Géniteurs et fils de Anthony Boulanger

dabYo dans Critiques, Livres le 21 janvier 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Il y a des recueils aux noms évocateurs et d’autres qui laissent plutôt songeurs. Malheureusement, je ne saurai exactement dans quelle catégorie j’aurai classé Géniteurs et fils de Anthony Boulanger avant de l’avoir lu. Un recueil de nouvelles traitant de la relation entre des parents et leurs enfants ? J’avoue, la thématique m’a intriguée au début. Et c’est pourtant bien ce que la couverture de Kanthesis laisse penser. Au sommaire de cette publication des éditions du Chat Noir, quinze nouvelles et pas de synopsis, vous vous en doutez.

Geniteurs et Fils de Anthony Boulanger

Les quinze nouvelles sont classées en cinq sections, des Générations qui vont être qualifiées, Première, Abandonnée ou encore Perdue. On pourrait penser que cela va annoncer la thématique de chaque nouvelle, mais j’avoue ne pas avoir toujours saisi le lien entre la section et la nouvelle. Mais soit, passons, car de toute façon entrer dans l’univers semble-t-il très torturer d’Anthony Boulanger, c’est avant tout commencer par accepter qu’on ne saisira pas tout. Et c’est sans doute ce qui va lui permettre, sur l’ensemble de ses nouvelles de nous faire ressentir une certaine angoisse, il faut l’avouer.

Si certaines des nouvelles sont plutôt un message d’espoir, la plupart sont plutôt noires. Très noires. Désespérantes, parfois, glaçantes à d’autres moments. Elles ne laissent clairement pas indifférentes et l’auteur se joue de son lecteur, notamment parce que les personnages principaux sont avant tout des enfants: fragiles, des cibles faciles pour les psychopathes que sont les adultes. Nous sommes alors là, sans réel moyen d’intervenir, d’aider. Certaines nouvelles donnent vraiment l’impression de non assistance à personne en danger. Et c’est clairement dérangeant.

La plupart des nouvelles n’ont pas de lien entre elles, mais il y a un fil conducteur sur certaines, qui les relient. On y suit l’histoire d’un enfant, traumatisé par les scènes dont il a été le témoin sans vraiment savoir, sans pouvoir l’exprimer auprès des autres. C’est sans doute les nouvelles qui m’ont le plus marqué. Le plus plu, je ne sais pas, il y a évidemment un petit côté morbide de noter ces nouvelles comme ses préférées. Mais elles donnent clairement du caché au recueil.

Geniteurs et Fils de Anthony BoulangerCoups de poing, la plupart des nouvelles le sont. La plupart sauf une, la dernière et la plus longue: Le Rouge, Le Blanc et l’Artefact. Cette dernière m’a semblé dénoter du reste. Bien moins rapide, bien moins originale à mon goût, et avec une maxime peut être un peu trop présente, elle m’a laissé perplexe. Comme un cheveux sur la langue qui du coup vient un peu gâcher tout le reste, qui m’avait beaucoup plus. C’est dommage.

Au final, j’étais parti perplexe. Par la thématique du recueil, par la première nouvelle coup de poing. Puis l’auteur a su me conquérir, et sauf un dernier faux pas qu’on pourra lui pardonner, il livre avec Géniteurs et fils de Anthony Boulanger un recueil qui se lit bien. Les nouvelles ne sont peut être pas les plus marquantes que j’ai pu lire, mais elles montrent une certaine maîtrise de l’angoisse de situation.


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