Hunger Games, The Hunger Games Tome 1, de Suzanne Collins

400 pages plus tard, on reste sur sa faim...

Serafina dans Critiques, Livres le 20 mars 2012, avec 3 commentaires
Critiques

The Hunger Games est une série de romans Young Adult écrite par Suzanne Collins, dont le premier tome a été publié chez Pocket Jeunesse en 2009 en France. Je suis un être faible, incapable de tenir bien longtemps face à un buzz. Donc à force de voir du Hunger Games par ci, Hunger Games par là, bande annonce, chroniques et même collection de vernis dédiée à cet univers, je n’ai pas pu résister et j’ai acheté le premier tome.Que j’ai rapidement commencé. Synopsis ?

The Hunger Games, Tome 1, de Suzanne Collins

Dans un futur pas si lointain, post-apocalypse, les États-Unis n’existent plus. A la place, Panem. Un pays divisé en districts, 12 pour être exact, et dont sont chaque année tirés au sort deux jeunes. Ces deux jeunes sont destinés à participer aux Hunger Games, un jeu de massacre télévisé où il n’y aura qu’un seul vainqueur. Katniss est une jeune fille débrouillarde, qui a vite appris à chasser pour subvenir aux besoins de sa famille suite au décès de son père. Elle aime sa petite sœur plus que tout, alors le jour où cette dernière est tirée au sort, Katniss n’hésite pas une seconde et se porte volontaire à sa place.

A vrai dire, avec un synopsis pareil, je dois dire que je n’étais pas spécialement emballée. En effet, les districts très compartimentés, dans la littérature jeunesse ce n’est pas nouveau, on pensera notamment à l’excellent Vent de Feu de William Nicholson. Pas plus que les jeux de massacre, qui font évidemment penser au culte Battle Royale. L’originalité ici est évidemment la critique de la télé réalité, car en effet ce jeu de massacre est  retransmis à la télévision, dans tous les districts et le regarder y est obligatoire.  La critique est bien menée et a le mérite d’amener la réflexion sur les dangers de ce genre de programmes télévisés. Si nous, adultes, avons bien conscience de ces dernières, pour le public cible, plus jeune, ce n’est pas un mal.

The Hunger Games Adaptation Cinema

L'adaptation au cinéma de Hunger Games sortira dans les salles obscures le 21 Mars 2012

Malheureusement, cette critique de la société est l’un des seuls points positifs que je trouverais au livre. Il bénéficie certes d’une écriture claire, et fluide mais sans être mirobolante pour autant. Les personnages, il faut le dire, ne font pas dans la finesse, et surtout pas l’héroïne : vie de misère extrême mais super débrouillarde, elle réussit toujours à s’en sortir, et ses défauts (son impétuosité notamment) deviennent rapidement des qualités. Bref, on n’est pas loin de la Bella mixée à Causette: une héroïne tellement banale qu’à peu près tout le monde pourra s’identifier à elle d’un moyen ou d’un autre. On échappe de peu à la Mary-Sue.

Suzanne Collins

Suzanne Collins

Si l’univers semblait au départ assez intéressant, il faut dire que pour ce premier tome, il est tout juste survolé : on ne sait qu’à peine quel district fait quoi, et on ne comprend pas spécialement l’historique du pays qui aurait pu amener à une telle décadence. C’est bien dommage, mais cela sera peut être expliqué dans les prochains tomes…

Le livre est composé de plusieurs parties, et les Hunger Games ne débutent réellement qu’à la moitié du livre. C’est clairement la partie la plus intéressante. Le problème c’est que balancer 24 personnages dans l’arène, forcément, cela amène à ce que beaucoup d’entre eux ne soient que des numéros ou au plus des prénoms. C’est bien dommage, car du coup j’ai trouvé que seuls  deux ou trois personnages ressortaient: Rue, Katniss et dans une moindre mesure Peeta, le deuxième désigné du District 12.

Si la progression de l’histoire n’évite pas quelques facilités, notamment dû au nombre de pages assez réduit, moins de 400, j’ai surtout déploré le recours à du Deus ex Machina pour résoudre ce qui semblait totalement insoluble, c’est dommage et facile.  Dans l’ensemble, l’histoire m’a laissé de marbre, surtout parce qu’elle est très prévisible et ce dès le début.

The Hunger Games, Tome 1, de Suzanne CollinsSi évidemment il faut être plus indulgent avec un roman jeunesse, la comparaison avec d’autres romans dédiés au même public n’aide vraiment pas ce Hunger Games. Je pense par exemple à Uglies de Scott Westerfeld, sorti à peu près en même temps aux États-Unis et qui bénéficiait d’une héroïne bien plus développée, de plus de retournements de situation, et le tout bien mieux ficelé. Ayant lu le roman dans sa version originale, je ne me prononcerai pas sur la qualité de la traduction proposée par Pocket Jeunesse.

Au final, je n’ai pas été charmée par ce premier tome de The Huger Games, et je ne suis pas sure d’en lire la suite, L’Embrasement. Si il y a de bonnes idées dans ce Battle Royale version Suzanne Collins, aucune n’est assez originale ni assez exploitée pour avoir su me captiver. Cela ne m’a même pas donné envie d’aller voir le film, et j’aurais tendance à vous le déconseiller, sauf pour vous faire votre propre idée.


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3 commentaires, donnez votre avis !
  • aurel a écrit le 20 mars 2012 à 10 h 43 min:

    J’ai lu les trois.
    Je pense que tes remarques sont fondées. Pour autant, il ne faut pas oublié de quoi on parle. C’est de la littérature jeunesse (à partir de douze ans) et le cœur de cible (c’est moche, je sais) est la jeunesse américaine… donc le champs des possibles se réduit.
    Pourtant je ne saurais que trop de conseiller de lire les deux autres. Tu vas avoir l’impression de relire le tome 1 avec le tome 2 (mais à quoi sert ce tome 2? Mystère… ou bien Suzanne Collins considère définitivement ces lecteurs pour des débiles (vous n’avez pas bien compris, je vais vous réexpliquer;ou bien 3 livres rapportent plus que deux…)). Mais le tome 3. Et la fin, ça c’est une autre histoire.
    En fait, ce que reproche moi à Suzanne Collins c’est de me pas être aller assez loin pour se dire : pour que cette histoire tienne la route elle doit sortir de la littérature jeunesse. Et écrire pour les adultes ça n’est pas le même travail. (attention je ne dis pas que c’est plus ou moins facile, c’est juste différent)
    Avec le tome 3 on aborde les sujets d’Orange Mécanique. L’instrumentalisation des icônes est pour moi, abordable en YA mais ici l’auteur n’a pas vraiment réussit. (en fait si elle a complétement réussit vu le succès! Le problème vient de nous, le lecteur adulte.)
    Essaye de lire jusqu’à la fin, et dis moi ce que tu en penses.

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  • Serafina a écrit le 26 mars 2012 à 13 h 52 min:

    Je ne suis pas vraiment d’accord. C’est de la littérature jeunesse oui, mais ce n’est pas une excuse pour des pirouettes scénaristiques aussi grosses que le Deus Ex machina qui résoud ce premier tome. Et aussi, parce qu’on a l’exemple de series jeunesses mais qui reussissent a aller plus loin que la simple histoire (Uglies en tete, ALCDM ensuite, bien que ca devienne trop complexe sur la fin pour la jeunesse, ou même HP).

    J’essairais cependant de lire la suite un de ces quatre, mais pour le moment, je ne suis pas plus convaincue que cela.

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  • sarahk21 a écrit le 26 mars 2012 à 14 h 40 min:

    @Serafina: j’ai tenté de lire ce bouquin il y a 1 an ou 2 , étant trés fan de post apo et de battle royale, je n’ai pas du tout accroché et ne l’est même pas fini , c’est vrai qu’être de la littérature jeunesse n’est pas une excuse j’ai lu de très bon bouquins jeunesse comme Gone, tunnels, les 7 royaumes, birth marked ou la foret des damnés… mais la je ne sais pas ça sonne creux et commercial, c’est vrai que j’ai 27 ans mais niveau bouquin et mentalité je suis encore coincée dans la post adolescence (et pour encore un moment) alors lire des bouquins jeunesse j’aime bien… je verrai le film je pense mais le bouquin j’abandonne…

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