuvres phares de l’auteur précitée.

Maia

Cette première nouvelle se déroule dans l’Égypte antique et met en situation Maia, une prêtresse d’Isis, tentée par l’amour. C’est étrange comme certains auteurs peuvent toucher à des univers qui me plaisent. J’adore l’Égypte Antique, et je suis fascinée par leur mythologie, leur organisation religieuse, alors forcément cette nouvelle ne pouvait que me plaire. L’ambiance est là, et si je trouve que ça manque un peu de description, les dessins, sublimes, permettent de situer aisément les personnages.

Mary

Mary est une jeune femme à Salem, une vraie sorcière elle. Là encore, la fangirl est heureuse, car Salem est un événement fascinant. De plus on sent la documentation, Cécile Guillot nous relate là une version très crédible, les nom des filles sont les nom des vraies accusées de Salem, et sa manière de présenter le drame est très proche des sources historiques. Cette nouvelle pâtit malheureusement de l’écriture blanche sur fond noir, assez difficile à lire. Les illustrations sont évidemment sublimes.

Mary de Anna Marine

Mary de Anna Marine

Elizabeth !

Elizabeth ! se passe à l’époque victorienne. Notre héroïne est la sorcière « officielle » d’une bonne famille, où l’héritière abuse un peu de ses services. Les illustrations sont de loin mes favorites : une héroïne brune, gothique à souhait et des vêtements victoriens, bref du sur-mesure. On est dans la sorcellerie la plus classique, filtres, potions et retour de bâton.

Camelia

Celle ci s’intéresse à la magie roumaine, un domaine que je ne connais pas du tout, mais que je trouve passionnant. Notre héroïne y essaiera de contrer le sort funeste qu’elle a vu pour un de ses clients. L’ambiance est bien retranscrite et m’a donné envie d’en savoir plus sur ce folklore. J’y ai trouvé les illustrations plus quelconques que pour Elizabeth !, et pas assez « roumaines » à mon goût, malheureusement.

Camelia de Michele Ann

Camelia de Michele Ann

Raven

Raven est une amérindienne, d’origine Navajo, qui a décidé de renier son histoire et ses pouvoirs chamaniques. Les illustrations indiennes sont magnifiques, mais là aussi l’histoire pâtit d’un fond foncé qui la rend assez dure à lire. J’ai pas non plus accroché à la morale et au twist final, un peu prévisible.

Alice

Heureusement, Alice prend la suite, et le combo temps présent, wicca, samhain et illustration darkinettes à souhait m’ont totalement conquise.

Jahlia

Jahlia est une sorcière vaudou, en Jamaïque. Si vous me connaissez, vous savez que je raffole de ce genre de sorcellerie (en nouvelles en tout cas). Ici, malheureusement, la nouvelle est assez rapide, télescopée, et je pense que si vous n’avez pas de connaissance vaudou (vévé, loa…) vous risquez fort d’être perdu. J’aurais préféré une nouvelle plus longue…

Là où s’élèvent les sorcières de Cecile Guillot et Anna MarineL’artbook se termine sur un haiku, Keiko. J’ai particulièrement aimé le panel très large de sorcières abordé. J’aime les sorcières et c’est un domaine qui me passionne, autant dire que je ne suis sans doute pas objective. Je pense cependant que pour certaines nouvelles, il est utile d’avoir des bases de connaissances, car les termes ne sont pas expliqués.

Les illustrations sont dans l’ensemble de très très bonne facture, et du coup, le livre est un réel objet d’art. Il est disponible uniquement sur le site TheBookEdition.


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  • Petit Lutin a écrit le 9 juin 2012 à 18 h 59 min:

    Ah, je me disais bien que les illu’ me faisaient penser à du Francés !

    Elles ont l’air sympatiques ces nouvelles !

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