La Loi du Désert de Franck Ferric

Serafina dans Critiques, Livres le 18 septembre 2009, avec 1 commentaire
Critiques

La loi du désert vient de paraître aux éditions du Riez. Il s’agit d’ailleurs de leur première parution. C’est un roman français de Science Fiction (ou d’Anticipation, ici en tout cas le terme n’est pas usurpé). Écrit par Franck Ferric, diplômé en histoire et surtout né à Bourges, une ville tout près de chez nous, ce livre arbore une très jolie couverture où se mêle paysages désertiques et technologie. C’est donc avec enthousiasme que je me suis mis à la lecture de ce roman de trois cents pages. Synopsis.

La Loi du Désert de Franck Ferric

Dans un futur plus ou moins proche, la planète a été en grande partie recouverte par le désert. Le gros de la technologie a disparu, ou s’est perdu au fur et à mesure. Des villes-état se sont érigées, où des centaines de malheureux s’entassent dans des bidonvilles qui feront penser à ce que certains pays connaissent actuellement. Au dehors, la menace des Blafards, créatures pales et effrayantes, est très présente. Mathian est en train de faire son service militaire, et dézingue du blafard tant que faire se peut. Il a laissé à la ville son petit frère, sa sœur et leur mèren tous trois habitants des bidonvilles. Sauf que le petit frère, Raul, se retrouve embringué dans un mauvais coup, qui va lui amener de gros ennuis.

Ça c’est le postulat de base. Bien évidemment, vous vous en doutez, cela ne va pas s’arrêter là. A travers les aventures des deux frères, on va parcourir le monde. Le roman étant comparé à un road movie dans le résumé, je ne peux qu’approuver. Le désert et ses codes, les villes et ses lois, tout ceci, on va le voir au travers des deux héros. Évidemment, ce sont des gens du peuple, donc ne croyez pas trouver des intrigues politiques ou des grandes destinées, loin de là. Si par exemple, la ville nous est décrite comme « totalitaire » par Raul, nous n’en avons aucune preuve, et le roman d’ailleurs n’est pas tranché la dessus. C’est la vie au niveau des gens comme vous et moi. C’est aussi pour cela qu’il est si facile de s’attacher aux personnages, ils n’ont rien de fabuleux, ils ne sont pas des quelconques élus, non, ce sont juste des gars, qui la plupart du temps, ce sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. C’est crédible, et contrairement à d’autres bouquins, vous ne serez pas farcis de prophéties et autres. Par contre, comme bon nombre de Road Movie, on pourra voir là un semblant de récit d’initiation, mais qui fait fi des clichés. Les deux frères ont des personnalités très différentes et leurs réactions seront parfois surprenantes. Les personnages sont tous développés, leur psychologie est fouillée.

Franck Ferric

Franck Ferric

L’ambiance du livre est très variée. Le début, où l’on suit Matthian pendant son service ferait presque penser à du Gears of War, tellement c’est épique, jouissif, des blafards qui sortent des puits, les grosses armes, les pauvres gars qui sont pris là, cette ambiance limite apocalyptique. C’est très immersif et rapidement addictif. Et puis petit à petit cela se calme, pour arriver à un rythme de fin relativement lent, et une ambiance plus contemplative et mélancolique.  La progression est toute en douceur, et on se retrouve à se demander comment on en est arrivé là, tellement ça coule de source. Que de chemin parcouru en ces quelques centaines de pages, au propre et au figuré. Le final est surprenant, inattendu, cohérent évidemment, et donne un tout autre éclairage au roman, et une profondeur qu’on n’aurait peut être pas soupçonné au premier abord.

Le style de l’auteur concours évidemment à cette immersion. Le livre est écrit au présent, ce qui est assez rare pour le noter. Cela passe très bien, tant et si bien que je ne me suis rendue compte que c’était au présent que vers la 100ème page.La construction est agréable, le vocabulaire maîtrise, rien à redire.  Le roman bien que classé Anticipation est tout à fait abordable pour un lecteur qui n’a pas l’habitude d’en lire, pas de boulons, pas de destinées de l’univers, peu de présence scientifique. Le folklore est effleuré, mais présent, les Blafards se révèlent plus intéressants que des locustes, et constituent un autre point très fort du roman, sans vous en dire plus.

Pour toutes ces raisons, La loi du Désert fait partie sans conteste des meilleurs livres que j’ai lu cette année. Pour un premier roman, les édition du Riez promettent énormement. Je ne peux donc que vous inviter à le lire. Ici encore, assez difficile à trouver dans le commerce, mais cette page pourrait vous aider.


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  • Ehani a écrit le 19 septembre 2009 à 14 h 11 min:

    Un roman français de sf qui vous plait ? Qui l’eût crû ? :o
    Eh allez un bouquin de plus sur la liste de noel… ^^

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