Food for Maggots de Virginia Schilli

illman dans Critiques, Livres le 30 avril 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Food for Maggots est un recueil de nouvelles aux éditions du Riez de la jeune auteur Virginia Schilli. Déjà, j’ai eu un peu peur quand Seraf’ me l’as mis dans les mains: un recueil de nouvelles est synonyme d’ouvrage où peuvent se côtoyer le bon et le mauvais (à part si tu t’appelles Lovecraft … quoi que ça dépend). Recueil de Nouvelles oblige, pas de synopsis, le recueil en compte dix réparties sur les 200 pages, aussi cela vous en spoilerait la majorité. Qu’a donc ce livre dans le ventre ?

Food For Maggots de Virginia Schilli

Je vais commencer par une remarque sur le choix de la première nouvelle, L’ami du Beffroi. C’est la plus ancienne du livre et je le dis tout de suite, je ne l’ai pas aimé du tout. Les tournures de phrase sont pompeuses à souhait, je veux bien croire que c’est dans une optique gothico-romantique, mais là j’ai soit frôlé l’overdose soit la crise de rire. Pour le coup ce n’était pas terrible comme entrée en matière, d’autant plus que cette nouvelle n’est absolument pas représentative du reste du contenu. Heureusement, je suis un homme persévérant, et bien que je l’avais trouvée trop darkinou choupi kawaï, je me suis attaqué à la suite en me disant que j’allais souffrir. Que nenni, l’auteur avait gardé des atouts dans sa manche et m’a harponné dans la couenne pour que je finisses le livre.

Chose faite avec la nouvelle Death in the Box, assez classique dans l’histoire mais très bien écrite, elle sonne vraie et les obsessions des personnages sont palpables. Vient alors la nouvelle qui est pour moi la masterpiece de ce recueil, Ars Moriendi. Elle n’a beau faire que dix pages, je penses  que je m’en rappellerais encore dans quelques années. C’est là que j’ai senti que l’auteur avait le truc, vous savez le truc qui vous pousse à lire ses autres livres.  Le Londres du XIXème a l’air plutôt bien retranscrit, mais je ne suis pas un spécialiste. Le personnage principal, le peintre Orestres, a un caractère très fort au bord de la folie, comme un personnage de Lovecraft tiens. On le retrouve par ailleurs dans la suite de cette nouvelle, Exitium Ipse Sui, plus loin dans le recueil, toute aussi bien mais sans l’effet de surprise.

Virginia Schilli

Virginia Schilli

On aura aussi droit à une vision du mort-vivant différente de celle qu’on a l’habitude de voir dans Zombification. Ça donne un vent de fraîcheur qui souffle sur les cimetières. Birlirubine nous met au prise avec une jeunesse dépravée qui m’a beaucoup fait penser à l’image que je me fais des soirées londoniennes. On traite ici de paradis artificiel et de mort et j’ai trouvé que ça faisait un peu too much, et emo à souhait. Haddess amène une petite touche d’humour (certes noir) au milieu de ce lot de ténébritude.

Pour écrire La lumière du bout du monde, Virginia Schilli a lu dans mes pensée et nous offre une histoire de pirate et d’îles, exactement comme je les apprécie. Du coup je ne suis pas très objectif sur celle là, mais je dois quand même vous dire que je l’ai aimée. Pour Scarlet Feathers on retombe un peu dans le go-goth, je n’ai pas été emballé et je ne pense pas qu’elle va plaire à ceux qui ne seront pas dans le trip. Pour clore le recueil, Dernier Soupir donne un peu un effet de soufflé. Il y a une forte montée émotionnelle (j’suis vachement sensible moi monsieur). Cependant, à la place d’une montée crescendo jusqu’à la fin comme on pourrait s’y attendre, j’ai ressenti une certaine baisse pour un final qui ne m’a pas emballé plus que ça. Dommage.

Vous l’avez sans doute remarqué, l’auteur varie les époques, on se retrouve tantôt dans le Londres du XIXème, tantôt dans notre époque et même si le lieu n’est pas donné, on sent une influence anglo-saxonne derrière. Le tout est agréable à lire si on excepte la première, et se laisse lire sans que l’on soit forcement un adepte du genre.

Food For Maggots de Virginia SchilliLa couverture faite par Aurélien Police est plutôt jolie mais je ne la trouve pas particulièrement adaptée à l’ambiance du bouquin. Je ferai l’impasse sur le portfolio des œuvres de Estelle Valls de Gomis présent en fin de volume, l’effort est notable mais l’intérêt et la qualité sont malheureusement discutables. A noter, en ce qui concerne l’édition, que différents ouvrages de cette auteur vont être republiés chez les éditions du Riez.

En conclusion, ce recueil contient des bons gros morceaux de Fantastique teintés d’une couleur gothique et certaines des nouvelles qu’il regroupe mérite vraiment que vous les lisiez. Pas toutes certes, mais bon, « à l’impossible nul n’est tenu« .

un recueil de nouvelles est synonyme d’ouvrage où peuvent se côtoyer le bon et le mauvais (à part si tu t’appelles Lovecraft … quoi que ça dépend), et pour ne pas changer, on ne déroge pas à la règle

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