Evil Genius est le premier tome d’une série Thriller de Catherine Jinks, Les Aventures de Cadel Piggott. Contrairement à ce qu’on pourrait penser à la vue de sa couverture en noir et blanc et des têtes démoniaques qu’elle présente, il ne s’agit pas du tout d’un roman qui surfe sur la vague des vampires. Et le synopsis de quatrième couverture est bien là pour nous le rappeler: c’est de génies que nous allons parler. Publié en poche par Le Livre de Poche à la fin de l’année dernière, la traduction est signée Karine Suhard-Guié. Synopsis ?

Evil Genius de Catherine Jinks

Quand le jeune Cadel Piggott est introduit par ses parents adoptifs au psychologue spécialisé dans les enfants à problèmes, Taddeus Roth, il ne s’attendait surement pas à ça. A quoi ? Et bien, à pouvoir librement jouer avec l’ordinateur du psychologue par exemple. Après tout, c’est bien parce qu’il s’est introduit illégalement dans le système d’informations d’une banque qu’il est ici, à suivre une thérapie pour soit-disant apprendre ce qui est le bien et le mal…

Catherine Jinks

Catherine Jinks

Les premières pages du roman m’ont assez surpris je dois bien l’avouer. Nous suivons donc un tout petit garçon qui dans les premiers chapitres s’avère être haut comme trois pommes et n’a pas encore dix ans. C’est un surdoué et il présente des capacités hors du commun, qui dépassent déjà de très nombreux adultes. La narration est à la troisième personne mais permet au lecteur de suivre le personnage dans ses interrogations, dans ses faits, dans ses réflexions. C’est assez bizarre au début, ça peut surprendre et je dois avouer que je trouvais le tout un peu grossier sur les premiers chapitres. L’étalage de ses facultés mentales paraissant un peu simple et manquant de mon point de vue de crédibilité.

Il faut dire que le sujet, celui des génies, est toujours difficile à aborder de manière crédible. Comment suivre au jour le jour un personnage aux facultés énormes sans écrire des scènes trop grosses, ou ce dernier ne comprendrait pas tout un peu trop facilement et loin de la réalité ? C’est déjà un gros problème lorsqu’on l’aborde avec des personnages comme celui de Sherlock, ça l’est encore plus quand celui ci est un enfant, et qu’il faut y introduire des mots techniques. Car en plus d’être un génie, Cadel est très doué avec l’informatique et il faudra bien que Catherine Jinks arrive à nous expliquer ce qu’il fait.

Et elle ne s’en sort pas trop mal, vraiment. Bien que Cadel soit particulièrement intelligent, l’auteur arrive à lui faire garder sa candeur et son manque d’expérience des relations humaines. C’est très bien construit là dessus, et si notre petit génie arrive à nous expliquer logiquement et froidement ce qu’il pense, il reste ignorant de la perfidie dont l’homme peut faire preuve pour arriver à ses fins. J’ai trouvé ça d’autant plus intéressant qu’en lecteur on ressent assez bien que le bonhomme est peut être bien entrain de se mettre le doigt dans l’œil…

Evil Genius de Catherine Jinks

Le contexte scientifique et donc informatique est là aussi plutôt bien retranscris, et on est loin des énormités qu’on a par exemple pu lire Ceci n’est pas un jeu. L’auteur ne part pas dans des éléments qui sont une réelle application mais se contente d’exprimer des principes et des effets. Ça lui évite d’écrire quelque chose de faux tout en restant relativement concret et compréhensible. Bref, encore quelque chose que j’ai apprécié.

Evil Genius de Catherine JinksEvil Genius a une assez longue intrigue qui met vraiment longtemps à se mettre en place, il faut dire qu’il fait près de 600 pages. Mais c’est loin d’être un problème et j’avoue que la lecture m’a complètement absorbé. Je me suis très vite attaché au personnage de Cadel, il est loin de susciter l’antipathie et on se plat à le suivre. Lorsqu’il rejoindra l’université, puisque nous allons le suivre jusque là, on rencontrera d’autres personnages hauts en couleurs et franchement sympas. Enfin, j’ai eu un gros coup de cœur pour Sonja, évidemment.

Malgré sa longueur, ce premier tome des Aventures de Cadel Piggott fut un vrai régal. J’ai lu avec plaisir les premières centaines de pages, pour finir par dévorer littéralement les deux cents dernières. Avec un premier personnage plus qu’attachant, une histoire intéressante et un aspect scientifique et technique plutôt réussi, Evil Genius est une vraie bonne surprise. Je n’ai finalement qu’une hâte: en lire la suite !


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