Ender: l’exil est le sixième tome du Cycle d’Ender de Orson Scott Card sorti chez l’Atalante il y a quelques mois. Rassurez vous, c’est un standalone, il peut être lu sans connaître le contenu des autres bouquins, heureusement pour moi d’ailleurs. Si j’ai bien tout compris, l’histoire de ce sixième tome se passe en fait pendant une ellipse narrative du premier tome, entre le chapitre 14 et 15. Que les fans me corrigent si je me trompe. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas fait un petit Space Opéra et je vais commencer cette redécouverte par le proverbial synopsis.

Ender: l'exil, le Cycle d’Ender, de Orson Scott Card

Ender a gagné la guerre contre les formiques, du haut de ses 12 ans. Ce concentré d’intelligence et de connaissances militaires se retrouve pourtant confronté à la plus grande difficulté que rencontre les soldats, le retour au bercail. Mais ce paisible retour dans son foyer dont il est séparé depuis 6 ans lui est refusé, sa présence n’est plus appréciée sur Terre. Il est décidé de l’envoyer en exil forcé, sous couvert d’un poste de gouverneur d’une des nouvelles colonies de l’espèce humaine arrachées aux formiques, les ennemis de l’espèce humaine qu’Ender a annihilés. Le xénocide ne doit pas remettre un pied sur Terre.

Nous allons donc suivre Ender, de son vrai nom Andrew Wiggins, dans son exil vers la colonie Shakespeare. Malgré son jeune âge et du fait d’un certain eugénisme qui a conduit à sa naissance, on a affaire à un personnage intelligent aux réflexions matures tout en gardant une naïveté infantile. J’ai beaucoup aimé découvrir ses plans. Ma description ne rend pas vraiment honneur au personnage qui mérite sa place de héros dans cette saga stellaire. Bien évidemment, il n’est pas seul à entreprendre ce voyage et d’autres personnages, notamment d’autres colons déjà sur place sur la colonie, viendront enrichir le récit. Tout le monde a son importance et tout le monde est intéressant, j’ai ressenti un certain amour de ses personnages de la part de l’auteur, même les secondaires, dans les détails qu’il en donne et la manière dont ils sont amenés.

Un point amusant de la narration repose sur la superposition de deux échelles de temps, le temps réel et le temps relativiste. Le relativiste s’écoulant plus lentement, pendant les voyages interstellaires. Pour se faire une idée, deux années dans un vaisseau équivaudrait à 40 ans normaux. Par ce biais, l’auteur s’ouvre des perspectives scénaristiques qu’il exploite à merveille, même si parfois, on se sent un peu perdu. Mais c’est sans gravité, on peut faire confiance à l’auteur. Le tout est clair dans le propos, l’auteur, et par la même Florence Bury, la traductrice, a un style agréable à lire. Le rythme ne contient pas vraiment de temps mort, la réflexion des personnages est écrite de manière captivante, on ne peut pas s’arrêter avant qu’ils nous aient livré le fond de leurs pensées. Ce que j’ai apprécié particulièrement, ce sont ces manœuvres politiques, ces intrigues des hautes sphères et des autorités locales qui parsèment le roman.

Ender: l'exil, le Cycle d’Ender, de Orson Scott Card

Je viens brièvement sur le lien avec les autres romans. Je n’ai pas lu les autres, même si maintenant ils font partie de mon must read, ce n’est absolument pas un handicap, l’auteur nous donne toutes les informations provenant de la saga nécessaires à la compréhension de l’ensemble. Il parvient à piquer notre curiosité et à nous amener vers ses autres livres. Le statut de standalone n’est donc pas volé.

Le thème principal du livre reste le traumatisme des soldats revenant de la guerre, bien qu’un autre soit aussi très présent, celui de la présence de l’homme dans l’univers. C’est la solitude qui tiraille Ender que l’on ressent dans la description de ses émotions qui me fait penser ça, il n’a l’air de se sentir mieux qu’au milieu de ceux qui ont connu la même chose que lui. Un sentiment de mal être émerge lorsque l’on gratte un peu la façade du personnage. C’est en tout cas de cette manière que je l’ai perçu.

Ender: l'exil, le Cycle d’Ender, de Orson Scott CardL’édition est, comme à l’habitude des éditions l’Atalante, d’un excellent niveau. La couverture de Frédéric Perrin est très sympathique, comme d’habitude, on en vient presque à regretter que les autres tomes soit d’une collection différente, chez un autre éditeur.

Ender: L’exil est un excellent livre, de la trempe de ceux qui vous donne envie de lire toute une série. Si vous aimez la Science Fiction et le Space Opéra et si vous appréciez les personnages plus cérébrales, je ne peux que vous conseillez ce roman d’Orson Scott Card. Difficile de ne pas se rendre compte que j’ai adoré lire cet ouvrage.


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3 commentaires, donnez votre avis !
  • Toros a écrit le 12 septembre 2010 à 11 h 09 min:

    Merci pour cette chronique…

    La trilogie d’Ender a été la première série de sf que j’ai lu (les 3 premiers tomes seulement à l’époque, puis le stand alone sur Bean), et c’est cette série qui m’a donné l’envi de lire de la sf / fantasie….

    Bref, merci de m’avoir donné envi de me relancer dans cette aventure !

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  • Aya a écrit le 13 septembre 2010 à 8 h 42 min:

    Le premier tome de la trilogie d’Ender reste pour moi le meilleur de la trilogie et j’ai hâte de lire ce livre s’il ne reflète qu’un dixième du talent d’Orson Scott Card ^^

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  • Roots a écrit le 6 juillet 2011 à 11 h 27 min:

    ah si ce roman est de la trempe du premier opus du cycle d’Ender, je sent que cela va fort m’intéresser.
    quelqu’un ici à déja lu le stand alone sur Bean ? que vaut-il ?

    cdt

    roots

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