Il neige sur encelade de Olivier Moyano

Où la couverture ne fait pas le roman

Serafina dans Critiques, Livres le 24 mai 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Il y’a des livres dont la couverture nous attire et d’autre au contraire pour lesquels la couverture nous repousse. Il neige sur Encelade faisait partie de la deuxième catégorie. Non pas que l’illustration de Mina M. soit mauvaise en soit. Mais ça me donnait l’impression d’être face a de la SF à boulon, presque aussi peu appétissant que les couvertures de la Fraternité du Panca. Mais je lui ai donné une chance et heureusement. Synopsis ?

On suit Sylvere, psychologue qui s’occupe d’enfants placés en foyer et plus précisément le cas de Steven, un pauvre bambin qui a assisté au meurtre de sa mère. il est obsédé par les dernières paroles de sa mère a propos d’un « chat qui s’allume ». Steven va prendre de plus en plus d’importance dans la vie de Sylvère, le poussant a sortir des sentiers balisés de sa petite vie routinière.

Encore une histoire de psy me direz vous ? Effectivement, l’ayant lu juste après Amulettes je me suis demandée si les éditions du Chat Noir prévoyaient de faire une collection spéciale psy (qu’il soit psychologue ou psychiatre). En vrai, c’est une coincidence, Amulettes étant sorti depuis longtemps. N’empêche que le psy est une figure interessante pour un roman fantastique : de part son métier il est en contact avec des choses qui parfois peuvent dépasser l’entendement et cela permet de surfer sur la question « est-il traumatisé ou y’a-t-il réellement quelque chose ? ». Ici c’est bien amené et le personnage de Steven est crédible. C’est difficile d’avoir un héros enfant mais l’auteur ne tombe pas dans la caricature : Steven n’est ni trop adulte ni trop enfant.

L’histoire pourrait être une banale histoire fantastique, mais prend rapidement un tournant onirique et s’apparente a une quête initiatique. On ne sait pas toujours pourquoi Sylvère va la ou il va, guidé par une force qui le dépasse sans doute. Il en ressort un coté a la fois très mélancolique et éthéré que j’ai particulièrement apprécié. Cela contraste d’autant plus avec le début très dur avec le gosse qui assiste au massacre de sa mère … Cette lecture a été une réelle surprise, je ne m’attendais pas du tout au tournant poétique qu’elle a prise et c’est pas facile de me surprendre.

C’est un livre difficile a caractériser, car l’intrigue au final est faible, on se laisse porter comme le héros. Il y’a un coté très doux, non violent. Je trouve ce roman très singulier dans toute l’offre de la maison d’édition, et c’est clairement ce que je qualifierais de pépite. He n’en attendais rien, et pourtant, cela se revèle être une de mes ballades littéraires préférées de l’année pour le moment.

Bref, je ne peux que vous le conseiller, d’autant plus qu’il n’a pas énormément de pages. C’est vraiment un roman original, et je pense qu’il ne peut que vous plaire si vous n’êtes pas contre les romans sans trop d’action.


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