Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac a été pour moi comme le messie, celui que j’attendais pour changer d’avis sur la ligne éditoriale de Mnémos car jusqu’à maintenant j’avais été plutôt déçu de ce que l’on me mettait sous les yeux. Eternity Incorporated fait plus que remonter la barre. Mais trêve d’encensement anticipé, voyons ce que ce roman a dans le ventre en commençant par un synopsis.

Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac

Un virus mortel s’est répandu sur la Terre, décimant les populations. Un dernier bastion de l’humanité vit désormais dans une cité sous une bulle protectrice. La bulle est dirigé par le Processeur, ou plutôt était car en ce fatidique matin, le Processeur ne répond plus. Trois personnes que rien ne semble lier vont chacune cheminer dans cette période post-Processeur, à la recherche de la vérité ou tout simplement d’eux-même.

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est original mais l’univers de l’auteur a le mérite d’amener des éléments atypiques, notamment le gouvernement qui est une stochocratie, c’est à dire un gouvernement dont les membres sont nommés aléatoirement parmi la population.  Une forme de gouvernement amplement suffisante pour faire l’interface entre Lui et les habitants de la bulle. L’extinction du Processeur sera l’occasion de troubles politiques et sociaux, terreau fertile d’une histoire intéressante. J’ai particulièrement apprécié que l’auteur ne nous mâche pas le travail de compréhension de son monde, mauvaise habitude prise par bon nombre d’auteurs. Les révélations qui émaillent le livre peuvent du coup pour certaines être déduites de nos réflexions. Ce n’est pas la vérité qui compte, c’est le chemin parcouru pour l’atteindre, et l’auteur se débouille très bien pour ça.

L’action est centrée autour de trois personnages, chacun ayant droit à des chapitres en alternance narré à la première personne. Chacun prend une part importante dans les changements qui viennent s’opérer dans la bulle. Sean Factory est un grounder, il est proche des milieux des déconnectés, sorte d’anti-Processeur et anime des soirées avec sa musique électro. C’est le personnage le plus sympathique du trio et surement celui qui paraitra le plus proche du lecteur. Gina Courage est responsable de la connectique et entretenait une relation privilégiée avec le Processeur, obsédée par l’ambition qui l’amènerait à une position proche de lui. Un personnage qui s’improvisera détective et qui est plutôt froide dans ses relations humaines. On retrouve enfin des chapitres mettant en avant Ange Barnett, un brigadier externe qui arpente l’extérieur en combinaison. Ce personnage n’amène pas autant d’action que ce que l’on pourrait croire mais ses aventures en dehors de la bulle sont tout de même captivantes, à la redécouverte d’un monde qui leur est interdit.

Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac

Photo de BilledeClown

L’ensemble d’Eternity Incorporated est fluide à la lecture, l’alternance des personnage permettant d’avancer sur plusieurs fronts sans lasser le lecteur. J’ai toutefois eu un peu de mal à démarrer mais je le mets sur le compte de mon incroyable défaillance de concentration de début de mois, théorie confirmé par le fait que j’ai dévoré la seconde moitié du bouquin en deux soirs et demi. Ça devient presque traditionnel dans mes articles mais je vais encore poser la question, à quoi servent les scène de sexe si ça ne fait pas avancer l’histoire ? Je me suis encore posé la question dans ce roman, parce que ici non plus ça ne fait pas avancer le schmilblick. Je m’arrête là, c’est un détail qui ne doit pas obscurcir le reste.

L’ambiance quant à elle, ou plutôt le changement d’ambiance au cours du roman est palpable. On démarre dans une bulle qui sent l’aseptisé juste après l’arrêt du Processeur pour au fur et à mesure laisser la place à de la noirceur, de la salissure. Le Processeur représentait littéralement un deus ex machina et agissait comme un liant dans cette société qui maintenant se délite.

Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac

Concernant l’édition, l’illustration de couverture de Justin Van Genderen, toute en contraste , donne le ton pour cette aventure post-apocalyptique. A noter l’adresse suivante eternity-incorporated.com qui étoffe encore l’univers avec des photos, des articles et des morceaux de musique électro. Une excellente initiative qui aurait sans doute gagnée à être mise en avant.

Une excellente  surprise que ce roman de Raphaël Granier de Cassagnac que je recommande chaudement aux amateurs de post-apocalyptique. Auteur à suivre, il démontre encore une fois que les auteurs français savent écrire de l’anticipation, je lirai surement ses prochains ouvrages. Eternity Incorporated est l’un des meilleurs romans post-apo de l’année avec Enfin la Nuit de Camille Leboulanger et devant Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky.


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • Gina Courage a écrit le 4 novembre 2011 à 16 h 23 min:

    Nous habitants de la bulle sommes touchés par ton article ! Pour info, la photo de la bulle que tu ré-utilises est (c)BilledeClown.

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  • illman a écrit le 7 novembre 2011 à 19 h 46 min:

    Bonjour, j’ai fait fouetter le Webmestre pour qu’il rajoute le crédit à la photo.

    Je suis ravi qu’une citoyenne soit passée nous voir. J’espère pouvoir rencontrer le créateur de la bulle aux Utopiales :D

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