Farence: La Légende de Dario Alcide

dabYo dans Critiques, Livres le 13 mars 2010, avec 5 commentaires
Critiques

Il y a des livres qui arrivent dans nos mains par des voies insoupçonnées. C’est le cas de Farence: La Légende, un titre écrit et auto-édité par Dario Alcide, un écrivain amateur et scénariste. Nous l’avions rencontré sur son stand à la convention Paris Manga, et y avions échangé nos adresses e-mail. C’est ainsi que six mois plus tard, j’ai fini par avoir entre mes mains son premier tome de sa saga Farance. Un livre de très belle facture pour un roman auto-édité, avec une couverture de Giuseppe Severino et le tout pour un prix très abordable. Bien moins cher que les livres de ce format dans le commerce. Synopsis voulez vous ?

Farence: La Légende de Dario Alcide

Bien des années après notre époque, alors que l’humanité avait colonisé la majeur partie de notre univers, la planète Nimir hébergeait un peuple pacifique qui vivait des jours heureux. Mais leur bonheur pris fin lorsque Cerk, un être mystérieux et semble-t’il sanguinaire, décide de s’attaquer à ce peuple et transforme leur planète en un vrai enfer. Seul face à l’ennemi, le prince Farence aux pouvoirs extraordinaires. Malheureusement, ce dernier fut vaincu et son âme scellée dans deux nouveaux nés, eux même renvoyés vers une planète inconnue pour éviter qu’ils puissent formenter une rébellion.

Vous vous en doutez tout de suite, c’est le destin de ces deux jeunes nourrissons que nous allons suivre. Nous les retrouvons au début de notre récit alors qu’ils atteignent l’age adulte, et qu’ils vont être mis au courant. Bref, si l’histoire a un côté très Fantasy, on ne peut pas ignorer le côté Science Fiction pour autant. Ère de la colonisation de l’univers, des voyages galactiques, des planètes et des différentes races d’hommes, tout y est pour que l’on puisse parler d’un Space Opera. A l’exception près qu’il n’y aura pas de réel voyage entre planètes (juste un petit transfert) et que les éléments clé du Space Opera (une guerre qui s’étend sur plusieurs planète, par exemple) ne sont pas du tout présent. Au final, Farence: La légende se classe dans la Fantasy, avec les différentes races vivantes et bien entendu une lutte entre le Bien et le Mal qui va se profiler.

Le style d’écriture de Dario Alcide est plutôt simple et direct. Bien qu’il y ait des descriptions il reste limpide et ne fait pas dans les fioritures. On fini par s’y habituer mais je dois avouer avoir eu du mal au début. Le côté épuré choque, comme si ce n’était pas juste simple mais trop simple. Il manque quelque chose qui ne permet pas à l’auteur de donner assez de vie à ses personnages et ses environnements. Tout du moins au début, puisque les pages aidant, on fini tout de même par s’habituer et s’attacher aux éléments. A noter quelques petites erreurs au niveau de la narration en elle même, qui ne m’ont pas permis de tout comprendre sans relecture.

Farence: La Légende de Dario Alcide

Le réel problème du livre est le défilement des événements et du scénario d’une manière générale. L’auteur nous présente un univers vaste et intéressant, qui pourrait presque être qualifié de mature. L’introduction nous laisse entrevoir des dizaines de planètes, de races, toutes à découvrir. Malheureusement, l’aperçu que l’on en aura pendant les trois cents pages sera somme tout très petit, ce qui donne un arrière goût de frustration. Pourquoi nous laisser entrevoir tant pour nous faire découvrir si peu ? D’autant plus que les caractéristiques présentées, l’épopée de la colonisation humaine par exemple, ne sont exploitées à aucun moment pendant le récit. C’est dommage, car cela donne au début de notre histoire un côté hors sujet.

De même, on restera avec une petite déception au niveau de la légende. Sans spoiler, je ne puis vous expliquer pourquoi, mais cette légende, cette réincarnation, laisse un goût d’inutilité, comme si elle n’était pas assez exploité et qu’elle ne changeait finalement pas grand chose. C’est vraiment dommage car là encore, le récit et l’univers présentés recèlent de qualités qui ne sont pas du tout utilisées.

S’il y a bien un côté du récit qui est lui, exploité, voir sur-exploité, c’est l’action. Comme je l’ai dit, le déroulement de notre histoire m’a quelque peu gêné, notamment par sa concentration autour du combat, et des affrontements en général. On a droit ici à un schéma au niveau du scénario qui est excellent pour les jeux vidéo, mais que je trouve bien moins intéressant pour les livres, celui de l’affrontement, de la phase d’entraînement, puis du nouvel affrontement, avec des ennemis récurrents bien entendu, de plus en plus puissants.

Farence: La Légende de Dario AlcideNos héros sont dans une quête sans fin de pouvoir, de puissance, de techniques de combat, ce qui fait finalement plus penser à un jeu vidéo comme je le disais, ou même à un manga. J’ai trouvé que cela rendait le déroulement des choses linéaire. Le fait que les combats ne soient que retranscris par l’écrit, sabre un peu leur suspens. A aucun moment je n’ai suspecté la possibilité pour les héros de mourir, et l’enchaînement de nombreux combats ne fait que renforcer cette opinion. Bon, bien entendu, ce genre de sentiment fini fatalement par donner une petite surprise, ce qui est loin d’être déplaisant !

Bref, c’est légèrement frustré que j’ai terminé Farence: La Légende, en espérant que l’auteur exploite toutes les capacités de son univers Farence pour la suite ! On a donc affaire ici à un livre qui plaira avant tout aux mordus d’action, si vous avez rêvé de tomber sur un livre de la trempe d’un Saint Seya, Dragon Ball, ou plus récemment d’un Bleach, alors c’est le livre qu’il vous faut. Sinon, il sera difficile de passer outre cette utilisation de l’action. Vous pouvez vous le procurer via Amazon ou bien les librairies partenaires de l’auteur. Enfin, je vous conseille de faire un petit saut sur le site de son auteur, Farence Corp.


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5 commentaires, donnez votre avis !
  • Ryuuchan a écrit le 14 mars 2010 à 10 h 52 min:

    Le côté fantasy mêlé de SF me fait envie. Même si je suis comme toi, j’ai un peu du mal avec les histoires trop influencées jeux vidéos. Enfin, ta chro me rend curieuse. Du coup je pense que je vais me ménager un peu de temps pour le lire…

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  • Fauve a écrit le 14 mars 2010 à 19 h 18 min:

    J’aime bien la couverture en tout cas ! Par contre, je pense pas que cela soit un livre pour moi, je lis rarement du Fantasy se serait plus le domaine de timmy… Ensuite, c’est vrai que l’auteur peut plus développer dans les prochains tomes ! En tout cas merci de cette découverte !

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  • Kameyoko a écrit le 15 mars 2010 à 15 h 44 min:

    Rien que le fait de se lancer dans l’auto-édition mérite le respect, c’ets pour ça que je commente.

    Mais à la base ce type de Space opera fantasy, ne m’attire pas trop. Mais bon courage à l’auteur.

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  • illman a écrit le 18 mars 2010 à 17 h 36 min:

    Apres avoir lu cette critique, ça m’a l’air star oceanesque. Peut etre me laisserais je tenter par cet ouvrage…

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  • Kitsune a écrit le 22 mai 2010 à 13 h 13 min:

    … non non non ce n’est pas de la fantasy, et encore moins de l’héroic Fantasy (quelle énorme erreur de classification, il faut en revoir les caractéristiques)

    Il s’agit bien là d’une roman de science fiction dont ne peut nier la maladroite utilisation de l’inspiration de la space opéra.

    Le style est simple, il faut bien l’avouer, mais il est accessible à tous sans pour autant passer pour enfantin, et la dynamique est plutôt bonne.
    Livre que j’ai lu, et dont je suis en train de faire la chronique, je pense qu’il satisfera les jeunes lecteurs, mais aussi les amateurs d’action (et d’inspiration manga).

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