L’Ordalie est le premier tome de Retour à Salem, une série dUrban Fantasy de Jacques Fuentealba. Publié par les éditions Midgard au début de cette année, ce premier tome s’avère être un mélange de complot de grande envergure, de fantastique, de magie et de mythes occultes. Bref, un programme plus qu’intéressant, avec une superbe illustration de couverture signée par Pascal Quidault. Mais le tout est il au niveau attendu ? Synopsis.

L’Ordalie, Retour à Salem Tome 1, de Jacques Fuentealba

Entre les sept anciennes familles de Salem et ceux qui se prétendent représentants de Dieu sur terre, la guerre est déclarée et active depuis de nombreuses années… Mais ça, les descendants de ces familles bannies et proscrites ne le savent pas forcément. Une révélation qui peut être choquante, surtout lorsque c’est pour participer à l’Ordalie, une cérémonie occulte dont dépend le sort de l’humanité…

Ce premier tome est il faut l’avouer au début assez difficile à suivre. En partant sur cinq héros différents, chacun rattaché à une famille ou tout du moins une histoire et un univers, on est vite perdu. On se demande lors de la première dizaine de chapitres si tout est lié et se déroule au même endroit, ou si au contraire, c’est bel et bien cinq personnages aux univers et origines différentes, disposés partout à travers le monde. C’est évidemment la dernière option qu’a choisi Jacques Fuentealba pour son roman.

Jacques Fuentealba

Jacques Fuentealba

Cela apporte il faut l’avouer quelques avantages forts intéressants. Tout d’abord, cela permet à l’auteur de nous présenter des personnalités et des univers bien différents. Kathleen par exemple vient du monde Vaudou, et touche à tout ce qui y est lié, mais est très religieuse. A côté on retrouve un jeune gitan, et c’est une manière de vivre assez solitaire/familiale qu’il va partager. En opposition complète, on retrouve Élisabeth qui est une étudiante et qui a une démarche beaucoup plus scientifique. Elle voit l’occultisme et nous le décrit d’une manière complètement opposée aux deux premiers, beaucoup plus analytique. A ce niveau, c’est clairement super intéressant.

De même, leurs personnalités sont assez variées et chacun pourra y trouver son compte. Entre le gitan ténébreux au grand cœur, la scientifique bien plus froide qui a cependant eu ma préférence, ou encore l’adolescente un peu pommée, il y en a pour tout les goûts. Alors certes, on passe d’un personnage à l’autre et donc il faut supporter chacun d’eux, mais leurs personnalités ne sont pas réellement agaçantes, donc tout passe et comme les destins de chacun vont finir par se retrouver, ce n’est pas un point réellement gênant.

Ce qui l’est un peu plus par contre, c’est qu’on a cinq héros qui ignorent souvent tout de leur destinée, de la présence de forces magiques, d’organisations, de Salem. Alors certes, certains personnages baignent dans le mysticisme, dans la magie plus ou moins profondément. Mais aucun d’eux ne sait réellement. Du coup, on se retrouve à avoir au minima quatre grandes révélations. Une, c’est déjà assez casse-gueule en général dans un roman, vous vous doutez que Jacques Fuentealba prenait énormément de risques en choisissant d’en faire autant. Heureusement, si ça gêne un peu, ce n’est pas si grave et finalement, on passe assez facilement cette petite problématique.

L’Ordalie, Retour à Salem Tome 1, de Jacques Fuentealba

A côté de cela, l’univers est franchement passionnant, et si rien ne m’a particulièrement surpris par son originalité, le tout se tient bien. Alors certes, cela vient forcément du fait que le lecteur n’a pas toutes les clefs en main lui non plus. On pressant quelques traitrises, sans jamais vraiment réussir à les identifier. La ville de Salem qui nous est présentée abrite plusieurs familles de magiciens et/ou sorciers, tous unis face à la menace divine, mais qui s’entre-tuent tout de même. Du coup, pour le moment je n’ai pas réussi à cerner qui s’apprête à trahir qui, et à quel point. Cela provoque une sorte de tension qui est plutôt bienvenue et jouissive.

Retour a Salem, L'Ordalie Tome 1, de Jacques FuentealbaSans faute alors ? Presque, je dois l’avouer. Tout se lit bien, le style de Jacques Fuentealba est clair et agréable. Le vrai problème, c’est sa seconde partie. Au début on ne comprend pas tout, puis ça se forme bien et ça devient franchement intéressant. Et là, l’auteur, pour une raison que j’ignore complètement cherche à nous intégrer cette sorte de long rituel magique… et inintéressant au possible. Sur près de 100 pages, il ne va strictement rien se passer. Nos héros vont se regarder en chiens de faïence, dire que c’est trop bien (ou trop mal, au choix) et enfoncer des portes ouvertes… Un long moment, beaucoup trop long et qui gâche franchement la fin de ce premier tome… Heureusement que le cliff-hanger est au rendez-vous.

Au final, L’Ordalie est un premier tome qui m’aura beaucoup plu mais qui souffre d’un très gros passage à vide assez incompréhensif. L’univers de Retour à Salem est cependant assez bon et jouissif pour les amateurs. Plutôt bien écrit, il captive assez rapidement le lecteur et j’avoue vouloir en lire la suite. Un bon roman d’Urban Fantasy à conseiller à un public jeunesse.


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • valeriane a écrit le 25 juillet 2012 à 9 h 39 min:

    Je note, même si le coup du passage à vide me fait un peu peur….

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  • dabYo a écrit le 27 juillet 2012 à 16 h 28 min:

    @valeriane: c’est pas si grave en fait, ça donne l’impression d’être long mais à vérifier le passage est pas suuuuper long, c’est juste que j’ai moins eu le temps de lire, et qu’à coup de 5 pages par jour, ça m’a paru trop long :/

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