Quand Jean-Noël Chatain est venu commenter notre modeste critique de Dracula l’Immortel, c’était d’abord pour nous un commentaire comme un autre. Jusqu’au moment où l’on a compris qu’il avait permis au titre de traverser l’Atlantique pour débarquer dans nos librairies. Mais diantre, n’est-ce pas un livre écrit par Dacre Stoker, le célèbre arrière-petit-neveu de Bram Stoker pourtant ? Si si, mais il rédige en anglais. Pour qu’il arrive dans les rayons de toutes les librairies françaises, il faut pour cela le traduire en français. Et pour le traduire en français, on n’utilise pas Google Traduction… mais un traducteur ! Vous savez, c’est généralement celui dont on voit le nom en tout petit sous le titre, à la troisième page du livre. Essayez par vous-même…

Dracula l'Immortel, traduit par Jean-Noël Chatain

Alors ? Vous l’avez vu ? Mais si, Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Noël Chatain. Et c’est ce même Jean-Noël qui nous a fait l’honneur de commenter, longuement, notre critique. Du coup, ni une ni deux, je prends son adresse e-mail pour lui envoyer un spam en bonne et due forme: jeune rédacteur cherche personne à interviewer pour découvrir le monde de l’édition. Et tout aussi courageux qu’Ambre Dubois, il nous répond et accepte de participer à un interview en huit petites questions… Bien sûr, moi, j’en aurais posé des dizaines et des dizaines. Comment on devient traducteur ? Comment ça marche ? On devient riche et célèbre ? On se sent un peu exclu non ? Des gens remarquent que les livres doivent être traduits avant d’être publiés en français ? Mais voilà, huit, c’est le nombre de questions que nous lui avons posé. Sauf que Jean-Noël Chatain a plus d’un tour dans son sac, et qu’il a répondu à celles que je m’étais empêché de lui poser. Éteignez les lumières, silence… Et laissons-lui la parole pour entrer dans le monde de la traduction

Bonjour Jean-Noël, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ? Depuis quand es-tu traducteur ? Comment le devient-on ? Pourquoi l’es-tu devenu ?

Bonjour à tous…  Bon, alors… on va tâcher de la faire courte ;-) J’ai 52 ans (Eh oui…tout augmente ;-) Je travaille dans l’édition en tant que traducteur freelance depuis 1985. J’ai fait des études d’anglais (licence, certificat de maîtrise… diplôme de la British Chamber of Commerce… tout ça est assez classique, en somme). J’ai un peu enseigné en alternance quand j’étais surveillant… dans ma djeunesse… et également en cours du soir pour adultes. J’ai présenté deux fois le CAPES, une 1re fois en dilettante, la seconde plus sérieusement… mais j’ai échoué. (Et puis, à mon époque, il y avait peu de postes vacants, ajoute-t-il pour se dédouaner ;-)

Jean-Noël ChatainAprès avoir tant soit peu œuvré dans le commercial, histoire de tenter le coup de la reconversion, j’ai débuté dans la trad littéraire par le plus grand des hasards, en fait… en répondant à une annonce du Figaro pour les éditions Harlequin, puis j’ai enchaîné avec des nouvelles policières américaines pour le magazine Femme Actuelle… Ensuite j’ai commencé à traduire des polars aux éditions du Masque. Pour l’anecdote, j’avais passé entre-temps le concours de Contrôleur des PTT (Eh oui, c’était déjà la « crise » dans les années 80 !) et en anglais, j’ai obtenu la meilleure note de ma vie (20/20) pour une version… que j’ai dû rédiger en une vingtaine de minutes. Je me souviens que le sujet portait sur la messe « version drive-in » aux États-Unis… (Des fidèles assistaient à l’office en bagnole, comme au ciné en plein air). En fait, j’avais vu un reportage là-dessus à la TV la semaine précédente. Quand j’ai reçu mes notes, et en particulier celle de la version anglaise (les autres n’étaient pas aussi « exceptionnelles »), je me suis dit que je devais conserver cette langue dans mon travail… en l’occurrence dans celui de traducteur.

J’ai donc renoncé au bénéfice du concours, que j’avais réussi, et… de fil en aiguille… ou, plutôt, de contacts en essais (de traduction)… puis de contrats signés en ouvrages publiés… j’ai fini par devenir traducteur anglais-français pour l’édition. Et, sans vouloir bien entendu manquer de respect envers ces deux institutions, je n’ai aucun regret de ne pas travailler aux PTT ou dans l’Éducation Nationale. :-D

Traducteur ? À quoi ça sert ? Ça ne se fait pas tout seul une traduction ?

Un traducteur… Ben, à la base c’est quelqu’un qui permet à un lecteur de découvrir/lire dans sa langue maternelle un ouvrage écrit au départ dans une langue étrangère que ledit lecteur ne maîtrise pas.

En principe, le traducteur traduit un texte d’une langue étrangère dite « langue source » vers sa langue maternelle, dite « langue cible ». Pour ma part, je traduis donc de l’anglais/américain vers le français.

Ça m’est arrivé de traduire dans l’autre sens, mais dans des domaines non littéraires.

En général, on n’est jamais vraiment « bilingue » ; la langue maternelle reste en principe celle que l’on maîtrise le mieux… à moins d’avoir vécu dans un milieu cosmopolite, par exemple, et été élevé par des parents, dont l’un des deux est étranger.

Par ailleurs, le métier de traducteur n’a rien à voir avec celui d’interprète. Quand on traduit, on travaille sur l’écrit et non l’oral. Traduire correctement de l’anglais/américain en français ne signifie pas pour autant parler couramment l’anglais/américain.

Comment on s’y prend pour faire une traduction ?

Concernant le travail de traducteur proprement dit… Au départ, c’est forcément un boulot solitaire. On lit un texte, on commence à le traduire, on se documente sur le Net, dans des ouvrages de référence, on procède à des recherches de vocabulaire, on rédige d’éventuelles notes de bas de page… on corrige, on coupe, on allège, on élague, on remanie… Tout ça en pianotant sur son clavier derrière son écran d’ordi. Je te rassure, je n’ai pas connu la plume d’oie… mais j’ai commencé avec la machine à écrire… J’ai connu le papier carbone (Merci de ne pas glousser, les djeunz ;-) et le Tipex !

Machine à Ecrire

Désormais, on bosse sur ordinateur, on envoie les manuscrits par e-mail, sans même les imprimer… Évidemment, on conserve un double sur disque dur, sur clé USB, etc. Il n’y pas si longtemps, on livrait/envoyait le manus avec une disquette, voire un CD-ROM, à l’éditeur.

Une fois ma trad achevée, je ne procède pas à la relecture/correction de mon manus sur papier, je travaille sur écran (sauf que je passe en interligne 1 au lieu  d’1,5… ça permet de repérer les éventuelles répétitions, en autres). Bien sûr, quand l’éditeur te renvoie les épreuves du bouquin, tu travailles sur papier, crayon et gomme à la main, si tu dois procéder à des corrections/modifications.

En résumé :

  1. lecture
  2. traduction
  3. relecture/correction
  4. envoi du manus par e-mail à l’éditeur.

Ensuite, ça dépend des éditeurs :

  • on t’envoie (ou pas) la « préparation de copie », c’est-à-dire une première correction sur ton manus (ça peut se faire par e-mail ; on travaille donc sous Word en « suivi de correction », on approuve ou non les correcs/modifs et on argumente éventuellement)
  • on t’envoie (ou pas) un 1er jeu d’épreuves sur papier pour approbation
  • on t’envoie (ou pas) un 2e jeu d’épreuves sur papier pour approbation

Une fois que tout le monde est d’accord… le traducteur doit normalement signer le « bon à tirer » (selon le Code des usages, voir plus bas); ça ne m’est jamais arrivé. En général, c’est une histoire de confiance entre l’éditeur et toi…

En fait, on intervient sur les épreuves quand il y a litige/problème… Ça se règle souvent par un échange d’e-mails ou un simple coup de fil. C’est vrai que certains correcteurs ont tendance à être « académiques » et à ajouter par exemple une négation, alors que toi, tu l’as volontairement supprimée dans un dialogue pour que ça sonne juste.

Exemple quand un gamin dit : « J’ai pas faim. » dans un texte contemporain, alors que la version correcte serait : « Je n’ai pas faim. »

En revanche, comme ce fut le cas pour Dracula l’Immortel… j’ai tenu à ce qu’on emploie « chicoter/chicotement » qui, en dépit de sa rareté, est le terme idoine pour le cri du rat/de la souris… au lieu de « couiner/couinement » qui, à mon sens, faisait un peu trop « Walt Disney » et apportait une note trop contemporaine dans une ambiance censée être lugubre, morbide, etc.

De toute manière, quand je rends un texte, je précise mes choix lexicaux/sémantiques dans un e-mail ou un fichier Word d’accompagnement, et je demande à ce qu’ils soient respectés. Je signe mon texte, donc je le défends et je l’assume…;-)

Dracula l'Immortel, page de gardeJusqu’à présent, je n’ai jamais refusé la signature, c’est-à-dire que mon nom ne soit pas mentionné sur la page de garde ou la 4e de couv d’un ouvrage que j’avais traduit, parce que j’étais en désaccord avec l’éditeur.

Par ailleurs, outre les éventuelles fautes d’ortho, d’accord, etc… je ne vais pas pinailler pour une virgule, un changement de terme, un allègement dans la phrase, surtout lorsqu’il y a une répétition/lourdeur qui m’a échappée.

J’ajoute que l’éditeur nous demande souvent de rédiger un résumé de l’histoire ou disons, une présentation, un pitch pour l’illustrateur, les commerciaux, qui n’ont pas le temps de tout lire, et surtout ne lisent pas forcément la langue d’origine, en l’occurrence l’anglais/l’américain).

En général, je suggère un ou plusieurs titres, on peut aussi me demander de rédiger une 4e de couv, mais en principe c’est le boulot de l’éditeur/assistant éditorial.

Il arrive qu’un titre soit carrément refusé par le service commercial, au grand dam de l’éditeur, du traducteur… Tout est affaire de négociation, de diplomatie…

Bon alors tu as traduit Dracula l’Immortel pour Michel Lafon, et Jaz Parks pour Milady… Un traducteur est indépendant ? C’est le cas de tous les traducteurs ? Comment ça se passe du coup ?

Association des Traducteurs Littéraires de FranceDans l’édition, un traducteur est indépendant. À ma connaissance, il n’existe pas de traducteurs salariés, contrairement aux correcteurs qui, eux, peuvent faire partie du personnel de telle ou telle boîte d’édition.

Pour le reste, je vais tâcher de faire simple :

  • Un traducteur littéraire a le statut d’auteur (même si, fiscalement, il est assimilé à salarié, puisqu’il inscrit la somme de ses droits d’auteur dans la case « traitements, salaires, pensions, droits d’auteur » sur sa déclaration d’impôts). Il ne bénéficie plus de l’abattement de 25 % depuis plusieurs années, contrairement aux journalistes (même salariés) qui, eux, peuvent toujours déduire 7 560 € au titre de « l’allocation pour frais d’emploi ».
  • Un traducteur littéraire perçoit des droits d’auteur (et non pas des honoraires), sous la forme suivante :
    1. Un à-valoir calculé sur la base d’un tarif au feuillet [1]
    2. L’à-valoir (qui correspond en fait à la rémunération garantie au traducteur, quoi qu’il puisse arriver à l’ouvrage, même s’il n’est pas publié pour une raison quelconque) se subdivise souvent :
      – en une avance versée à la signature du contrat (une 2e, voire une 3e avance en cours de contrat, en cas de gros bouquin)
      – un solde versé à la remise du manuscrit
    3. Viennent ensuite les royalties (les droits d’auteur à proprement parler), qui correspondent à un pourcentage sur les ventes hors taxe de l’ouvrage traduit ; ça dépend des éditeurs, pour ma part, c’est entre 1 et 2 %. Attention, ces royalties, droits annexes viennent en amortissement de ton à-valoir, c’est-à-dire que tu commences à en percevoir s’ils dépassent ton à-valoir.
    4. Pour les droits annexes, dérivés, reprint en poche, en club… c’est en général 10 % de la somme que perçoit l’éditeur.
  • Voir les modèles de contrats de l’association des Traducteurs

Par ailleurs, tu reçois 5, voire 10 « justifs » ou « hommages » (exemplaires gratuits à la publication de ta traduction ; le nombre varie selon les éditeurs) ; si tu en souhaites davantage, l’éditeur te fait bénéficier d’une réduction de 30% environ.

Sache que notre profession est régie par le Code des usages (une sorte de code de bonne conduite qui n’a pas vraiment de valeur légale). Un traducteur (comme un auteur) qui signe un contrat cède ses droits d’exploitation de l’œuvre à son éditeur… grosso modo pendant 18, 20 voire 24 mois, selon « l’usage »… En fait, tant que l’éditeur a des exemplaires à écouler… encore qu’il puisse décider à terme de les solder, de les mettre au pilon, si le bouquin ne marche pas. (Car tu lui as cédé les droits d’exploitation).

Cela dit, quoi qu’il arrive, même si le bouquin n’est jamais publié, tu perçois quand même ton à-valoir, lequel rémunère de toute façon ton travail.

Girl de David Thomas, traduit par Jean Noel Chatain Dès lors que le bouquin est épuisé, que ton éditeur ne souhaite plus le réimprimer, tu peux fort bien récupérer tes droits pour éventuellement proposer ta trad à une autre maison d’édition.

En ce qui me concerne, ça m’est arrivé de signer un contrat de rachat de droits chez Pocket, pour un ouvrage que j’avais traduit chez un 1er éditeur (en l’occurrence Ifrane qui, entre-temps, avait fait faillite). Du coup, ça a permis de donner une nouvelle jeunesse au bouquin… et j’ai pu toucher des royalties plusieurs années de suite, car il n’a pas trop mal marché. Il s’agit de Girl de David Thomas. ;-)

Pour la rémunération de base, on va prendre un exemple :

Tu as traduit un ouvrage de 500 feuillets:

  1. À-valoir de 20 €/feuillet, soit 500 X 20 = 10 000 €
  2. Royalties : 1 %
  3. Ouvrage vendu 22 € TTC, soit 20 € HT (on arrondit pour simplifier)
  4. Tu perçois donc 1 % de 20 € par ouvrage, soit 0,20 €

Combien faut-il en vendre pour dépasser ton à-valoir ? (That’s the question !)

  • 10 000 exemplaires donnent 2 000 € de royalties mais aucun bonus
  • 50 000 ex donnent 10 000 €, c’est le seuil de rentabilité
  • 60 000 ex donnent 12 000 € soit 2 000 € de bonus
  • 100 000 ex donnent 20 000 € soit 10 000 € de bonus

Attention, toutes ces sommes sont brutes… Il convient de retirer la Sécu, CSG, RDS, maternité-veuvage, etc… (pas d’assurance-chômage en revanche, puisque tu es indépendant : tu n’as pas des employeurs, mais des clients, en fait… ;-)

Bien entendu, tu ne perçois pas de royalties sur tes propres justifs [2], sur les exemplaires gratos envoyés aux journalistes, critiques, etc. C’est normal. Certains éditeurs appliquent encore ce qu’on appelle la « passe » ou le « droit de passe », c’est-à-dire qu’ils peuvent décompter jusqu’à 10 % d’exemplaires, même s’il n’y a eu aucune avarie au moment de l’impression.

Pour la retraite de base, le traducteur verse chaque trimestre à l’AGESSA une somme calculée sur les droits d’auteur déclarés au fisc l’année précédente. Pour la retraite complémentaire, c’est deux fois par an ; il y a une somme forfaitaire, qui peut augmenter selon les possibilités financières du traducteur.

[1] le feuillet correspond à 1500 signes ou à 25 lignes de 60 signes, espaces compris. Mais depuis qu’on travaille sur ordinateur, ledit feuillet « fluctue » selon les éditeurs (je ne parle pas seulement de rémunération) :

  • Il peut s’agir d’un feuillet paginé de manus (auquel cas, notamment pour la page correspondant à une fin de chapitre, ou même une page contenant des dialogues courts, on n’atteint pas vraiment les 1500 signes…)
  • Il peut s’agir d’un feuillet « effectif » ou « informatique » ; c’est-à-dire que, sous Word, il suffit d’aller dans la fenêtre « statistiques » et l’on a le décompte des caractères et espaces du manuscrit, puis on divise par 1500 et on obtient alors le nombre de feuillets réels (évidemment inférieur à celui des feuillets paginés)…

Je ne sais pas si c’est très clair ?…

[2] ndlr: on rappelle que les justifs sont les exemplaires que le traducteur reçoit gratuitement.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Au vu de la précision des réponses de Jean-Noël nous avons décidé de couper cet interview en deux. Vous aurez donc par la suite droit à des questions sur le temps que prend la traduction d’un livre, mais aussi sur les difficultés de traduire le style d’un auteur dans une autre langue, et sur les goûts du monsieur ! On espère en tout cas que ces premières réponses vous ont autant intéressés que nous !


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14 commentaires, donnez votre avis !
  • Bartimeus a écrit le 15 novembre 2009 à 18 h 57 min:

    Article extrèmement intéressant ! Comme dabYo le disait sur twitter, c’est un peu la louse pour les traducteurs qui ne sont vraiment pas reconnus par rapport au travail qu’ils fournissent, qui n’est pas si loin de l’auteur.

    Merci en tout cas pour tous ces termes, je ne connaissais pas le terme « royalties » ni « droit de passe », même si je savais que cela existait.

    RépondreRépondre
  • Olya a écrit le 15 novembre 2009 à 19 h 08 min:

    Une interview vraiment très intéressante ! J’attends vivement la prochaine partie.

    RépondreRépondre
  • Italo a écrit le 15 novembre 2009 à 21 h 05 min:

    Il ne parle ni des clopes fumées tout au long de la traduction, parce que quand même , parfois, ça esquinte les nerfs et ni des cafés bus par litre…

    Traduire n’est pas bon pour la santé! ;)

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  • aka oni a écrit le 16 novembre 2009 à 13 h 08 min:

    C’est vrai que c’est rarement un nom auquel on fait attention (même quand les gentils traducteurs laissent des notes de compréhension en bas de page, ce qui est parfois très utile x)).

    En tout cas interview très intéressante (comme la précédente) dont j’attends la suite. Belle occasion que d’interviewer le traducteur d’un livre chroniqué en tout cas !

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  • kao a écrit le 17 novembre 2009 à 12 h 33 min:

    C’etait tres interessant, j’ai beaucoup aimé :)
    Il est vrai que je ne me suis jamais interessée a savoir qui traduisait mes bouquins, j’ai peut-etre tort.
    Un truc que j’ai relevé, j’ignore si les rats chicotent, mais une chose est sure, ils ne couinent pas. Ils crient quand ils se tapent dessus, et craquotent quand ils sont content.

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  • Serafina a écrit le 17 novembre 2009 à 14 h 13 min:

    Bon, a moi. Etant donné que c’est un peu grace a ma super-critique (lol).
    Je trouve l’interview très interessante, d’une part parce que bah les traducteurs, au final, on n’en sait pas grand chose, mais aussi parce que les thèmes abordés sont vraiment « interessant ».
    Je pense a la rémunération par exemple, qui est un fonctionnement assez particulier et je sais pas, je trouve ca interessant.
    Mais la deuxième partie l’est encore plus =D

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  • Jean-Noël a écrit le 17 novembre 2009 à 15 h 45 min:

    Il existe, certes, la rémunération au forfait… mais c’est très rare, plutôt dans le cas d’un ouvrage collectif, genre scientifique, technique, par exemple.

    En jeunesse, notamment avec des éditeurs britanniques publiant aussi en France et donc en français, ça m’est arrivé de signer de simples bons de commande avec une rémunération forfaitaire, auquel cas le tarif page est nettement plus important, et peut atteindre le double de ce qu’on perçoit normalement. Dans la presse aussi.

    Normalement, dans l’édition classique, un trad doit toujours percevoir un à-valoir et des royalties (même un pourcentage minime), car d’une part l’à-valoir correspond à une garantie (quoi qu’il arrive, que le bouquin soit publié ou pas, qu’il se vende bien ou pas… ton travail proprement dit a été rémunéré), et d’autre part les royalties (même faibles) associent le trad au succès éventuel de l’ouvrage. Ton contrat peut stipuler d’emblée que tu percevras 1 à 2 % sur les ventes grand format et seulement 0,3 ou 0,5 % sur les ventes poche, le tout, je précise, venant en amortissement de ton à-valoir de départ.

    Si tu ne perçois qu’un forfait et que le bouquin fait un carton, tu l’as dans le baba. ;-)

    Pour les auteurs, les à-valoir sont moindres, mais le pourcentage sur les ventes est supérieur : 5 à 6 %, parfois progressifs aussi.

    Certains grands auteurs qui vendent bien peuvent aussi négocier un contrat sans à-valoir mais avec d’emblée jusqu’à 15 % de royalties sur les ventes. C’est assez rare, cela dit.

    RépondreRépondre
  • Mandrag' a écrit le 17 novembre 2009 à 18 h 35 min:

    Très bonne interview, ça donne quelque idée pour le futur…
    De mon point de vue, le traducteur c’est un peu un écrivain
    et j’ai du mal a imaginer la tonne de boulot que ça doit représenter

    RépondreRépondre
  • Jean-Noël a écrit le 17 novembre 2009 à 18 h 39 min:

    Quand on aime, on ne compte pas ;-)

    RépondreRépondre
  • Mandarine a écrit le 2 mai 2010 à 17 h 33 min:

    « Quand on aime, on ne compte pas ;-) »

    C’est malheureusement ce que doivent se dire les éditeurs au moment de payer les traducteurs… Misère de misère!!!
    Tout ça pour « ça »???
    Boulot passionnant mais peu gratifiant. So sad!

    RépondreRépondre
  • Jean-Noël a écrit le 2 mai 2010 à 19 h 09 min:

    Je te rassure, il existe heureusement des maisons d’édition où les traducteurs, les auteurs, les illustrateurs, les correcteurs, les infographistes, etc. sont bien considérés.
    Je n’exercerais pas ce boulot depuis 25 ans sinon ; je suis sans doute « privilégié », car j’ai le choix… et je peux envoyer balader des gens pas très corrects.
    De toute manière, à terme, ce sera toujours le lecteur qui tranchera, si l’éditeur a une politique éditoriale merdique… ;-)

    RépondreRépondre
  • Mandarine a écrit le 2 mai 2010 à 21 h 08 min:

    « Heureusement », comme tu dis…. Mais la paartique n’est pas généralisée!
    Est-ce possible de te joindre en message privé?

    RépondreRépondre
  • Charabistouilles a écrit le 30 octobre 2012 à 17 h 03 min:

    Monsieur Jean-Noël, vous faites le boulot de mes rêves ! En dernière année de traduction, j’aurais aimé pouvoir proposer une traduction de Shatter Me pour mon mémoire, malheureusement, vous avez été trop rapide !
    Cet interview m’intéresse au plus haut point et je suis heureuse d’en apprendre plus sur les revenus. Cela ne doit pas être facile de percer dans le milieu et j’espère de tout cœur y arriver. Merci pour toutes ces précieuses informations, je m’en vais chercher la suite de cette interview.

    RépondreRépondre
  • Jean-Noël a écrit le 3 novembre 2012 à 16 h 35 min:

    Ravi d’avoir pu vous renseigner ;-)

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