La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

Serafina dans Critiques, Livres le 9 février 2014, avec aucun commentaire
Critiques

J’ai une longue histoire avec La Marque de Jacqueline Carey, premier tome de sa série Kushiel. Je l’ai commencé il y a genre 5 ans, lors de sa sortie en grand format relié chez Bragelonne. Et puis, rebutée par le poids du livre, je l’ai abandonné sans jamais perdre l’idée que je le lirai un jour. Jusqu’à ce qu’il sorte ce 24 janvier au format poche chez Milady et que je ne mette la patte dessus.  En une journée, j’avais rattrapé là où je m’étais arrêtée et j’étais prête à entamer la suite. Synopsis ?

La Marque Kushiel Tome 1 de Jacqueline Carey Milady

En Terre D’Ange, terre de beauté et de raffinement, Phedre a été vendue à la cour de nuit qui la revendra ensuite à Delauney, un intriguant fin politicien qui lui posera sa marque. En plus de se consacrer au service de Naamah, Phèdre va être formée à l’art, aux langues, à la politique. Elle est une courtisane, certes, mais loin d’être bête, et ses connaissances pourraient bien l’entrainer dans de fâcheux pétrins.

Il est difficile de chroniquer ce premier tome de Kushiel, car il est tellement dense avec ses 1000 pages que je ne sais pas par quel bout commencer. Par le style de Carey peut-être ? Un style précieux, raffiné, jamais vulgaire (eh non, ce n’est pas Laurell K. Hamilton !), très agréable dans sa version traduite. Certes les phrases sont un peu ampoulées, mais cela donne à mon avis une teinte particulière au livre. Les mots retranscrivent parfaitement la beauté de Terre D’Ange, le raffinement de la cour de nuit (qui n’est pas sans rappeler les Geisha) et l’incroyable beauté dans laquelle Phèdre évolue.

La Marque Kushiel Carey

La couverture de la version reliée d’Anne-Claire Payet… Sans doute le livre Bragelonne avec le plus de couvertures différentes (voir dessous)

Phèdre est une courtisane extrêmement belle, du coup très intelligente et en plus très particulière car marquée du signe de Kushiel. Son activité de courtisane, et plus spécialement de courtisane très spécialisée sont au centre de la première partie du livre. Si il n’y a presque aucune scène explicite, l’atmosphère de stupre est palpable. C’est d’ailleurs assez épatant que l’auteur ait réussi à traiter de manière aussi classe ce qui sent plutôt le foutre et le sang. J’en connais qui pourraient en prendre de la graine. Non, je n’ai pas dit Merry Gentry, promis.

Phèdre a tout pour être une Mary Sue, d’autant plus insupportable que le récit est narré à la première personne. Pourtant il n’en est rien. C’est la preuve que le talent de l’écrivain change tout. Phèdre est douée, mais touchante, elle ne se met jamais vraiment en avant, et ses péripéties sont crédibles. Même quand elle approche les plus grands ou se sauve de situations désespérées, cela sonne bien. On s’attache réellement à elle ainsi qu’à ses compagnons.

Les intrigues politiques sont au centre du roman. Si vous cherchez de l’Heroic-Fantasy à base de héros qui découpent des dragons, passez votre chemin. Ici, on est à fond dans l’intrigue de cour, celle de Terre D’Ange pour être précis. Terre D’ange est très inspirée de l’Europe médiévale contrairement à ce qu’on pourrait croire. Moi, j’ai lu Namaah, j’en avais déduis que ça se passait en Inde (pour des raisons que j’ignore vu que c’est un prénom biblique), mais après avoir fini le livre, il est évident que Terre d’Ange n’est autre que la France, et cela est renforcé par les noms des autres pays limitrophes (les pictes par exemple …). C’est d’autant plus plaisant à lire, et surtout cela permet très aisément de ce repérer dans le monde crée par Jacqueline Carey.

La Marque Kushiel Tome 1 de Jacqueline Carey MiladyA vrai dire, son classement dans la Fantasy est délicat à expliquer car à part dans de très rares cas, il n’y a pas de magie. Ce sont des intrigues politiques dans une France imaginaire et médiévalisante matinée du raffinement des geishas, le tout extrêmement bien écrit, avec un univers très vivace. Jacqueline Carey ne se contente pas de changer des noms, et pof ça fait un monde. Non, elle invente une mythologie et une religion très crédible et développée. Il faut dire qu’elle a pris le parti de vraiment tout développer : comme je le disais le bouquin fait 1000 pages et l’intrigue principale ne commence qu’aux environs du quart. Cela fait 250 pages où il ne se passe pas grand chose si ce n’est suivre Phèdre.

Pourtant, La Marque de Jacqueline Carey glisse et se lit tout seul. J’ai mis certes 2 semaines à le lire, mais ce fut a cause du travail, car j’ai trouvé le roman passionnant et accrochant de bout en bout. Je regrette de l’avoir abandonné il y a des années, car je suis passée à coté d’un petit bijou. Du coup, maintenant, j’ai hâte de lire la suite. Peut être en ebook si je n’ai pas le courage d’attendre l’édition Milady.


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