Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 22 juillet 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Freesia est un manga de Jiro Matsumoto qui vient de se terminer sur son douzième volume au Japon. C’est un Seinen récemment édité et traduit en français par Kaze Manga, et comme j’aime beaucoup ce genre, c’est avec enthousiasme que j’ai ouvert ses premières pages qui révèlent un style graphique original et inhabituel. Mais n’en parlons pas encore, et concentrons nous sur le Synopsis.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

Hiroshi est un jeune homme qui vit dans un Japon parallèle. Son pays est en effet en pleine guerre contre une contrée croyante, et il a notamment des lois un peu particulières. L’une d’elle d’ailleurs, a carrément encadré le principe de vengeance. Un criminel a été puni, a purgé sa peine, mais vous lui en voulez encore ? Alors faites appel à un suppléant agréé, il se chargera pour vous d’éliminer votre cible à une heure précise, et avec une heure conventionnée pardi. Et si vous êtes l’accusé, vous avez bien entendu la possibilité d’engager des protecteurs, ou de compter sur le protecteur commis d’office.

Bref, vous l’aurez deviné, le manga s’articule sur cette loi qui semble être des plus débiles. Jiro Matsumoto va partir de ce postulat pour nous présenter une société qui semble être, de près comme de loin, des plus malades. Cette loi est d’autant plus présente que notre héros a réussi à dégoter un job en tant que suppléant assassin. Elle doit bien entendu vous faire penser à un simple copié-collé de celle de la justice que nous connaissons, mais où la violence est au centre de l’affaire. Et il faut dire que Freesia regorge de violence en tout genre, que ce soit sexuelle, physique ou morale.

Là dessus, c’est la patte graphique de Jiro Matsumoto qui étonne le plus et convient le mieux. Avec un style très crayonné, les dessins sont tout simplement superbes, mais gardent aussi ce côté brouillon qui rendent toutes les scènes violentes. J’ai vraiment apprécié le dessin, et c’est à n’en pas douter l’un des gros points forts du manga. Il ne faudra donc pas s’arrêter à la couverture dont le style est à la totale opposée, et surtout, bien moins joli. C’est dommage que l’auteur ne soit pas aussi à l’aise avec la couleur qu’avec le crayon.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

Entre l’histoire, le genre et le style graphique, on a donc un manga très malsain. L’ambiance est pesante, gore, et on s’attend à être choqué à chaque page. Il faut dire que l’auteur y va fort, et commence le manga avec plusieurs scènes de sexe très explicites. J’avoue que pour le scénario, cela n’apporte vraiment pas grand chose. De plus, c’est tellement poussé et détaillé qu’on ne peut même plus l’associer à du fanservice. Ces scènes mettent en général en scène des personnages qui n’ont aucun réel intérêt pour l’histoire, quand ce n’est carrément pas un viol. Cela dit, tout comme dans un Gantz, cela sert réellement à augmenter l’ambiance et la personnalité de certains personnages.

Alors on peut ne pas aimer, d’autant que certains passages sont quand même très osés, et j’avoue que leur absence ne m’aurait pas gêné. Si vous êtes totalement allergique à ce genre de scènes, la lecture de Freesia vous sera peut être difficile. Cependant j’ai tout de même trouvé que cela créait certains traits du personnage principal. En effet, ce Seinen repose aussi pour beaucoup sur les épaules de son héros, Hiroshi. Ce dernier est clairement présenté comme schizophrène, voir même inhumain. Si cela impacte beaucoup la narration du manga, où on le verra souvent parler avec des personnages imaginaires, cela justifie aussi quelque part ces scènes, car elles révèlent et mettre en exergue un autre trait de son personnage. Celui de l’indifférence totale.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

A côté de ça, le scénario est pour le moment assez vague. On ne sent pas de réelle trame sous-jacente pour l’heure, si ce n’est la découverte des origines de Hiroshi. On se doute qu’il va retrouver quelques connaissances via son travail, mais on n’en sait pas plus. Il est donc encore trop tôt pour savoir si, comme dans la plupart des Seinen, on aura droit à un énorme complot politique ou pas. De même, la guerre contre ce pays très croyant est à peine évoquée, comme si ça n’avait finalement que peu d’importance.

En tout cas, malgré le côté choquant, j’avoue avoir hâte de lire le deuxième tome de Freesia. C’est gore et malsain, mais aussi superbe, et me rappelle énormément les débuts d’une autre grande série du genre, j’ai nommé MPD Psycho. En espérant que le tome 2 sorti il y a moins d’un mois confirme l’essai.

Bref, retrouvez nous le prénom de cette personne, homme, femme, chien ou clown. Qu’on puisse passer au prochain crime photographique… Tout aussi pourri, à n’en pas douter.

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  • Kameyoko a écrit le 23 juillet 2010 à 11 h 27 min:

    Comme toi, j’ai trouvé ce manga dérangeant. Les scènes de cul (puisque c’est explicite) me gênent. Pas le fait de tout montrer, mais plus parce que ça ne sert à rien. Le but était de créer une ambiance malsaine, mais le titre n’a pas besoin de ça.

    Le coté dérangé d’Hiroshi ainsi que la description sous-jacente de la société suffisent.

    Mais il y a quand même un quelque chose dans ce titre de très prometteur. J’attends de lire le 2 pour réellement me faire un avis.

    Concernant le graphisme, même s’il remplit son rôle de contribuer à l’ambiance avec un trait brouillon et sale, je n’ai pas été conquis du tout.

    Ce coté non-fini, brouillon ne me plait pas trop. Mais c’est question de goût. Mais au moins, c’est particulier et ne rentre pas dans un moule trop aseptisé

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