Enfants de la Conquête, Tome 1, de Celia S. Friedman

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 12 octobre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Enfants de la conquête est un roman écrit par Celia S. Friedman en 1986 et traduit de l’anglais par Marie Surgers. Premier tome d’une diptyque de Science-Fiction aux fortes tendance Space Opera nommée Braxi-Azea, il est coupé en deux romans dans sa version francophone. Avec une jolie couverture signée Miguel Coimbra, les deux sont sortis en août dernier aux éditions l’Atalante.

Les Enfants de la Conquête de Celia S. Friedman

Zatar est un Braxanà, arrogant, dominateur, pur produit de sa race et ne vivant que pour la gloire. Anzha lyu est quand à elle une télépathe douée mais qui ne cherche qu’à se venger du meurtrier de ses parents. La guerre menée par leur deux peuples les mènera à se rencontrer et à devenir leur plus grand ennemi.

L’auteur nous fait donc suivre deux héros appartenant aux deux factions principales, les Braxanà et les Azéens. Chaque race a une culture assez différentes, la première ne cherchant qu’à se développer au travers de la guerre tandis que la seconde semble plus posée. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont pas de points commun. Chacune des deux cultures prône un eugénisme différent, Braxanà par une pureté raciale passant par un soupçon de consanguinité, Azéa par plusieurs génération de manipulations génétiques aboutissant à l’éclosion de pouvoirs télépathiques.

On va pouvoir suivre dans ce premier tome d’Enfants de la conquête l’éclosion du conflit entre ces deux puissances par l’intermédiaire des deux personnages principaux. Leur évolution se fait l’un après l’autre. Chaque chapitre permet de suivre l’un des deux, seul la fin de ce volume voit vraiment leur chemin se croiser. De ce fait, le scénario est sans rebondissement. L’auteur ne cherche pas à nous faire suivre vraiment l’issue des combats, mais elle nous fait plutôt suivre l’évolution des deux personnages pour nous montrer comment ils en sont arrivés là. Cela apporte de la profondeur aux personnages et évite qu’ils soient creux et sans intérêt.

In Conquest Born de Celia S. Friedman

Couverture de la réédition en version originale

L’univers de ce tome reprend bien les caractéristiques du Space Opera. Bien que la guerre entre les deux clans soit passé au second voir troisième plan de l’histoire, on ressent que les répercussions toucheront un univers entier et pas seulement un pays ou une planète. Les cultures aliens très différentes sont habilement décrites, sans se plonger dans les détails, l’auteur les retranscrit parfaitement et nous fait visiter les différentes planètes de l’histoire.

Un aspect intéressant du livre est que pendant une bonne partie (environ les trois quarts), le suivi des deux personnages se fait au travers des yeux de personnage secondaires. D’un côté cela rajoute un univers plus concret avec des planètes et des mœurs différentes, mais d’un autre côté on s’attache moins aux héros.

La dualité de la narration rend très difficile de se choisir et de soutenir un camp. Même si Braxanà passe pour les méchants dans l’histoire, il est difficile de les haïr. Je n’ai pu m’empêcher d’être admiratif devant leur façon de comploter. L’auteur évite toutes scènes sanglantes et immorales qui pourraient nous faire choisir un camp, aussi bien l’un que l’autre.

Les Enfants de la Conquête de Celia S. FriedmanFinalement, le plus gros point noir du livre est sa chronologie. Il n’y a aucun calendrier, même fictif, qui pourrait aider le lecteur à s’y retrouver. On peut passer ainsi plusieurs années entre deux chapitres et ne s’en rendre compte plusieurs pages après. C’est assez gênant sachant que ça arrive plusieurs fois tout au long du livre.

J’ai été agréablement surpris par ce premier volume d’Enfants de la conquête de Celia S. Friedman. Je m’attendais, je ne sais trop pourquoi, à un livre moins abouti. Cette découpe n’étant pas prévu dans la version originale, la fin de ce premier tome n’apporte pas de conclusion satisfaisante. Espérons juste que le deuxième volume soit aussi bien que le premier et apporte une fin digne des plus grands livres du genre. C’est en tout cas bien parti.


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