Galilée de Clive Barker

Serafina dans Actualités, Critiques, Livres le 31 juillet 2016, avec aucun commentaire
Actualités

Bragelonne continue sa republication des oeuvres de Clive Barker avec Galilée, sorti fin Juin en grand format. Le roman était auparavant paru en poche chez Pocket découpé en deux tomes, mais ici, c’est bien l’intégrale qui est proposée et qui fait près de 700 pages plutôt denses. Comme d’habitude on retrouve le code couleur des oeuvres de Clive Barker avec une couverture sombre et un titre en rouge. Synopsis ?

galilee_org8clive barker

Les Barbarossa sont une famille étrange, dont les membres vivent au coeur des marais de la Louisiane en vieillissant bien plus lentement que le reste des mortels. Maddox, fils illégitime de la lignée, entreprend de compter l’histoire de la famille ainsi que de la famille Geary, magnats du pétrole et de la finance qui dirigent de loin les Etats-Unis. En effet, les deux sont liés, et notamment via Galillée le fils prodige des Barbarrossa.

Vous aimez le Clive Barker sanglant et tourbillonnant ? Le digne avatar de ce que le Splatterpunk a pu fournir de plus giclant ? Eh bien vous ne trouverez pas votre bonheur ici. Car si c’est bien le même auteur, cette fresque est beaucoup plus soft et plus onirique que la production habituelle du Mr. Il s’agit d’une fresque familiale qui prend racine dans la guerre de secession et traverse les décénnies. Nous sommes dans l’intimité des puissants et c’est un peu comme si on vous proposait un mélange entre Les Feux de L’Amour et un roman d’horreur. Car oui, tout est là, la famille décadente, ultra riche avec sa galerie de personnages tous abimés, manipulateurs et qui vivent dans des lofts de fous en haut des gratte ciels, la drogue, le stupre et les jeux de pouvoir. Tout est donc là, dans un cadre un peu rétro, daté et tellement dans la démesure qu’au final la capacité de Clive Barker a aller toujours plus loin ne choque même pas.

galilee_orgL’horreur et le surnaturels sont présent, mais en arrière plan. Car oui, il y’a des fantômes, il y’a des forces supérieures qui ont le pouvoir de vie et de mort, mais finalement, on suit surtout l’histoire de deux familles et de quelques protagonistes. Maddox est un fils illégitime, pas très sur de lui, qui est notre narrateur et couche sur papier l’histoire de sa famille. Rachel est une vendeuse de bijoux, de basse extraction, mariée a un Geary et elle va se rendre compte que tout n’est pas si rose. Quand à Galillée, véritable pierre angulaire du roman, il est mystérieux, perdu en mer, et porte le poids des ans sur ses épaules.

Le rythme est lent, très lent, mais cela permet a Clive Barker de mettre en place sa mythologie, un peu à la manière d’une Jacqueline Carey. Notre narrateur se répète pour nous faire nous aussi accepter les mythes Barbarossa, qui deviennent les notres. Ce rythme m’a plu et m’a permit de réellement m’immerger dans l’univers du roman. Les chapitres sont relativement courts et les points de vues alternent entre Maddox, les Barbarossa, Gallilée, Rachel et d’autres personnages de la famille Geary, de ce fait, on a souvent du mal à refermer le livre car on à hâte de retrouver le personnage que l’on suivait. Malgré la taille du roman, c’est un page turner sans réellement de temps mort. Même à la fin ou tout s’accélère, le rythme reste lent et le narrateur assez détaché. C’est fascinant.31

A la fin de l’histoire, je ne dirais pas que j’ai tout compris. Certaines choses restent obscures et je suis sûre qu’il y’a beaucoup à creuser dans cette fresque. Mais cette part de mystère est aussi une qualité. Car cela donne un gout de « reviens-y ». Vous l’aurez compris, j’ai été charmée par ce gros pavé et je ne peux que vous le conseiller. Si vous aimez les saga familiales, les marais de Louisiane, les personnages mystérieux et perdus en mer, Galillée est pour vous !


Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
  • No comments yet.
  • Donnez votre avis !

    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?