Les Annales de la Compagnie Noire a fait pendant longtemps parti des séries de Dark Fantasy que je voulais absolument lire. D’abord parce que les couvertures sont superbes, et surtout parce qu’à chaque fois qu’il était question du Trône de Fer, le nom de cette série revenait au galop. A dire vrai, après la lecture du premier tome, je ne comprends pas tout à fait pourquoi, si ce n’est par la qualité certaine des deux séries.
Toujours est il que le moment de la lire était enfin venu, et bien que la quatrième de couverture soit très pompeuse, elle ne ment pas totalement. Glen Cook a pour sa série un style de narration assez atypique. En effet, racontée à la première personne, l’histoire de cette compagnie n’est évoquée que par le point de vue du héros, qui n’en est pas vraiment un. Jusqu’ici, rien de très originale. Cependant, contrairement aux autres oeuvres que j’ai pu lire utilisant la narration à la première personne, notamment l’Assassin Royal, Cook ne nous donne ici strictement aucune introduction, aucun élément d’observation, rien.
Nous sommes littéralement balancé dans l’histoire en tant que Toubib, analyste de la compagnie qui se charge de mettre sur le papier, dans des annales, tout ce qu’elle fait. Ce sont donc ces dites annales que nous sommes sensés lire, d’où le titre de la série. Et bien entendu, Toubib ne va pas faire un résumé des événements précédents à chaque fois qu’il y écrit quelque chose. Nous suivons donc sa vie au jour le jour, comprenons au fur et à mesure, et avec difficulté au début ce qu’il se passe, tant et si bien que les trente premières pages sont les plus obscures que je n’ai jamais lues. Qui sont donc ces gens ? Que font ils ici ? Parlent ils d’un lieu ? Qu’est ce donc que le syndicat ? Des questions auxquelles j’ai mis énormément de temps à répondre, et dont les réponses me sont après cette lecture encore obscures. Pour tout comprendre il est donc nécessaire de se mettre dans la peau du personnage, de penser comme lui, et de visualiser chacune des scènes pour imaginer nous même les détails, et ce qu’il se passe.

Jamais nous n’aurons un retour en arrière sur un évènement passé avec l’explication exacte, sauf si cette explication est racontée au personnage. Jamais il ne sera dit que tel personnage est un magicien, et pourquoi. Non, Toubib le sait depuis des années, pourquoi le mettrait il dans les annales ? Pourquoi nous expliquerait il que la magie existe réellement en ce monde ? Que la compagnie travaille pour le syndicat, et garanti l’ordre dans la ville ? Que la compagnie compte quelques milliers d’homme ?
Et pourtant, malgré ce manque cruel de détails, la sauce prend. On commence à comprendre, on commence à se sentir proche de ce personnage qui met sur le papier autant les évènements qui se passent que ses propres réflexions et autres dégoûts. Car il faut le dire, la série ne vole pas sa réputation de gore. Il est tout du long question de morts, et de meurtres, de vols, de viols, de razzias… Bon, je n’ai pas tellement été choqué, contrairement à ce que le Trône de Fer a pu me faire ressentir, mais tout de même.
Les intrigues, bien que vues par un personnage quasiment tout en bas de l’échelle sont rudement menées, et très intéressantes. Dommage juste que l’auteur n’ait pas eu le choix que de rendre son héros important, afin que ce dernier puisse coucher sur le papier des confidences que les hauts placés lui ont faites. Mais on le comprend bien après tout. Difficile de suivre des intrigues si celui qui les narre n’y est pas du tout impliqué, et qu’il n’en a pas la moindre idée. Toubib monte donc logiquement dans la hierrarchie, sans pour autant que la chose soit officielle. Il prend part aux aventures risquées, et on craint très souvent pour sa vie, chose illogique puisque c’est lui même qui écrit ses aventures, après coup.
Ceci étant dit, je reste tout de même perplexe sur la cohérence entre le récit et ce qu’un analyste mettrait dans des annales. Je ne suis point sûr qu’il ne s’agisse là pas tout simplement d’un bon prétexte. Une série qui s’annonce donc des plus passionnantes, vu à quelle rapidité j’ai dévoré les dernières pages, le gros des intrigues. Malheureusement, aucun libraire à Blois ne daigne vendre le tome 2 dans sa nouvelle édition chez J’ai lu. Et je déteste avoir plusieurs types d’édition, j’attendrais donc.








Céline C. a écrit le 18 octobre 2008 à 22 h 05 min:
Ah la, ça devient louche, on lit vraiment la même chose !!
J’ai lu les 3 premiers pour l’instant, et j’ai trouvé aussi que l’entrée dans ces livres est pas évidente. Le style surprend beaucoup au début, aucun précision, à nous de nous débrouiller.
Et puis petit à petit, on se rend compte qu’il est difficile de décrocher !
Du très bon !
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