Homo Vampiris de Fabien Clavel

Serafina dans Critiques, Livres le 15 décembre 2009, avec 12 commentaires
Critiques

Homo Vampiris est un roman de Fabien Clavel qui est paru en août 2009 aux éditions Mnémos. Le vampire est à la mode, et on nous propose ici une œuvre française avec des vrais vampires, c’est a dire des vampires non végétariens et qui ne brillent pas au soleil (…). Bref du vrai de vrai, ceux qu’on aime. Mais avant d’aller plus loin un petit synospsis s’impose.

Homo Vampiris de Fabien Clavel

Nous sommes dans un 21ème siècle assez sombre. Les catastrophes se sont multipliées sur la planète et l’environnement a bien changé. Au milieu de cela, on suit plusieurs histoires entrecroisées : celle d’un patient qui s’est enfui d’une clinique assez particulière, celle d’une étudiante londonienne qui a soif d’un liquide rouge, et l’assassinat d’un éminent religieux musulman… Évidemment tout est lié, et fait partie d’une intrigue encore plus vaste que nous découvrirons petit à petit.

Homo Vampiris de Fabien ClavelNous sommes donc là face à un Thriller au traitement tout ce qu’il y a de plus classique. En effet, les codes du genre sont quasiment tous là: narrations alternées, sexe sulfureux, violence, gore, machinations politiques, mystère autour d’un des héros. Bref tout ce qu’on croise dans les Thrillers qui se vendent, les Da Vinci Code, les Evangiles selon Satan et même les Dracula l’Immortel . Il est quand même dommage qu’on n’arrive plus à faire de thriller sans utiliser ces codes éculés, tellement déjà-vus qu’ils en deviennent lassant. Quel est l’intérêt de faire un thriller à la française si c’est pour piller tous les stéréotypes du genre ? Après ça a du succès ce genre de narration, ça marche même plutôt bien, mais je prends plutôt ça pour un manque d’originalité quelque part. Ça doit faire une dizaine de livres que je lis cette année qui appliquent cette recette quasiment à la lettre, ça devient lassant…

Et c’est dommage. Car l’auteur à coté de cela fourmille de bonnes idées. Tout d’abord sa vision du vampirisme est très intéressante. Ils n’ont pas les caractéristiques qu’on leur prête généralement : ils ne dorment pas dans un cercueil, ils n’ont pas peur de l’ail, etc. De plus ils sont traités de manière médicale et biologique avec beaucoup d’innovation. Le vampire n’est plus une créature mystérieuse et maléfique,  la biologie peut l’expliquer. C’est passionnant et innovant. Certains autres auteurs avaient déjà envisagé cette voie, mais j’avoue avoir trouvé que Clavel est allé plus loin, plus précisément dans la nature intrinseque du vampirisme.

De plus, l’univers en lui même, la vision du futur est sombre et pourrait presque passée pour engagée, on n’est pas très loin des romans de SF post-apocalyptique qui font réfléchir et dénoncent les travers de l’humanité. Malheureusement, ce monde ne joue quasiment pas dans l’intrigue, et cela aurait pu se passer à notre époque que cela n’aurait rien changé. C’est regrettable car là aussi il y avait de bonnes idées, je pense notamment à la version de la Chine de l’auteur.

Fabien Clavel

Fabien Clavel

Oui, la Chine, car on voyage. De Londres à Pékin en passant par la Roumanie, on parcours le monde et ma foi, les ambiances sont vraiment bien rendues. Les voyage en trains à travers la Toundra nous ferait presque ressentir le  froid qui y règne (ou alors c’est juste que mes fenêtres laissent passer l’air, au choix). On voyage aussi dans le temps lors de flash backs expliquant le passé des personnages. On s’intéresse à des époques et des lieux assez peu fréquents dans les romans vampiriques. Vous en avez souvent lu vous des vampires qui complotent contre le Tsar ? Fallait oser quand même !

L’intrigue est assez complexe, presque trop. On est à plusieurs fois baladés. Si certains retournement de situations sont très prévisibles, d’autres m’ont plutôt carrément surprise. Bon, je ne suis même pas sure d’avoir totalement compris la fin, mais c’est une autre affaire. Le livre est assez court, deux cents cinquante pages, ce qui n’aide peut être pas. Je pense qu’une telle intrigue aurait mérité plus de pages. Cette densité rend les personnages un peu creux, et j’ai eu du mal à m’attacher à eux. De plus l’auteur se débarrasse un peu vite de certains.

Bref, Homo Vampiris est donc un roman dont je ne garderai sans doute pas grand souvenir et qui ne m’a pas spécialement plus en dépit de sa superbe couverture. Ca se lit vite, c’est plutôt haletant, avec plein de bons éléments mais le mode de narration trop stéréotypé et un certain manque de profondeur contrebalancent malheureusement ces bons points. En plus de cela, le livre est bourré de coquilles : fautes de grammaire, fautes de frappe au menu… Bizarre. Une chose à vérifier avant d’acheter donc, car les livres ont peut être déjà été remplacé en librairie.


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12 commentaires, donnez votre avis !
  • Wilhelmina a écrit le 16 décembre 2009 à 17 h 50 min:

    ça me dit bien moi à voir ! :) c’est vrai que la couverture fait vraiment de l’œil, mais bon, on ne peut pas choisir un roman sur sa couverture ! lol je vais y réfléchir ! ^^
    Merci pour cette critique ! ^^

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  • Wilhelmina a écrit le 16 décembre 2009 à 17 h 53 min:

    et, au fait, =D
    « on nous propose ici une œuvre française avec des vrais vampires, c’est a dire des vampires non végétariens et qui ne brillent pas au soleil (…) »
    J’applaudis ! lol

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  • Serafina a écrit le 16 décembre 2009 à 17 h 56 min:

    Bah si tu aimes les thrillers (et ce mode de narration) cela devrait te plaire.
    C’est vrai que la couverture est superbe ^^

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  • kao a écrit le 16 décembre 2009 à 18 h 29 min:

    Je surkeeffe absolument la couverture, pour le reste, je lirais pas.

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  • Mandrag' a écrit le 18 décembre 2009 à 17 h 52 min:

    je ne pense pas que je le lirai, ou alors seulement si je suis au point mort littéraire…
    La couverture est magnifique mais je trouve qu’elle fait un peu S-F, et vus que c’est un genre que je n’apprécie pas particulièrement, ça a plutôt tendance a me rebuter

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  • Seraf' a écrit le 18 décembre 2009 à 18 h 39 min:

    En effet Mandrag, c’est assez SF (ca se passe dans le futur) mais en faite, la SF c’ets vraiment du décor et ca ne joue pas dans l’intrigue.
    (apres, je ne peut que te conseiller de lire un jour du Asimov, car moi aussi j’avais des apprioris sur la SF)

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  • Vladkergan a écrit le 19 décembre 2009 à 15 h 43 min:

    Concernant le bouquin, même si je n’ai pas encore tout à fait fini sa lecture, je suis plutôt de ton avis Serafina. Et je trouve également vraiment dommage que le côté SF ne soit pas plus utilisé que ça, car ça aurait pu donner une grosse originalité à l’ouvrage.

    Quant à la SF en général, j’avoue également en lire peu mais il y a des incontournables furieusement bons : Hyperion de Dan Simmons, Dune de Herbert (même si la fin est passablement trop psychédélique à mon goût), Demain les chiens de Clifford D Simak (une savoureuse relecture de l’histoire de l’humanité dans un futur où la seule race subsistante est la race canine), La Balade des dragons de Pern de Anne McCaffrey, qui mélange Fantasy et SF de très belle manière, Neuromancien de Gibson (qui est en plus de cela l’un des romans pionniers du genre Cyberpunk), etc.

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  • Seraf' a écrit le 19 décembre 2009 à 16 h 00 min:

    @Vlad C’est en effet vraiment dommage que la SF ne soit rien de plus qu’un joli papier peint, car il y avait de bonnes idées, et ca aurait pu faire ressortir un peu le bouquin.

    Ah ca m’étonne que tu cites Hypérion, je n’ai pas reussi a dépasser la premiere partie du tome 1, pourtant je suis assez rodée niveau SF :/
    Je note le Neuromancien et Demains les Chiens que je n’ai pas encore lu.

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  • Vladkergan a écrit le 19 décembre 2009 à 21 h 23 min:

    C’est dommage pour Hypérion. C’est le roman qui a fait de moi un gros fan de Simmons (et ses vampiriques Echiquier du mal et Fils des Ténèbres n’ont fait que confirmer mon intérêt pour l’auteur).

    Pour les autres c’est du must (surtout demain les chiens, qui fait selon moi parti des chef d’œuvres de la SF à message.

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  • illman a écrit le 19 décembre 2009 à 22 h 25 min:

    Même avis que Vladkergan concernant Simmons (à part que j’ai pas trop aimé l’échiquier du mal)j’ai adoré aussi dans ses ouvrages récents Olympos et Ilium. Pour en revenir aux vampires, Les Fils des Tenebres apporte une nouvelle vision des vampires que je trouve bienvenue et qui par son approche médicale du vampirisme à l’air de se rapprocher du bouquin de cette critique.

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  • Vladkergan a écrit le 19 décembre 2009 à 23 h 09 min:

    Sauf que justement, pour être un immense fan des Fils des Ténèbres, je trouve que Fabien Clavel va bien moins loin que Dan Simmons à ce sujet, qui explore les choses sous un angle médical vraiment pointu (haha) sans pour autant être rébarbatif.

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  • Des Geeks et des lettres a écrit le 23 décembre 2009 à 14 h 49 min:

    Merci pour l’article ! Je viens de rédiger un petit article sur la transformation comme thème dans la fantasy à cette adresse : http://bit.ly/4Uidlj

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