Fin(s) du monde du Collectif Les Artistes Fous Associés

20 récits pour en finir avec l'apocalypse

illman dans Critiques, Livres le 12 mars 2013, avec aucun commentaire
Critiques

Fin(s) du monde est un recueil de nouvelles du collectif Les Artistes Fous Associés publié par leurs soin aux éditions des Artistes Fous. Cette bande d’auteurs, illustrateurs et de plein d’autres métiers en « teurs » se sont réunis autour du thème de la fin du monde au travers du spectre de plusieurs genres, l’Horreur, la Science Fiction, le Fantastique, l’Humour, etc… Comme de rigueur pour les recueils de nouvelles, pas de synopsis mais une sélection des meilleures nouvelles du livre.

Fin(s) du monde du Collectif Les Artistes Fous Associés

Un petit mot sur l’édition tout d’abord. Il y a deux version légèrement différente : la version numérique (epub) comporte 21 nouvelles au tarif de 2,50 € gratuit sur le site de l’éditeur, tandis que la version papier en contient 20 pour un prix de 9,90€. La version lue pour cette chronique est la numérique. On va commencer par parler de quelques nouvelles marquantes.

Emancipation de Southeast Jones

Première nouvelle du livre, elle se caractérise par un certain cynisme et suspense. Franchement en la lisant je me suis dit « mais qu’est ce que c’est que ce truc ? » en me demandant où l’auteur voulait nous embarquer. Une chose de sûr il ne s’est pas loupé et livre une fin classe et surprenante.

Noxos de Aurélien Clause

Sans doute la meilleure nouvelle du recueil, on nage ici dans le genre horrifique avec des passages flippants réussis. Aurélien Clause arrive à tenir son lecteur en haleine du début jusqu’à la quasi fin dans une sorte de roadtrip halluciné où la nuit sera votre pire ennemi. Même la manière dont le texte est présenté et écrite interpelle, des « / » comme signe de ponctuation, des paragraphes entiers en italique contribue à perdre le lecteur pour qu’il puisse mieux profiter du texte. Le seul reproche que je pourrai faire c’est que la fin n’est pas à la hauteur de la qualité du reste du texte.

Canicule de Adam Roy

Celle-ci change de ton avec une fin du monde du même genre que celle de Camille Leboulanger dans Demain la nuit, vu sous un angle différent. Je ne suis pas sur mais je crois que la morale de l’histoire, c’est qu’il faut porter un chapeau quand on va au soleil. Comme ses copines, cette nouvelle se lit toute seule du haut de ses huit petites pages.

Khao-Okh de Ana Minski

On vire ici carrément dans le glauque, le tout dans un genre proche de l’anticipation. Épuisement des ressources naturelles, population humaine à la limite de la sauvagerie, cannibalisme et lutte des classes, le programme est chargé pour cette nouvelle qui n’en finit pas de me faire frémir. La faute (ou plutôt grâce) au ton à la fois posé et inhumain de certains personnages qui jouent assez méchamment avec l’imagination.

Le recueil compte aussi des nouvelles humoristique qui m’ont fait mourir de rire comme Clic!, Clic 2 : Le gloublou ou encore . Très courtes, ce sont des histoires drôles qui se basent sur leurs chutes, et qui sont idéalement placées dans le livre pour apporter un petit moment de détente entre deux glauqueries. Une chose est acquise, la sélection s’est faite sur des textes en grande majorité surprenants et, quelque soit le genre adopté, des fins/chutes travaillés. Il y a la recherche de l’image choc ou du bon mot pour les clôturer, et au global on est plutôt bien gâté.

Fin(s) du monde du Collectif Les Artistes Fous AssociésQui dit recueil dit aussi qualité variable et sur la vingtaine de nouvelles, quelques unes sont un cran en dessous du reste que ce soit par manque d’originalité, un thème peu porteur ou un intérêt douteux comme Ma fin du Monde. Bref, il faut juste savoir que ce ne sont pas les plus longues qui sont impactées. L’édition numérique comporte une 21ème nouvelle en bonus, Le grand Lamento de Diane. Elle est un poil complexe à comprendre à mon avis, en tout cas j’ai eu du mal à saisir la logique dans les courts paragraphes successifs qui la constitue. Cela n’enlève en rien à la qualité de celle-ci toutefois.

Finalement de par la diversité des nouvelles présente le recueil, Fin(s) du monde se révèle être agréable à lire et se lit même plutôt bien, ce genre de format empêchant la lassitude du lecteur. Bref si vous avez une liseuse et un minimum de goût pour les histoires de fin du monde, c’est quasiment une lecture indispensable, surtout pour ce prix .


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