Grifter de Nathan Edmonson et Rob Liefield

Récit d'un beau gachis du New 52 de DC Comics

illman dans Comic, Critiques, Livres le 14 mai 2013, avec 3 commentaires
Critiques

Grifter a fait partie des séries qui ont commencé le New 52 de l’univers DC Comics. La série aura duré de septembre 2011 à janvier 2013 pour un total de 17 issues. Cette série n’est pour le moment pas publiée en France, alors pourquoi est-ce que j’en parles ? Tout simplement parce que j’ai découvert Comixology, un site qui permet de manière légale d’acheter des comics paru aux États-Unis en édition numérique sans restriction territoriale. La série aura connu 3 scénariste et 3 dessinateurs différents avant de finalement s’interrompre faute de ventes satisfaisante. Pour une trentaine de dollars il est possible d’acquérir toute la série. Autopsie du cadavre.

Grifter

Qui est Grifter ? Il a été créé sous la plume de Jim Lee en 1992 avec la série WildCATS et faisait partie du roster de l’éditeur Wildstorm, qui a été racheté à la fin des années 90 par DC Comics et disparu aujourd’hui. Bref, Cole Cash est un ancien membre des forces spéciales qui par la force des choses est devenu un arnaqueur de talent. Mais voilà, alors qu’il sort d’une affaire louche, il est kidnappé par des aliens, les daemonites, qui tentent de prendre possession de son corps pendant 17 jours avant qu’il ne puissent s’échapper et se rendes compte qu’il a acquis certaines capacités de télékinésie et de télépathie avec ces aliens. Dans sa fuite, il tuera des humains possédés dans un avion, ce qui fera de lui, l’homme le plus recherché de l’univers.

Si vous ne le savez pas, on découpe généralement les comics par « run » c’est à dire des arcs d’histoire parus sous l’égide du même scénariste. Pour Grifter, on peut en identifier 2 conséquentes, celle de Nathan Edmonson et celle de Rob Liefield.

Run de Nathan Edmonson (Grifter #1-#8)

Grifter #9J’ai été gentil avec le synopsis parce que c’est loin d’être aussi clair dans le comics. La narration est loin d’être un point fort de la série, on galère un petit peu à comprendre le point de départ et il manque sans doute un peu de background, mais une fois lancé dans l’action, ça se laisse suivre. Car au delà du 3ème numéro, c’est une débauche d’action qui attend le lecteur avec le fil conducteur de la fuite en avant de Cole, et le tout restera cohérent jusqu’au #7. Pour son dernier numéro, Edmonson tente sans doute de relancer les ventes en partant sur un arc qui malheureusement est trop différent du précédent, il démarre sur une ellipse narrative difficilement justifiable dans la continuité.

Cafu gère le dessin sur les 3 premiers numéros et fait un travail remarquable. Le dessin est fin et c’est découpé plutôt élégamment. Ce qui ne sera pas forcément le cas de son successeur au crayon, Scott Clark. Ce dernier est clairement un cran en dessous de Cafu en terme de qualité de dessin. Ses planches sont moins impressionnantes, même si ses covers sont de qualité (celle du #16 est vraiment belle), et son découpage est vraiment trop classique pour se montrer intéressante.

Run de Rob Liefield (Grifter #9-#14 et #0)

Grifter #10Le très controversé Rob Liefield va prendre les rênes de la série pour l’emmener dans les tréfonds de l’enfer, alors même qu’il était censé redresser les ventes. Scénario sans queue ni tête avec un lien quasi inexistant avec la run précédente, il va mettre son talent WTFesque à contribution pour rendre la série ridicule (excepté pour son #0 où on sent un effort de scénario). Il va mettre en scène des dialogues idiots ou fier à bras, il fera jaillir des personnages secondaires de nulle part, la totale quoi.

Ça part donc dans tous les sens, on n’arrive pas à suivre le délire et l’on se demande s’il y a vraiment un lien entre certains numéros vu que la narration est décousue au possible. Le pompon est atteint dans le numéro Midnighter in Paris qui malgré sa description et le titre se paye le luxe de n’avoir aucune case qui se passe à Paris. Bref à la fin de son passage on contemple une zone sinistrée à laquelle on ne comprends plus rien. Mais ça aurait pu être pire, il aurait pu se charger du dessin (bon il s’est contenté d’insulter le dessinateur en charge apparemment)…

Marat Mychaels au dessin et Frank Tieri pour le scénario accompagneront le condamné pour ses deux derniers numéros, avant qu’il ne rende l’âme. Lors de cette mort programmée ils vont lui donner une fin ouverte qui permettra peut être de redémarrer un jour sur plus de cohérence.

Grifter #14

Grifter était pourtant prometteur, le début d’intrigue était un peu mal amené et expliqué mais il y avait du potentiel. Malheureusement les ventes ne suivant pas, les tentatives d’électrochocs en changeant la série d’orientation et de management n’auront servi qu’à précipiter sa mort. Bref un beau gâchis.


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3 Comments, donnez votre avis !
  • Vladkergan a écrit le 14 mai 2013 à 21 h 29 min:

    La même pour I,Vampire…, un autre titré des New 52 lui aussi fauché par le dieu commerce, alors que le scénario comme les graphismes valait largement le détour. Heureusement, l’histoire semble avoir été conclue a peu près potablement (j’en suis au 2e TPB sur 3).

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  • illman a écrit le 15 mai 2013 à 7 h 31 min:

    Surtout qu’en plus pour I, Vampire le dessin est classe de bout en bout apparemment. D’ailleurs DC a trouvé une combine pour faire 52 numéro par mois sans avoir 52 séries, il vont lancer deux hebdos, je sais pas pourquoi mais je la sens pas :D

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  • Vladkergan a écrit le 15 mai 2013 à 7 h 36 min:

    Pour I…Vampire, dans la foulée j’ai essayé de me pencher sur la série d’origine. Je pense que le retour de la série à la sauce new 52 vieillira bien mieux, parce que c’est pas super beau et plan plan niveau scénario : http://www.vampirisme.com/livre/de-matteis-collectif-i-vampire/

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