L’art de la mémoire est le deuxième tome de la série le Parlement des Fées de John Crowley. J’ai lu et chroniqué il y a peu le Tome 1, l’Orée du Bois, et c’est ainsi que j’ai directement enchaîné avec la suite. En effet comme ce n’est en fait qu’une seule et même histoire… coupée en deux parties. Nous retrouvons donc cette famille si particulière que sont les Drinkwater pour la conclusion de cette aventure. On suit majoritairement Auberon, le fils de Smocky.

L'art de la Mémoire, Le Parlement des Fées, de John Crowley

Premier constat, les allez-retours dans le passé sont terminés. L’histoire est majoritairement ancrée dans le présent, et tant mieux, ça fait moins mal à la tête. Cela n’empêchera évidemment pas l’auteur de balancer des ellipses sans nous prévenir, nous découvrirons au détour d’un paragraphe qu’en fait, on vient de rater deux ans. Mais dans l’ensemble c’est quand même moins chaotique qu’au début, en plus il y a un arbre généalogique au début du tome, ce qui aurait bien été utile dans le premier.

Nous rencontrons pas mal de nouveaux personnages tels que Ariel, Sylvie ou encore Russel. Le problème c’est que même une fois fini, je ne comprends absolument pas quel était leur intérêt pour la plupart. La palme revenant à Russel, je n’ai absolument pas la moindre idée du pourquoi du comment. De plus ces nouveaux personnages apportent de nouvelles intrigues au roman, ce qui rend encore plus difficile la compréhension. C’est quand même très dommage. On a encore une fois l’impression de se faire totalement balader tout au long du roman. Il y ‘a un moment où on arrête tout simplement de chercher à comprendre et on se laisse bercer.  Les retournements de situations et les révélations semblent généralement sortis de nulle part et on ne comprend pas pourquoi. Peut être que de toute manière il n’y a pas de réponse, mais j’ai quand même eu l’impression de passer à coté de certains éléments.

L'art de la Mémoire, Le Parlement des Fées, de John CrowleyLe style est encore une fois assez lent, assez calme. On a l’impression de voir à travers un rêve. Sauf peut être les passages centrés sur Ariel et Russels, qui feront les seules scènes d’action du livre. Pour le reste, le coté onirique de Edgewood -le nom de la forêt où se déroulent les événements- reste le même. Alors que d’un autre côté, pour la première fois nous avons le point de vue de personnages au cœur de la Cité, qui elle est évidemment crade, l’endroit de la déchéance, etc… Le livre semble ici avoir une portée écologique que je n’aurais pas soupçonnée au premier abord.

Le livre comporte des passages très intéressants techniquement parlant. Les techniques de narration, par non-dit sont recherchées et originales, on découvre aussi de très belles mises en abîme qui au final nous permettent de mieux comprendre l’histoire qu’on lit. L’auteur fait référence à de nombreux courants de pensées, un peu new age, où les invente, que cela soit le concept d’Acte, ou bien le principe de l’Art de la mémoire. L’auteur semble très calé, et son livre peut par moment atteindre une portée philosophique. Bon j’avoue ne pas avoir compris le concept d’Acte par contre…

Little, Big, John Crowley

Le problème, c’est que tout ça c’est bien beau, mais le lecteur lui, il s’ennuie quelque peu. Il commence par lutter. Les interrogations intrinsèques aux personnages finissent vite par lasser, surtout quand cela s’étend sur de nombreuses pages.  L’intrigue a du mal à nous tenir en haleine pendant les 400 pages que comporte le livre. On sent monter une tension au début de la troisième partie, mais elle retombe vite à cause des -trop- nombreuses longueurs. Quant à la fin, c’est un parfait effet soufflet, cela retombe très vite, on s’attend à quelque chose de grand, de gros, mais au final… Rien, le néant.

Le livre se finit donc sur une déception non dissimulée. Cela reste une lecture complexe, qui nécéssite sans doute plusieurs lectures avant de prétendre l’avoir réellement comprise. Cependant, au vu de cette première approche, je ne pense pas le relire un jour. Le livre typique à mettre dans la catégorie On accroche ou on accroche pas, en somme.


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