Vous le savez, j’ai beaucoup aimé Requiem pour Sascha, une série de Bit-Lit écrite par Alice Scarling et publiée chez Milady en poche. Le troisième et dernier tome, Agnus Dei est sorti il y a peu et m’a beaucoup plu, il clôture cette série avec brio.

Agnus Dei, Requiem pour Sascha Tome 3, de Alice Scarling

Ayant beaucoup apprécié les références que j’ai pu y voir, j’ai donc pris mon courage à deux mains et contacté l’auteure pour en apprendre plus sur son processus créatif, et pourquoi pas ressusciter d’entre les morts la rubrique interview du site !

Tout d’abord, bonjour Alice. La première question ne va pas être la plus originale. Peux-tu te présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?

Alice ScarlingHello Serafina ! Et salut aux lecteurs de ifisDead !

J’ai toujours un mal fou à me présenter… Je m’appelle Alice, j’ai 30 ans, je suis une fan de Fantasy/Science-Fiction/Bit-Lit/Fantastique tous supports (livres, films, séries télé, etc.), je suis aussi une grande metalleuse devant l’éternel.

Je collectionne les Doc Marten’s et je passe beaucoup de temps à chercher le combo stylo/papier parfait pour que ça bave comme j’aime.

Requiem pour Sacha est ta première série publiée. Écrivais-tu depuis longtemps déjà, ou fais-tu partie de ces gens pour qui le premier fut le bon ?

J’écris depuis que je sais tenir un stylo ! Donc j’ai déjà écrit pas mal de choses dans ma vie. J’ai commencé avec de la pseudo-fanfic il y a des milliers d’années (heureusement, toute preuve de ces tentatives a disparu avec la mort d’un disque dur), j’ai écrit des nouvelles, des poèmes (eux aussi, ils ont disparu par chance), quelques centaines de débuts de romans et quelques romans complets. Cela dit, le premier tome de Requiem pour Sascha était le premier que je trouvais suffisamment abouti pour le présenter à un éditeur donc d’une certaine manière le premier a été le bon (une fois enterrés tous les précédents !)

Le premier tome fut écrit en grande partie dans le cadre du Nanowrimo. Une de nos rédactrices l’a tenté cette année, et personnellement, je trouve ce concept génial. Comment l’as tu vécu toi ? Est-ce une expérience que tu recommandes ? As-tu écrits les tomes suivants aussi « intensément » que le premier ? Quels conseils donnerais-tu pour quelqu’un qui le tente ?

Oui absolument, j’ai écrit les deux premiers au cours des NaNoWriMo de 2012 et 2013 et la fin du 3e pendant le NaNo de 2014. Donc oui, je les ai tous écrits aussi intensément. Le NaNoWriMo correspond bien à ma méthode de travail parce que je passe plusieurs mois à planifier mes romans et une fois que j’ai une structure solide, j’ai besoin de les écrire très vite, sans temps morts donc le marathon de novembre est une excellente occasion de le faire.

nanoweimo participant 2014

Je recommande très chaudement (ceux qui me connaissent diront que j’embrigade !) cette expérience. Qu’on ait déjà écrit par le passé ou non, je pense que le NaNo est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. Je ne saurais pas expliquer (ou pas de manière concise) pourquoi c’est si génial mais croyez-moi sur parole, c’est génial, ça vaut le coup, il faut essayer !

Mon conseil pour le tenter, ce serait d’y aller sans a priori, sans se mettre la pression et se laisser porter par l’ambiance et l’énergie créative qui s’en dégage. (Après, j’ai un bon millier de conseils pratiques pour le vivre au jour le jour mais techniquement ce sont les conseils de Chris Baty, le créateur de l’événement. Il a écrit un livre bourré de trucs et astuces pour survivre au NaNo. Ça s’appelle Écrivez un roman en 30 jours, et si je n’avais qu’un conseil à donner c’est de lire ce livre et de suivre les astuces du maître ! ;) )

On ressent pas mal d’influences Bit-Lit avec Sascha mais sans avoir l’impression d’une resucée pour autant. Le fait de se passer en France n’explique pas tout. Quelles sont tes influences littéraires en général et sur Requiem pour Sacha en particulier ?

Battlestar GalacticaJe suis une très grande lectrice de fantastique en général. De Tolkien à Asimov, en passant par Anne Rice, j’ai lu et adoré énormément de choses assez variées en littératures de l’imaginaire. Et je puise aussi mon inspiration dans d’autres domaines artistiques : musique, films, séries, tout est source d’idées pour moi. Donc j’ai mis dans Requiem pour Sascha tout ce que j’aime, tout ce qui au fil des années a fait de moi la personne que je suis. Ça m’amuse beaucoup de caser des petites références à droite à gauche (un tee-shirt « What the frak?! » tiré de Battlestar Galactica ou une réplique de Terminator que je reprends mot pour mot en espérant que quelqu’un d’autre connaît le film par cœur et la reconnaîtra…) ou encore de décider pendant un chapitre de « changer de genre » et de m’essayer à l’horreur et aux zombies… Bref, je ne sais pas si ça répond vraiment à la question mais c’est l’idée : j’ai compilé ce que j’aimais et je me suis amusée à le faire !

Qu’est ce qui t’a amenée à faire de ta première saga une saga de bit-lit ? Tu en lis beaucoup ?

Oui, j’en lis énormément. Ça fait quelques années maintenant que c’est mon genre de prédilection et que je ne lis presque plus que ça. Et puis, quand j’avais douze ans, j’étais fan de Fantasy et de SF et j’avais envie de « mélanger les deux ». Donc à l’époque j’ai écrit un roman de Fantasy qui se passe dans notre monde contemporain. J’ai donc inventé l’urban fantasy… Ensuite, j’ai découvert que ça avait déjà été inventé, que plein de gens en écrivaient, que ça portait un nom… Bref, pour l’avant-garde on repassera mais voilà, la Bit-Lit c’est le premier genre dans lequel j’ai écrit, sans même savoir que ça existait.

Requiem pour Sascha, Lacrimosa Tome 1, de Alice ScarlingUne question que je voulais absolument te poser c’est, est-ce que le fait que j’ai beaucoup pensé à Angel Sanctuary de Kaori Yuki en lisant les aventures de Sacha est justifié ? Ça fait partie d’une des raisons pour lesquelles j’ai aimé la saga, mais ça se trouve tu ne connais pas ! (Et … Raphinou est mon personnage préféré de Angel Sanctuary. J’avais donc une image mentale toute prête pour ton Raphaël).

Bon alors je suis ennuyée parce que je ne connais pas du tout. (Ma culture manga est très limitée.)

As-tu déjà d’autres projets ? Avec ou sans Sascha d’ailleurs, peut-être dans d’autres styles aussi ?… Le tome 3 nous laisse encore avec pas mal de questions, mais je ne serais pas contre un spin-off avec… je sais pas moi, un magicien qui joue à WoW ?

J’ai tout plein de projets. Rien de vraiment concret pour l’instant donc je ne peux pas annoncer quoi que ce soit. Mais il n’est pas impossible qu’un jour il y ait un tome 4 de Requiem pour Sascha (ou pas ! je n’en sais vraiment rien pour l’instant), ou que j’écrive des bonus / spin-off / nouvelles dans le même univers.

J’ai aussi des projets dans des univers et des genres très différents. J’ai le synopsis d’une grande saga de Fantasy sur le feu depuis des années par exemple (mais ça va prendre du temps pour finir de mijoter).

Parlant du magicien, j’ai beaucoup apprécié le fait que tes personnages secondaires sonnaient « vrai » en trois phrases et demies. Comment fais-tu pour donner tant de corps à ceux-ci ? Tu t’inspires de personnes que tu connais ?

Merci beaucoup pour le compliment ! Je suis vraiment très contente que mes personnages paraissent si vrais, c’est quelque chose de très important pour moi. Je m’inspire parfois de personnes réelles et c’est vrai que ça aide à leur donner corps. Mais surtout, je les fais vivre dans ma tête. Y compris les personnages secondaires. Ils ont tous une histoire à raconter. Ça fait un peu folle de dire ça mais ils me parlent, m’expliquent leur point de vue, me font voir le roman sous d’autres angles…

Bon, je n’ai pas lu toutes les chroniques de Requiem pour Sacha, mais t’as du en avoir des négatives non ? Comment tu le vis face au tact qui caractérise internet ?

(J’aime beaucoup ta tournure de phrase. ) Oui j’en ai eu des négatives mais au final, je le vis étonnamment bien. (Bon, que personne ne prenne ça pour une invitation à me démolir gratuitement hein !) Le truc c’est qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, chacun a ses goûts, ses préférences et ses envies. Bien sûr, j’aimerais que les gens qui prennent la peine de lire mes romans les aiment parce que mon but c’est de leur faire passer un bon moment. Si ce n’est pas le cas, c’est dommage et j’en suis désolée pour eux mais ça arrive. Et puis, j’essaie d’apprendre des critiques lorsqu’elles sont constructives donc c’est utile aussi.

Parlons un peu des dessous des livres maintenant, si tu le veux bien. Es-tu auteure à plein temps ? Si oui, est-ce facile de l’être en France ? Si non, souhaites-tu l’être d’ailleurs ?

Non, je ne suis pas auteure à plein temps. J’aimerais bien et j’espère que ce sera le cas un jour !

Dies Irae de Alice ScarlingPour ce qui est de la France… je pense que ce n’est pas facile d’y devenir écrivain (à plein temps ou non) parce qu’il n’y a aucune formation, aucune aide pour apprendre. La plupart des gens ont l’air de penser qu’on naît avec du talent et puis voilà. Mais même si certaines personnes ont des prédispositions et d’autres pas, il y a tout un tas de choses qui peuvent s’apprendre. Des méthodes pour structurer son récit, des astuces pour rédiger un synopsis… Des choses très concrètes qu’on trouve dans n’importe quel livre de méthode dans n’importe quelle librairie d’Angleterre et qui en France semblent être totalement méprisées. Ce qui est fort dommage parce que le talent brut, c’est comme une pierre précieuse, ça se taille, ça se polit, ça se monte sur un écrin pour en faire un bijou.

Après, en ce qui me concerne, j’ai la chance d’avoir une maison d’édition exceptionnelle. L’équipe de Bragelonne/Milady a pris grand soin de moi depuis le début. Donc, sur cet aspect-là, non ce n’est pas difficile et je ne changerais pour rien au monde !


Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
  • No comments yet.
  • Donnez votre avis !

    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?