La Compagnie de la Foudre de Stan Nicholls

dabYo dans Critiques, Livres le 24 avril 2009, avec 8 commentaires
Critiques

La Compagnie de la Foudre de Stan Nicholls faisait parti des titres que je voulais lire depuis que les éditions Milady ont envahi les étagères des libraires. La raison était très simple: j’avais le secret espoir qu’en étant du côté typé méchant, je pourrais lire un livre plutôt original et qui bouleverserai certains des clichés de la Fantasy. Synopsis.

La Compagnie de la Foudre, Orcs 1 de Stan Nicholls

Stryke est un orc, un vrai, il aime tuer ses adversaires, et se battre. C’est un soldat né, plutôt doué, et qui s’est retrouvé assez rapidemment propulsé au grade de lieutenant de sa propre escouade, les Renards. Alors qu’ils sont entrain de mener à bien une mission secrète pour leur commanditrice, la compagnie Orcs est la cible d’une razzia totalement inattendue. En se faisant surprendre de cette manière, la mission devient un échec et une mort certaine les attend à la maison: la reine n’aime pas que l’on échoue…

Pour être honnête, le livre commence vraiment bien, et m’a bien fait croire pendant une centaine de pages que je n’étais pas -une fois de plus- face à un livre qui essaie de mélanger toutes les recettes pour faire de la bonne Fantasy. Je dirai même que les quelques premières pages sont presques excellentes. Les orcs sont décrits comme des êtres ne vivant que pour se battre et massacrer les ennemis, et ça change des humains caractéristiquement bons et loyaux blablabla. Bien sûr, il y a des exceptions, mais celles ci sont elles aussi généralement peu variées. En fait, j’esperais voir ici un livre où, grâce à des conventions nouvelles, l’auteur se permettrait des passages différents. J’ai par exemple bien aimer voir des orcs parler des frèles humains qu’ils massacraient, et dont ils trouvaient les visages horriblement moches.

Malheureusement mon engouement pour la Compagnie de la Foudre, premier tome de la série Orcs, est vite retombé. On voit petit à petit arriver la trame principale d’une quête très typée Heroic Fantasy, et le côté que j’aimais bien aux orcs fini peu à peu par disparaître. Alors qu’ils étaient des brutes sanguinaires tuant femmes et enfants au tout début, ils deviennent petit à petit des créatures au grand coeur. Bizarre comme retournement de situation non ? Et voilà nos orcs partis, seuls contre tous, pour sauver l’ensemble des races, essayant par la même de protéger des régions entières d’un mystérieux poison, voir même de combattre le racisme.

La Compagnie de la Foudre, Orcs 1 de Stan Nicholls

Bref, on est donc bien loin de ce que la série nous laisser miroiter, et bien qu’il soit intéressant que pour une fois la série montre la bétise humaine et non celle des orcs dirigés par un Sauron-like, il faut avouer que l’intérêt de la Compagnie de la Foudre n’est pas très grand. Les passages sont bien trop stéréotypés, on ne parlera même pas des dialogues qui sont proches du risible, et les récits de combats trop frustrants. A chaque fois, on se retrouve avec un orc théoriquement en danger, qui n’a pas le dessus mais qui fini, bien entendu, par couper son adversaire en deux. En soit, la ficelle est très souvent utilisée dans la littérature. Mais de là à le faire pendant cinq pages toutes les trente, hm…

Enfin, ça m’apprendra. Après tout, il était bien écrit derrière le bouquin que David Gemmell l’a adoré et que le tout est bourré d’action. On ne peut pas dire qu’ils nous ait trompé sur la marchandise: c’est effectivement bourré d’action, pathétique certes, mais d’action quand même, et le titre est à la hauteur de Légende: prévisible et attendu du début jusqu’à la fin. Dommage, car le style de Nicholls est plutôt sympa, et que le principe était très intéressant. De même, certains personnages, notamment la reine, étaient partis du bon pied. Mais pour chacun d’eux, Nicholls fini dans le répétitif qui lasse et qui est stéréotypé à souhait. Et pour cela, aucun personnage n’y échappe, ni même la reine.

Au final, le pire reste quand même l’incohérence au niveau du caractère des personnages. L’auteur inciste au début du livre sur le côté très impulsif des orcs. Un lieutenant doit se faire respecter et cela passe souvent par la force. Si le lieutenant demande des choses impossibles, l’unité se rebelle quitte à le mettre sur la touche, le tuer quoi. Or, toutes les péripéties qui vont être vécues par notre unité ne pourraient l’être si on prend en compte ce postulat. C’est comme si j’étais le chef d’un groupe, que pour lui plaire je dois faire ce que la majorité veut, et que du jour au lendemain je leur demande de se suicider. Le feront ils ? Hm, non.

Bon alors que retenir sur tout ça ? Honêtement, pas grand chose. Le livre m’a plus passionné parce que j’attendais qu’il devienne bien que par sa qualité intrinsèque. A dire vrai, il n’y en a pas du tout. Si vous n’êtes pas fans de ce type de Fantasy, passez votre chemin. A moins d’avoir vraiment rien d’autre à lire, passez de nouveau votre chemin, car la série Orcs ne mérite vraiment pas que l’on s’y attarde… Une bouse de plus pour Milady ?


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8 commentaires, donnez votre avis !
  • Thalia a écrit le 24 avril 2009 à 17 h 39 min:

    C’est dommage que les orcs ne gardent pas leur caractère de départ … car bon même si le titre ne me tente pas (même avant ta critique lol) ben je ne vois pas des orcs avoir des grands coeurs … enfin … ça me parait bizarre quoi. Qu’ils luttent pour sauver les races soit … mais pour une raison évidente de leur race et non pour leur grand coeur. :/

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  • Entropik a écrit le 24 avril 2009 à 17 h 58 min:

    Très intéressante cette critique et qui du coup, me fait réfléchir un peu plus sur l’achat ou non de ce livre. Je lorgne dessus depuis un moment mais du coup, j’hésite, surtout si c’est pour lire un scénar fantasy normal avec juste une bouille d’orc pour « changer ».
    De toute façon, j’ai déjà assez de livres en attente mais c’est dommage, il me tentait bien celui-là.

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  • Kameyoko a écrit le 27 avril 2009 à 9 h 08 min:

    Critique très intéressante qui pose une nouvelle fois un des problèmes de la fantasy, un coté souvent conventionnel.

    Là où on pouvait s’attendre à un récit un peu différent de la fantasy classique (de par le choix de point de vue), apparemment ça bascule dans le classique.

    C’est quand même bizarre que pour un style aussi imaginatif et qui est en pleine croissance, il y ait si peu d’anti-héros. La Fantasy a quand même du mal à sortir des « postulats de base ».

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  • MarcF a écrit le 12 mai 2009 à 9 h 15 min:

    J’ai lu l’intégrale en une fois et cela reste vrai de la suite de la trilogie, la fin exceptée qui est tirée par les cheveux.

    Cela semble être le style Nicholls, j’ai lu NightShade aussi et même feedback.

    Marc

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  • dabYo a écrit le 12 mai 2009 à 9 h 37 min:

    MarcF > Bien ce que je pensais… Bon bah ça va être un auteur à éviter alors :/ Merci. Ca parle de quoi son autre livre ? Tu l’as lu en anglais ?

    Kameyoko > J’avoue que c’est étonnant de tomber toujours dans les éternels stéréotypes… LE pire avec les anti héros c’est que quand il y en a, c’est beaucoup beaucoup trop gros :/

    Thalia > Yep c’est justement là où le bas blesse. DOmmage quoi.

    Entropik > Honnêtement, comme je l’ai dit, je te le déconseille grandement :D

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  • Jeffo a écrit le 25 juin 2009 à 16 h 16 min:

    Personnellement j’ai bien aimé le livre (je viens de finir le deuxième tome).
    Il est vrai que je ne suis un grand lecteur d’héroïc-fantasy donc je ne sais pas si pour certain mon avis vaudra quelque chose.

    Mais je ne suis pas trop d’accord avec certaines choses qui ont été écrites.
    Déja il faut préciser que les Renards vont se mettre en quête non pas pour sauver les autres races (au risque de spoiler, l’idée de départ est de sauver leurs têtes en apportant un plus gros cadeau histoire de calmer les ardeurs de Jenesta leur Reine à propos de leur échec… Aussi, quand ils verront l’intérêt qu’ont leurs ennemis pour les objets de leur quête, les Renards vont s’y intéresser encore plus. Ils vont également se baser sur les dires d’un érudit à propos des artefacts qui pourraient stopper la gangrène Humaine qui détruit leur monde, ou bien autre chose…).
    Donc suite à cette grande parenthèse, vous aurez compris qu’ils ne se veulent pas les gentils sauveurs du monde.
    Ils vont plutôt se retrouver être les héros malgré eux. (Cf Stryke dans le tome 2, je n’en dis pas plus par peur de spoiler encore plus)

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  • Mandrag' a écrit le 18 octobre 2009 à 19 h 48 min:

    En ce qui concernes Orcs, je les ai tous les 3 apprécier
    mais c’est vrai que ça tombe malheureusement dans le classique et que ça laisse une impression de déjà vus (ou plutôt de déjà lu…) et c’est vraiment dommage.
    Mais il est malgré tout bien préciser que Stryke devient un « messie » malgré lui. Certaines de ses réactions deviennent tout de même intéressantes dans le tome 3 …je n’en dit pas plus

    Mais la fin de la trilogie est décevantes, on s’attend a mieux et perso je suis une peu rester sur ma fin

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  • Mortuum a écrit le 15 janvier 2013 à 17 h 30 min:

    Je viens de le finir et je partage ton avis, pourtant je ne suis pas spécialement fan de fantaisie. Le pire, c’est qu’on aurait pu avoir une compagnie d’humain, troll, nain, fée que ça aurait été pareil. La quête n’est pas inintéressante mais totalement banale. Mais bon au moins l’action et le style bien écrit fait que je l’ai lu assez vite et pas ennuyée.

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