La compagnie noire de Glen Cook

dabYo dans Critiques, Livres le 29 septembre 2008, avec 13 commentaires
Critiques

Les Annales de la Compagnie Noire a fait pendant longtemps parti des séries de Dark Fantasy que je voulais absolument lire. D’abord parce que les couvertures sont superbes, et surtout parce qu’à chaque fois qu’il était question du Trône de Fer, le nom de cette série revenait au galop. A dire vrai, après la lecture du premier tome, je ne comprends pas tout à fait pourquoi, si ce n’est par la qualité certaine des deux séries.

La Compagnie Noire; les Annales de la Compagnie Noire Tome 1, de Glen Cook

Toujours est il que le moment de la lire était enfin venu, et bien que la quatrième de couverture soit très pompeuse, elle ne ment pas totalement. Glen Cook a pour sa série un style de narration assez atypique. En effet, racontée à la première personne, l’histoire de cette compagnie n’est évoquée que par le point de vue du héros, qui n’en est pas vraiment un. Jusqu’ici, rien de très originale. Cependant, contrairement aux autres œuvres que j’ai pu lire utilisant la narration à la première personne, notamment l’Assassin Royal, Cook ne nous donne ici strictement aucune introduction, aucun élément d’observation, rien.

Nous sommes littéralement balancé dans l’histoire en tant que Toubib, analyste de la compagnie qui se charge de mettre sur le papier, dans des annales, tout ce qu’elle fait. Ce sont donc ces dites annales que nous sommes sensés lire, d’où le titre de la série. Et bien entendu, Toubib ne va pas faire un résumé des événements précédents à chaque fois qu’il y écrit quelque chose. Nous suivons donc sa vie au jour le jour, comprenons au fur et à mesure, et avec difficulté au début ce qu’il se passe, tant et si bien que les trente premières pages sont les plus obscures que je n’ai jamais lues. Qui sont donc ces gens ? Que font ils ici ? Parlent ils d’un lieu ? Qu’est ce donc que le syndicat ? Des questions auxquelles j’ai mis énormément de temps à répondre, et dont les réponses me sont après cette lecture encore obscures. Pour tout comprendre il est donc nécessaire de se mettre dans la peau du personnage, de penser comme lui, et de visualiser chacune des scènes pour imaginer nous même les détails, et ce qu’il se passe.

La Compagnie Noire

Jamais nous n’aurons un retour en arrière sur un évènement passé avec l’explication exacte, sauf si cette explication est racontée au personnage. Jamais il ne sera dit que tel personnage est un magicien, et pourquoi. Non, Toubib le sait depuis des années, pourquoi le mettrait il dans les annales ? Pourquoi nous expliquerait il que la magie existe réellement en ce monde ? Que la compagnie travaille pour le syndicat, et garanti l’ordre dans la ville ? Que la compagnie compte quelques milliers d’homme ?

Et pourtant, malgré ce manque cruel de détails, la sauce prend. On commence à comprendre, on commence à se sentir proche de ce personnage qui met sur le papier autant les évènements qui se passent que ses propres réflexions et autres dégoûts. Car il faut le dire, la série ne vole pas sa réputation de gore. Il est tout du long question de morts, et de meurtres, de vols, de viols, de razzias… Bon, je n’ai pas tellement été choqué, contrairement à ce que le Trône de Fer a pu me faire ressentir, mais tout de même.

La Compagnie Noire; les Annales de la Compagnie Noire Tome 1, de Glen CookLes intrigues, bien que vues par un personnage quasiment tout en bas de l’échelle sont rudement menées, et très intéressantes. Dommage juste que l’auteur n’ait pas eu le choix que de rendre son héros important, afin que ce dernier puisse coucher sur le papier des confidences que les hauts placés lui ont faites. Mais on le comprend bien après tout. Difficile de suivre des intrigues si celui qui les narre n’y est pas du tout impliqué, et qu’il n’en a pas la moindre idée. Toubib monte donc logiquement dans la hiérarchie, sans pour autant que la chose soit officielle. Il prend part aux aventures risquées, et on craint très souvent pour sa vie, chose illogique puisque c’est lui même qui écrit ses aventures, après coup.

Ceci étant dit, je reste tout de même perplexe sur la cohérence entre le récit et ce qu’un analyste mettrait dans des annales. Je ne suis point sûr qu’il ne s’agisse là pas tout simplement d’un bon prétexte. Une série qui s’annonce donc des plus passionnantes, vu à quelle rapidité j’ai dévoré les dernières pages, le gros des intrigues. Malheureusement, aucun libraire à Blois ne daigne vendre Le Château Noire, le tome 2 dans sa nouvelle édition chez J’ai lu. Et je déteste avoir plusieurs types d’édition, j’attendrais donc.


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13 commentaires, donnez votre avis !
  • Céline C. a écrit le 18 octobre 2008 à 22 h 05 min:

    Ah la, ça devient louche, on lit vraiment la même chose !!
    J’ai lu les 3 premiers pour l’instant, et j’ai trouvé aussi que l’entrée dans ces livres est pas évidente. Le style surprend beaucoup au début, aucun précision, à nous de nous débrouiller.
    Et puis petit à petit, on se rend compte qu’il est difficile de décrocher !
    Du très bon !

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  • Le Chro a écrit le 30 janvier 2012 à 15 h 35 min:

    Juste un point de détails (négatif) alors que je suis en cours de lecture. Tu parles de la compagnie qui fait plusieurs milliers d’hommes. Ben justement à ce sujet, je ne sais pas si tu as fini par avoir un chiffre par un moyen ou un autre, mais j’ai un peu de mal avec cette notion d’effectifs, justement.

    Je bloque franchement sur cette compagnie soi-disant d’élite. Qu’elle soit d’élite, en soi, j’ai rien contre. Le hic, c’est que dès le début, ils perdent des hommes en comptant à la centaine (je sais plus s’il n’y a « que » une centaine ou plusieurs, il me semble plusieurs, mais à la limite c’est pas le nœud du problème). Pour qu’ils puissent continuer à ressembler à quelque chose c’est que effectivement, j’en arrive à la même conclusion que tu donnes dans ton analyse, la compagnie doit faire au moins un millier (surtout qu’ils avaient déjà subis des pertes et en avait subies d’autres). Sauf que là où le bât blesse vraiment, c’est qu’il dit que c’est vraiment un coup dur pour eux, qui met sérieusement en danger la pérennité de la compagnie. Et là je dis:

    – Comment une troupe médiévale peut être d’élite en ayant autant d’hommes (vu que même juste après ces pertes ils sont toujours une force impressionnante c’est que c’était grand maximum le tiers de leurs forces)? J’ai du mal à concevoir qu’une compagnie de mercenaires puissent entrainer autant d’hommes jusqu’à ce qu’ils forment une élite. Et j’ai encore plus de mal à admettre qu’ils puissent recruter autant de personnes qui soit directement d’élite, sans compter que des hommes d’origines diverses, même très bons, doivent subir un entrainement non négligeable pour travailler en synergie, sans quoi la compagnie, même composées d’élite, ne serait pas une compagnie d’élite.
    – Si c’est une perte si grande pour eux, comment se fait-il qu’ils enchainent aussitôt sur une mission de confiance où manifestement, ils brillent toujours autant et ne perdent pas du tout leur image de compagnie d’élite? Ils n’apparaissent absolument pas diminués. Et on ne recrute pas suffisamment de personnes pour reformer les rangs en un claquement, de doigts, claquement qu’ils n’ont, il n’y a aucune ambiguïté là dessus (pas d’ellipse à ce moment-là), pas eu le temps d’effectuer.
    – Il y a manifestement des liens importants entre les membres de la Compagnie. Il y a un code d’honneur commun, personne ne déserte la compagnie ni ne la quitte avant d’être mort, et Toubib dit qu’ils sont une « famille ». Alors bon, admettons que le dernier point soit une licence « poétique » et que pour le reste ce soit du même tonneau qu’une école d’ingé, mais ça n’aide pas à crédibiliser le reste
    – Comme je l’ai dit, ça ne me parait pas crédible qu’ils ne soient que 3 ou 4 centaines, cela devrait se ressentir beaucoup plus sans cela dans la narration (quand une compagnie perd un tiers de ses hommes ET qu’elle est plutôt « petite » elle ne peut pas continuer à agir comme avant). Donc ils sont au moins un millier et, élite ou non, j’ai du mal avec ça. Ca me parait vraiment énorme pour un « simple » groupe de mercenaires, il y a la problématique des logements, de l’approvisionnement, le transport en bateau d’autant d’hommes lorsqu’ils sont invités à aller dans le nord…

    Alors certes, je l’ai dit, c’est un détail. Je pense que Cook s’est simplement un peu lâché, il a voulu lâcher du gros chiffres pour que « ça claque », et AMHA ça coince niveau cohérence. Mais c’est un détail qui, pour moi en tous cas, joue beaucoup, parce que la taille et poids de la compagnie sont un facteur important de l’histoire. Suivre une bande et suivre une armée, ce n’est pas pareil. Et qu’une bande de deux ou trois cents hommes qui a un impact vraiment notable sur le déroulement d’une guerre, ça a plus de prestige qu’une armée qui obtient le même impact. Et dans une histoire où il ait si important que le lecteur se mette vraiment dans la peau du narrateur pour comprendre, je trouve que c’est un sacré bémol.

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  • dabYo a écrit le 30 janvier 2012 à 16 h 43 min:

    @Le Chro: Hmm, je dois t’avouer que je réponds sans trop avoir le contexte (et je n’oserai même pas lire ma chronique tant elle date :D) mais il me semble que ce point va rester flou jusqu’à la fin et que d’ailleurs, je l’évoque dans ma chronique du T2 ou du T3.

    En fait, l’auteur présente la compagnie au début du livre comme une gigantesque armée (quand même), sans pour autant être cohérent dans sa façon de traiter, car tout au long de l’histoire, Toubib ne va jamais être confronté à un de ses alter égo dans la compagnie.

    Pourtant, il serait logique d’avoir plusieurs Toubib dans la compagnie…

    Ceci dit, il me semble quand même qu’il y a énormément d’ellipse, donc ce que tu me dis m’étonne un peu.

    ps: je comprends que tu n’aime pas les scénarios avec des intrigues de courts si une incohérence du genre te gêne déjà autant ;P

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  • Le Chro a écrit le 30 janvier 2012 à 17 h 20 min:

    @dabYo: )Il y a effectivement énormément d’ellipse, on est d’accord. Mais là c’est juste au tout début (c’est ce qui est d’autant plus frappant d’ailleurs: à peine on entame le bouquin qu’ils se prennent une super volée; et survolée en plus [jeu de mot Ramoucho] ), Toubib explique la situation où ils en sont actuellement juste avant la « mission finale » qui précède leur départ (départ précipité explicite qui empêche donc tout recrutement de masse). Éventuellement ils peuvent recruter sur place (mais alors je vois pas comment, ce sont des étrangers sortis de nul part en pleine guerre, je vois pas où ils trouveraient des gars qui soient pas engagés ailleurs s’ils ont envie de se battre) mais au tout départ de la nouvelle campagne ça ne peut pas être encore le cas. Cela dit, avec les ellipses, je peux admettre que leur image de gros durs se soient construites plus tard, après qu’ils aient recrutés des hommes venus d’une autre dimension. ‘dmettons.

    (Et pour le PS: bah, ça, ça montre que je peux pas aimer les intrigues de cour des mauvais auteurs, mais un bon auteur fait attention à ce qu’une intrigue ne soit pas incohérente, ‘spas? ;-) Une intrigue de cour c’est trahison et rebondissement, donc faut absolument pas de failles.

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  • dabYo a écrit le 30 janvier 2012 à 17 h 28 min:

    @Le Chro: C’est une armée de mercenaires donc ça ne m’étonnerait pas qu’ils recrutent à l’étranger (tu as du découvrir Corbeau, qui est un exemple de recrutement du genre).

    Après je pense aussi que le terme d’élite est de toute façon pas forcément très représentatif de l’ensemble. Disons que c’est plus pour faire classe, et que la Compagnie a une supériorité notamment grâce à ses quelques sorciers qui eux, ne meurent jamais.

    Ceci dit, sur ces points particuliers la suite ne va pas s’améliorer, on a le droit grossomodo à une sorte de flou artistique ;O

    (comme le Trône de Fer :D)

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  • Le Chro a écrit le 30 janvier 2012 à 19 h 19 min:

    (Faux, un des sorciers crève dès les premières pages ^^ D’ailleurs c’est un des très bons points que j’ai oublié de noter dans Lundi: au moins, il ne s’embarrasse ni de finesse ni de gants, Mister Cook, ça décanille sec ^^ )

    Justement, le Corbeau, c’est une personne, et ils y ont mis le temps pour le recruter. Là je parlais de recruter 150 personnes pour refaire les effectifs. C’est pas qu’ils acceptent les étrangers qui me gênent, bien au contraire, comme tu le soulignes ça n’a rien d’étonnant pour une compagnie de mercenaires qui passe d’un pays à l’autre. Non, c’est la possibilité de recruter plein de mondes rapidement à l’étranger.

    Quant aux sorciers, ben… Toubib les qualifient de « petits sorciers » (même si je le soupçonne de les avoir rabaissés), leurs patrons ont en tous cas bien plus lourds ça y a aucun doute même objectivement… Et leurs adversaires ont aussi de nombreux sorciers, et des bons. Enfin je pinaille, c’est vrai que ça doit jouer sur leur côte d’embauche. Ca, et le fait que le Capitaine et deux trois autres ont l’air d’être de très bons stratèges. Ce n’est pas dit explicitement mais ils ont manifestement au dessus du lot de leur monde et époque. Même si personnellement j’ai un peu de mal avec leurs plans, j’ai l’impression que ce n’est pas tant qu’ils sont très bons que les autres qui sont très mauvais :-D Donc ouais, c’est crédible que le coté « élite » (je crois pas que le mot soit utilisé hein au fait, c’était juste un raccourci de ma part) viennent pas de la qualité de leur piétaille.

    Du coup, merci DabYo, je suis toujours persuadé qu’il y a des incohérences mais moins graves que ce que je voyais, et probablement imputable à la subjectivité du narrateur.

    (P.S.: C’est pas ça qui m’a stoppé dans le Trône de Fer. Enfin je crois pas. L’aventure n’avançait pas assez vite pour que mon décrochage après un nombre de pages raisonnables m’ait permis de le voir ;-) )

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  • Le Chro a écrit le 6 février 2012 à 14 h 17 min:

    Tiens, maintenant que j’arrive sur la fin du bouquin, deux choses: d’abord je ne suis pas d’accord avec toi sur le fait que Toubib est en bas de l’échelle. Pour moi ce n’est pas le cas du tout. Quelqu’un qui a ses entrées dans la tente du capitaine, et qui a des relations privilégiées avec les rares sorciers, pour une compagnie de « plusieurs milliers d’hommes » [j’ai l’impression que ça tourne plutôt autour de mille d’après certains propos], ça ne peut pas être un péquin de base. Sachant que Toubib est LE médecin de la compagnie, ça se justifie d’ailleurs très bien, il est très important pour la Compagnie. En outre, c’est l’annaliste, et il est mentionné clairement que c’est un poste important pour la compagnie.

    Quant à sa montée sur le front, moi j’ai trouvé ça plutôt bien fait, il y a une logique à mon sens. Toubib se porte volontaire pour aller au devant de l’action explicitement pour les annales. C’est dit et revendiqué. Quant à la deuxième moitié, oui, il y a une astuce qui l’a mis sur le devant de la scène, mais ma foi c’est plutôt logique (les êtres cultivés sont rares dans un tel monde, encore plus chez des mercenaires, je trouve ça cohérent) et les justifications qui font que ce seul événement l’entraîne par la suite dans des aventures centrales pour l’histoire sont plausibles. Après, oui, on peut deviner que c’est une « astuce », mais du moment qu’elle tient bien debout, ça ne me gêne pas. Surtout qu’avec les ellipses qu’il ne se prive pas de faire on peut aussi considérer que si ce sont des événements centraux c’est peut-être plutôt parce que justement Toubib y est, et non pas l’inverse: il y a de gros événements, des batailles, des rebondissement, que Toubib ne fait que mentionner rapidement parce qu’il n’y était pas.

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  • yokoken a écrit le 25 décembre 2012 à 19 h 08 min:

    moi je trouve les livres tres interessant sombre mais plein d’humour j’adore toubib et les trois mage (dommage tam-tam je t’aimais bien aussi)

    c’est une compagnie d’un millier d’homme meme si on parle toutefois que d’une trentaine de personnage n’ayant pas encore lu la suite je classe deja les trois premier tome comme mes preferé en tout genre avec Dune qui n’est pas dans le meme style

    par contre je vois pas le raport avec le trone de fer que j’ai lu aucune ressemblance dans le meme genre meme si y a pas mal de bon coté

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  • yokoken a écrit le 25 décembre 2012 à 19 h 16 min:

    toubib est bien classé car justement c’est un toubib et un tres bon orateur des annals et c’est pour ca qu’il est admiré des autre voir comme corbeau est impressionné par ce qu’ils raconte

    et la compagnie recrute partout elle est tres connu car elle pert peu de bataille
    et gagne la ou les asservis perde pour le recrutement c’est efficace et puis ils ont de bonne prime ^^

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  • Le Chro a écrit le 26 décembre 2012 à 9 h 31 min:

    @yokoken: Ce n’est pas qu’il y ait un quelconque lien entre le Trône de Fer et la Compagnie Noire (à part peut-être le succès et la qualité). Si tu relis ce post de dabYo et celui-ci c’est surtout un enchaînement dans la conversation. Nous avions déjà discuté avec dabYo du fait que je n’aime pas les intrigues de cour (et les complots et autres manigances, de manière générale), ce qui est une des raisons qui font que le Trône de Fer me gonfle assez méchamment. D’où les enchaînements suivants.

    Ça ne veut pas dire que les deux œuvres ont vraiment des points communs. Nous sommes d’accord (en tous cas moi je le suis ;-) ) que ce n’est ni le même style ni les mêmes types de trame. La preuve, j’aime bien la Compagnie Noire ;-)

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  • yokoken a écrit le 26 décembre 2012 à 17 h 12 min:

    alors tu es comme moi ^^

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  • gyps a écrit le 30 janvier 2013 à 15 h 53 min:

    J’ai lu les 13 volumes en édition « J’ai lu » quasiment l’un après l’autre. J’ai dévoré. Pas facile de s’accrocher parfois, avec une impression parfois d’un peu de remplissage. Mais il s’agit d’une épopée avec des personnages qui vont et viennent, qui meurent, qui sont remplacés dans leur fonction, qui évoluent, qui vieillissent et changent. Certains de ces personnages deviennent familiers, et à leur disparition, on est ému. Une grande variété de trouvailles. Mais l’histoire est fort construite sur les psychologies et moins sur l’action. Et le 13, qui est une conclusion, est étonnant. Vivement la suite si l’auteur de 68 ans arrive à l’écrire.
    Perso, j’ai été plus touché par cette série que par « le trône de fer » que j’ai abandonné en râlant (du remplissage pour faire des page !) au bout du 12e volume.

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  • Hélikaon a écrit le 20 octobre 2013 à 2 h 07 min:

    Il faut voir la compagnie comme un rouleau compresseur qui ne subsiste qu’à travers les hommes qui la compose, elle ère à droite à gauche dans un flou irritant pour le lecteur qui a parfois bien du mal à voir la finalité de l’oeuvre; c’est pour ça que l’oeuvre est géniale : outre l’humour, la qualité de l’écriture, l’originalité des personnages et leur semi complexité blasée, les annales sont la compagnie en même temps que le biais de la connaissance qu’on en a ( pour un temps ).

    Bref, je recommande vivement les 4 premiers (5?) tomes, les livres du nord ou cycle de la Dame, dans lesquels il y a vraiment de tout et qui sont bien ficelés pour moi; j’apprécie aussi la suite mais elle est moins intense.
    C’est une série qui tourne à l’émotion, au charme (si si), à une certaine forme de poésie désabusée et au mystère. Ici les magiciens vous ne les comprendrez pas (parce que Toubib ne la comprend pas), y en a des forts et des faibles mais en règle générale c’est tous des salauds. La stratégie n’est pas le centre des romans, les intrigues sont tellement inattendues ( et lorsqu’on entame les premiers volets, difficilement intelligibles ) que vous ne verrez presque rien venir, ce qui peut décevoir quand on espère tel ou tel revirement de situation. Toute cette atmosphère rend une impression crue de réalisme malgré le paranormal et je pense que c’est pour ça que les gens l’associent souvent au trône de fer qui possède aussi cet atout.les deux auteurs ont aussi en commun de ne pas être pusillanimes et de savoir faire mourir un personnage. Mais le genre est différend, moins conventionnel, et le cycle de la Dame est un chef d’oeuvre : libre à vous de lire le reste, celui là c’est service obligatoire. Merde. Ne serait-ce que pour les duels de Gobelin et Qu’un-Œil(loul). Et les Asservis!

    Faites pas chier, lisez 15 pages et si ça vous déplaît, basta(mohaha).

    J’ajoute que c’est gris-noir, parce qu’une des grosses qualités de la série c’est que la Compagnie comporte une bonne bande de connards, en ce qui concerne les personnages principaux on nous fait comprendre que ces derniers traînent pas mal de boulettes peu reluisantes. On est vraiment pas dans un manichéisme à la con et c’est un point important. Les gens clamsent, la compagnie est réduite à une poignée d’hommes une fois de plus dans son histoire… et c’est repartit? :)

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