Le premier tome de L’Ennemi dans l’ombre de David Weber est sorti en Janvier 2011 chez les éditions l’Atalante. Il est titré Storm from the shadows, en un seul tome, pour ce qui est de la VO. Ce passionné d’histoire militaire et de diplomatie est réputé pour sa saga de Hard SF centrée sur son personnage de Honor Harrington. Et c’est d’un tome de cette saga dont je parles aujourd’hui. Niveau chronologie, cela se passe après L’ombre de Saganami dont dabYo vous avait fait les chroniques. Je vais tenter de vous faire le synopsis de cette œuvre complexe.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David Weber

Michelle Henke, amiral de la flotte manticorienne et proche de la reine, est faite prisonnière lors d’une bataille contre la république du Havre. Elle sera relâchée avec un message et faisant la promesse de ne plus combattre Havre. Elle est alors réaffectée dans un secteur qui est en train de devenir une poudrière. Un ennemi se lève dans l’ombre.

L’intrigue est énorme dans tout les sens du terme. Dans le sens de la qualité, on sent que David Weber a tenté de penser à tous les aspects et protagonistes impliqués dans l’histoire.  Bon, ce n’est pas non plus une histoire surprenante, on s’attend quand même à beaucoup de choses, mais plus par nos déductions personnelles que par des grosses ficelles, même si l’incident à la frontière est un peu gros.

L’univers de Honor Harrington est quant à lui juste ultra cohérent.  Par contre accrochez vous à la lecture, car à force de vouloir en faire trop, on se tape au moins deux chapitres sur des aspects techniques. Le premier chapitre pique sec à ce titre, une bataille spatiale qui part dans les explications de comment fonctionne les missiles et bourrées de chiffres, ça n’aide vraiment pas à rentrer dans un livre. Par contre d’un autre coté, les personnages profitent de cette minutie dans leurs actions, leurs dialogues. Avoir les protagonistes expliquer leurs plans devant leurs état majors aide à comprendre cette histoire complexe, et il y en a besoin. Parce qu’en plus, on a droit à des ellipses où s’intercalent des éléments d’autres romans de l’univers d’Honor Harrington, du coup même si ce n’est pas vital pour la compréhension globale, ça doit être un plus d’avoir lu quelques uns des romans de la saga. Mais là je suppute vu que c’est mon premier Weber.

Le problème c’est qu’une intrigue aussi complexe demande un nombre assez importants de personnages, de situations et donc de changements de lieux.  On a pas le temps de s’habituer aux personnages qu’on en change déjà. La seule à sortir du lot, c’est Michelle qui est à mon avis un peu fébrile dans son rôle d’amiral, même si elle prend du poil de la bête sur la fin. D’un autre coté, ça met en exergue l’étendue géographique de l’univers que l’on visite.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David Weber

Je ne pourrais pas dire quels thèmes le roman aborde, un peu trop compliqué à dégager de l’ensemble, même si la corruption semble être un point central avec toutes ces manigances. On sent néanmoins quelques sous-thèmes cachés, comme l’esclavagisme avec une pointe de bioethisme, ou encore les états policiers. Globalement, Manticore représente la liberté avec une certaine propension à l’impérialisme, Havre les gouvernements qui agissent dans l’ombre, les solariens le conservatisme et Manpower la main-mise des multinationales sur le paquet de cartes qui fausse le jeu. Bref on porte à l’univers les maux de notre bonne vieille Terre. Contrairement à ce que je laisse penser, c’est discret mais ça permet de jouer sur nos associations d’idées.

Au niveau du rythme, c’est par contre carrément  inégal. Si je devais résumer mon sentiment je découperais le bouquin en 4 parties : Mou, Intéressant, re-Mou et re-Intéressant. Le roman met environ 80 pages avant devenir intéressant et de bien poser l’histoire, et donc mettre Michelle aux commandes. Une fois que c’est fait, on se plonge dans les intrigues politiques et là ça devient passionnant. De complots en secrets, avec toutes les manipulations qui se déroulent en coulisse, on est servi de ce coté. Tout est lancé, on commence à accrocher à l’histoire, et là juste pour nous couper dans notre un élan, un chapitre technique. Il a failli m’être fatal celui là, j’arrivais plus à continuer. Bon évidemment si vous êtes fan de description de missiles ça va vous plaire, mais tout le monde n’est pas un nerd de l’armement. Derrière ce passage, l’auteur repart dans l’intrigue, moment parfait pour découper en deux tomes, tellement parfait que je croyais qu’il y avait deux tomes aussi en version originale.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David WeberContrairement à celle du Coup du Cavalier, Genkis nous offre ici une couverture plutôt pas mal, parfaitement dans le ton du roman. A noter la présence en fin de bouquin de croquis des systèmes d’armement, un plus pour l’ambiance. Avec les points que j’ai évoqué plus haut la traduction réalisée par Michel Pagel n’a pas du être une mince affaire.

Le premier tome de L’Ennemi dans l’ombre est donc un bouquin honnête qui ravira surement les gros fans de Science Fiction bien hardcore, malheureusement c’était un poil trop détaillé pour moi. Que ça ne vous refroidissent pas trop, l’univers présenté est énorme et cohérent, et ce roman a vraiment beaucoup de qualités. Je vous laisse, j’ai le tome 2 à me lire.


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