La horde du contrevent de Alain Damasio

Serafina dans Critiques, Livres le 10 mars 2009, avec 23 commentaires
Critiques

La horde du contrevent est un roman de Science Fiction, écrit par un français : Alain Damasio. Il a été édité pour la première fois en 2004 et a gagné en 2006 le Grand Prix de l’Imaginaire. C’est entre autre pour cette raison que je désirais lire ce livre. Depuis longtemps, je n’en entend que du bien. Et finalement je l’ai eu pour Noël, merci dabYo <3

La Horde du Contrevent

La horde est un livre très particulier. Il s’agit d’un univers à part entière. Il retrace l’histoire de la 34ème horde, celle du 9ème Golgoth. Dans un monde balayé par les vents, une petite troupe, partie de l’extrême aval remonte la terre, à la recherche de l’extrême amont, la source des vents. Ce qu’il y a la bas ? On ne sais pas, paradis sauvage, calme des tropiques, cela change suivant les personnages. Car oui le roman est totalement narré à la première personne. A 23 premières personnes pour être exacte. Chaque paragraphe commence par un sigle qui identifie la personne qui prend la parole. Heureusement pour nous, un marque page avec les correspondances sigle/personnage est là pour nous sauver, car au départ c’est un peu difficile.

Cette manière de narrer, assez spéciale, nous propulse directement au cœur de la horde. Nous voyons tous les points de vue, tour à tour, nous sommes vraiment avec eux. Car cette vingtaine d’humains ne forme qu’un tout, une horde, malgré tout soudée et unie. Leurs conditions de vie sont difficiles, et on souffre avec eux.

Vocabulaire de la Horde du Contrevent

Damasio développe au cours du roman, de 700 pages en version poche, un véritable univers centré autour du vent. Le vocabulaire est revu en conséquence, nos expressions usuelles (du type : oh mon dieu) sont corrigées pour entrer dans ce monde dominé par le vent (oh mon vent, du coup). On peut déjà à ce niveau la saluer le talent de Damasio. Mais ce n’est pas tout. Chaque membre de la horde a son style de langage, ses expressions. Sov, le scribe, aux figures de styles un brin ampoulées mais très littéraires, Golgoth très animal, Caracole… Caracole.

S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait lui. Troubadour, énigme, vif, enlevé, Caracole illumine le roman. C’est l’occasion pour Damasio de démontrer, s’il en était besoin, sa connaissance de la grammaire. Des calembours à la joute verbale totalement axée sur des bizarreries grammaticales (palindromes, etc), Damasio manie la langue française comme bien peu en sont capables. Certains jouent avec les nombres, il joue avec la grammaire. Sur ce point il n’y a rien à redire, c’est génial, d’un bout à l’autre.

Et si il ne jouait qu’avec la grammaire… Damasio semble avoir une solide culture scientifique. Sa horde est composée de quelques scientifiques qui, au fur et à mesure, vont nous apprendre la science de ce monde. Et là, il faut s’accrocher. D’une part car des concepts, comme celui de l’entropie par exemple, sont très présents et très peu expliqués. Vous êtes supposés le connaître avant. De même, quelques notions de physique quantique seront bienvenues. Oh ce n’est pas nécessaire. Mais sans cela vous risquez d’être un peu perdu lors des pages entières d’explications sur la topologie du vent. Et bien sûr, vous pouvez chercher sur Wikipedia, mais on n’assimile pas des concepts de physique en claquant des doigts.

Image de la Horde du Contrevent

Il n’y a pas dire, il est très rare de voir un roman de Science Fiction récent de cet acabit, surtout chez un français. C’est probablement l’un des meilleurs livres que j’ai pu lire depuis très très longtemps. La fin est prévisible, mine de rien, mais on en reste quand même sur le cul.

Si vous aimez la SF, lisez. Si vous n’aimez pas la SF, lisez quand même. Car on est loin du stéréotype vaisseaux spaciaux et pistolasers. La horde est un roman initiatique et accessible du moment que vous retrouver dans un monde inconnu ne vous gène pas.


Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
23 commentaires, donnez votre avis !
  • Céline C. a écrit le 10 mars 2009 à 16 h 38 min:

    J’ai déjà lu une critique traitant de ce bouquin la, il n’y a pas si longtemps que cela. Et comme ton avis, c’était très élogieux !
    Je note, je note… Même si j’ai déjà plein de livres à lire… ^^

    RépondreRépondre
  • Rhapsody a écrit le 11 mars 2009 à 9 h 33 min:

    Tu m’as donné super envie de le lire, même les notions scientifiques je n’en ai absolument pas. Mais là, pour une fois que je vois une critique aussi élogieuse…

    RépondreRépondre
  • Thalia a écrit le 13 mars 2009 à 12 h 33 min:

    Meme si on est une quiche en simple sciences il est lisable?

    RépondreRépondre
  • Serafina a écrit le 13 mars 2009 à 17 h 33 min:

    Oui, bien sur c’est lisable. Tu passeras seulement a coté de certaines references, et les trips sur la mécanique quantique appliquée aux vents risquent de te paraitre ardus. Mais ca ne représente pas la majorité du livre, loin de la.

    RépondreRépondre
  • Rhapsody a écrit le 26 mars 2009 à 19 h 53 min:

    Bon, ben je suis tombée dessus tout à l’heure à la fnac…et je me suis rappelée ta superbe critique. Du coup,j’ai oublié que même les divisons j’avais du al sans calculatrice, et je l’ai acheté. Tant pis pour les notions scientifiques, j’avais trop envie de le lire ^^

    RépondreRépondre
  • Rhapsody a écrit le 5 mai 2009 à 19 h 33 min:

    Troisième et dernier commentaire sur cet article, je ne sais même pas si tu le liras, mais c’est pas grave. Je viens de le finir, après avoir réussi à laisser de côté toutes les lectures pour l’IUT. Et bon sang, ça fait plaisir de l’avoir fini, de savoir enfin le dénouement!
    Parce qu’au début ça me faisait un peu peur quand même le côté scientifique, et j’ai eu pas mal de problèmes avec certaines choses, mais ce bouquin est tellement bien que je ne regrette pas de l’avoir acheté. Ne serait-ce que pour la scène de la joute verbale entre Caracole et Sélème…j’ai halluciné en la lisant. Et puis la fin…ben je l’ai trouvé triste, pas au point d’en avoir les larmes aux yeux, mais tout de même quoi…alors, je voulais te remercier, parce que sans cet article élogieux de ta part, je ne l’aurais proablement jamais acheté…et je serais passée à côté. ALors, merci!
    Et prochain bouquin commenté sur ce site, « Corps exquis »! J’avais pour projet d’aller dévaliser la fnac demain, je le rajoute sur ma liste…=)

    RépondreRépondre
  • Seraf' a écrit le 5 mai 2009 à 20 h 03 min:

    Héhé je suis contente alorS. La joute verbale est un moment de pur bonheur. C’est dans ses moments la qu’on voit l’immense talent de l’auteur *o*.
    Merci a toi d’etre repassée par ici ^_^

    RépondreRépondre
  • Cuisto a écrit le 21 août 2009 à 18 h 03 min:

    Je n’arrive pas a comprendre pourquoi on parle de coté scientifique, c’est le seul endroit ou j’en entend parler, s’il existe un coté scientifique, il représente 0,001 % du bouquin et cela ne doit surtout pas paraitre rébarbatif comme on peut le lire ici.
    Ce livre est tout simplement à lire comme un poème, et il doit être lu, non pas gardé dans un coin de sa bibliothèque, j’entame pour ma part la 3ème lecture.

    RépondreRépondre
  • Pef a écrit le 17 octobre 2009 à 17 h 16 min:

    J’ai vraiment super envie de lire ce livre ! Merci pour tous vos avis positifs ! ;)

    RépondreRépondre
  • Seraf' a écrit le 17 octobre 2009 à 18 h 43 min:

    @cuisto, oula je ne suis pas du tout d’accord. Peut etre est-ce parce que je suis de formation scientifique, mais les references scientifiques sont extremement nombreuses et la scientifisation du vent devient de plus en plus importante au fil du bouquin.
    Apres je suis d’accord sur le fait que cela n’ote en rien de ses qualités ;p

    RépondreRépondre
  • Tommilidjeuns a écrit le 8 décembre 2009 à 12 h 43 min:

    Je suis en train de le lire, ce bouquin, j’ai du lire des centaines de livres de SF, mais celui là, pardon, c’est de la balle, çà décoiffe, çà ébouriffe, çà tient aux tripes (je viens de me déguster la joute verbale entre Caracole et Sélème, rien que pour çà, çà vaut le coup de l’avoir le livre.
    Manque juste une chose, que je crois indispensable dans ce genre de bouquin, une Carte de ce monde étrange…Pour s’évader complètement du nôtre qui est tellement magnifique par sa géographie, mais tellement sinistre et surréaliste par ses occupants,son système économique odieux et son manque de logique.
    Allez je retourne « la haut »

    RépondreRépondre
  • Dans la Lune » La Horde du Contrevent (Alain Damasio) a écrit le 20 août 2010 à 9 h 36 min:

    [...] Les avis (ravis) de Kameyoko et If is Dead. [...]

  • MissCycy a écrit le 3 novembre 2010 à 20 h 36 min:

    Hey je l’ai fini depuis un moment, ainsi que la loi du désert. Je te les rends quand ? (Si c’est une cadeau de noël je ne peux pas me permettre de faire trainer les choses). Sinon bien entendu c’est une perle rare (La horde bien sûr), beaucoup de plaisir à la lire même si ça a parfois un goût de trop peu. J’aurai bien aimé qu’il ne se centre pas que sur quelques personnages mais qu’il nous fasse réellement voyager dans toute la horde. Bcp de personnalités intéressantes sont restées à l’écart des projecteurs. Mais j’avoue qu’il est très plaisant à lire, et on sent tout le plaisir de Damasio à faire parler Caracole ^o^
    Sinon la loi du désert, …, je l’ai lu quoi.

    RépondreRépondre
  • Guillaume44 a écrit le 26 juin 2011 à 11 h 24 min:

    C’est à mon goût l’un des romans les plus putassiers et sans intérêt que j’ai pu lire sur une décennie passée. Mais furieusement dans l’air « hype » du temps, c’est clair. Du vent quoi ^^ Dommage que ce genre d’ouvrage soit autant mis en avant et que l’on boude les auteurs classiques sur lesquels tout a été pompé, mais bon, c’est peut-être l’époque qui veut ça.

    RépondreRépondre
  • zo. a écrit le 27 juin 2011 à 3 h 37 min:

    Putassier ? Que ça ne t’ait pas plu, je peux comprendre, mais là, « putassier », j’ai du mal à comprendre ! Qu’est ce qu’il y a de vulgaire ou de racoleur ?

    Je ne suis pas expert en SF, bien que j’en ai lu un peu, dont certains classiques (on peut parler du cycle de Fondation d’Asimov, des délires parfois illuminés et incompréhensibles de K. Dick – Siva par exemple -, ou même de Bradbury si tu veux), mais là je ne vois pas ce qu’il a pompé spécialement qui n’appartienne pas au genre de manière générale. Et il introduit aussi pas mal de choses… Bref, autant que tu sois aigri qu’on boude les auteurs classiques (m’enfin, j’ai pas l’impression qu’on les boude tant que ça), à la limite, mais « putassier », faudra vraiment m’expliquer !

    RépondreRépondre
  • Guillaume44 a écrit le 27 juin 2011 à 21 h 13 min:

    Aigri n’est pas le mot, je ne fais que souligner cet état de fait. Les auteurs existentialistes gagneraient à être (re)lus, c’est ce que je regrette. Par contre la Horde ce n’est pas de la SF, j’en suis navré.

    RépondreRépondre
  • Moi a écrit le 27 juin 2011 à 21 h 48 min:

    Peut être n’as tu pas compris et pas lu
    jusqu’au bout ne t’en prend qu’a toi même
    pour le reste tu affirmes de joli choses
    mais j’en déduit que c’est Ton point de
    vue sans culture

    RépondreRépondre
  • zo. a écrit le 27 juin 2011 à 22 h 54 min:

    « Aigri » était peut-être un peu fort, en attendant, je ne vois toujours pas pourquoi tu utilises le mot « putassier ». Autant, ton « sens-intérêt » je peux comprendre, les goûts c’est une question de sensibilité, personne n’a la même, surtout en lecture, donc pourquoi pas. Et le fait que La Horde ne soit pas de la SF, là-dessus je suis presque d’accord. On peut parler de conte, de roman d’aventure, de fantastique, et UN PEU de SF. Mais encore une fois, je ne vois toujours pas le rapport avec un quelconque aspect « putassier ». M’enfin, c’est pas grave hein, on discute, ça me dérange pas plus que ça. C’est juste que j’ai vraiment été surpris.

    RépondreRépondre
  • dabYo a écrit le 28 juin 2011 à 9 h 46 min:

    Concernant le genre, il me semble qu’Alain Damasio n’a pas revendiqué le fait de mettre la Horde dans le genre S-F, et que donc ça n’a rien à voir avec la qualité intrinsèque du bouquin :D (il s’agirait plus d’une erreur de classification de notre part)

    RépondreRépondre
  • Guillaume44 a écrit le 10 juillet 2011 à 13 h 13 min:

    @ Moi : élevons le débat, je te prie, au-delà des petites phrases assassines.

    @ zo : Damasio reprend en gros des ficelles « post-existentialistes » trop en vogue dans la littérature générale à l’heure actuelle, qui finissent par tuer la poule aux œufs d’or. Cela m’a déçu de formuler la même critique en lisant ce bouquin dont j’attendais beaucoup plus (eu beaucoup de mal à le lire, m’a fallu m’y prendre à deux fois, me tirer dessus, une torture). La plume est excellente, le fond est malheureusement putassier. Au final j’en viens à une appréciation moyenne en moyennant ces deux critères.

    @ dabYo : oui.

    RépondreRépondre
  • Moi a écrit le 10 juillet 2011 à 13 h 15 min:

    tu confirme ce que je viens de dire
    trop compliqué pour être compris …

    RépondreRépondre
  • Guillaume44 a écrit le 11 juillet 2011 à 9 h 23 min:

    Ha, tu n’as pas compris le livre ? Tu peux faire quelques recherches google, pas mal de chroniques et d’interview de l’auteur si besoin.

    RépondreRépondre
  • whitesnake a écrit le 26 mai 2013 à 14 h 35 min:

    Pourquoi vous embêter à répondre à Guillaume44, Il ne fait que troller sans apporter d’arguments. Ne tombez pas dans le panneau, y’a des gens comme ça qui prennent du plaisir à énerver les gens, grand bien leur en fasse.

    Sinon ce livre ma beaucoup plus dans son rythme, je n’ai pas suffisamment de culture pour appréhender toutes ses subtilités, il n’empêche que la singularité qui s’en dégage est très plaisant et quelques scènes d’anthologies comme la joute verbale effectivement ne font que renforcer cette tendance. Par contre la fin est un peu particulière il est vrai

    RépondreRépondre
  • Donnez votre avis !

    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?